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Rapport sur Muskrat Falls : la police de Terre-Neuve va enquêter

Le barrage hydroélectrique sur le bas du fleuve Churchill

La commission d'enquête sur Muskrat Falls a entrepris ses travaux en septembre 2018 et présenté son rapport le 10 mars 2020.

Photo : Nalcor

Radio-Canada

Le rapport d’enquête accablant publié sur la gestion du projet hydroélectrique de Muskrat Falls risque de mener à des accusations criminelles.

Le ministre de la Justice, Andrew Parsons, transmet à la Force constabulaire royale de Terre-Neuve le rapport de la commission d'enquête publié mardi.

Il souhaite qu’une enquête policière détermine si des dirigeants de la société de la Couronne Nalcor ou de hauts fonctionnaires ont commis des crimes durant la planification et la construction des installations hydroélectriques de Muskrat Falls.

Le projet était estimé en 2012 à 7,4 milliards de dollars, mais il a fini par coûter 12,7 milliards de dollars.

Un rapport accablant

Le rapport accuse notamment Ed Martin, l'ancien PDG de Nalcor, d’avoir volontairement omis de transmettre des renseignements primordiaux au gouvernement en déformant des informations liées aux coûts, aux risques et aux possibles délais du projet. Le rapport reproche aussi aux gouvernements précédents et à des fonctionnaires d'avoir failli à leur tâche de surveiller Nalcor .

Le ministre Andrew Parsons dit ressentir de la colère à suite des conclusions du rapport de la commission d’enquête, mais qu’en tant que procureur général il doit prendre des décisions impartiales et rationnelles.

Il précise que le rapport est remis à la Force constabulaire royale parce qu’elle dessert la région de Saint-Jean où sont prises la plupart des décisions de la société Nalcor.

Andrew Parsons donne une conférence de presse dans la salle de l'Assemblée législative.

Le ministre de la Justice, Andrew Parsons, dit qu'il doit prendre des décisions rationnelles malgré la colère que lui inspire les conclusions du rapport de la commission d'enquête.

Photo : CBC/Peter Cowan

Le ministère de la Justice étudie aussi le rapport pour de possibles litiges civils. Il ne s’agit pas de tenter de recouvrer des coûts du mégaprojet, mais d’établir les responsabilités et la faute, explique Andrew Parsons.

Il n’y a aucun échéancier pour cet examen ni pour l'enquête policière, ajoute-t-il.

Entre-temps, le rapport suscite de nombreuses réactions

Le PDG actuel de Nalcor, Stan Marshall, qui a succédé à Ed Martin en 2016, a expliqué mardi qu’il ne voyait aucun crime en lisant le rapport et qu’il n’avait pas l’intention de congédier qui que ce soit.

Deux membres du groupe Muskrat Falls Concerned Citizens Coalition, David Vardy et Ron Penney, ont étudié le rapport et dit qu’ils auraient écrit pratiquement les mêmes conclusions. Le rapport sur les ratés de Muskrat Falls fera autorité pendant des dizaines d’années, estime M. Penney, qui est un avocat et un ancien fonctionnaire provincial, mais il ne croit pas que le document mènera à des accusations criminelles.

Le chef du Parti progressiste-conservateur, Ches Crosbie, exerce cette fonction depuis 2018 et répète qu’il n’était pas mêlé au projet hydroélectrique. Il était d’ailleurs l’un des avocats qui demandaient au gouvernement en 2012 de soumettre le projet à la Commission des services publics pour un examen approfondi.

Ches Crosbie en entrevue

Le chef du Parti progressiste-conservateur, Ches Crosbie, explique que sa formation politique est loin de celle qui a donné le feu vert au projet de Muskrat Falls en 2012.

Photo : CBC

Certains membres de son caucus faisaient partie du gouvernement de Danny Williams, mais Ches Crosbie affirme que les liens entre eux et le projet sont extrêmement minces. L’un d’eux, dit-il par exemple, n’a été nommé au Cabinet qu’après le lancement du projet.

Ches Crosbie ajoute que les libéraux sont responsables de Muskrat Falls depuis maintenant trois ans et que les coûts ont augmenté de 3 milliards de dollars durant cette période.

La cheffe du NPD, Alison Coffin, a dit mardi qu’elle n’avait eu que le temps de lire quelques paragraphes du rapport avant de se rendre à l’Assemblée législative. Mais elle juge que le rapport contient des faits flagrants et troublants et que certaines conclusions ont de quoi mettre tout le monde en colère.

Portrait d'Alison Coffin

Les conclusions du rapport de la commission d'enquête appuient ce que soupçonnait le NPD, selon la cheffe du parti, Alison Coffin (Archives).

Photo : Radio-Canada / Patrick Butler

Le manque de supervision, de responsabilité et de partage de l’information mentionnés dans le rapport sont particulièrement problématiques, selon elle. Ces conclusions appuient ce que le NPD soupçonnait depuis des années, ajoute-t-elle.

Une avocate représentant le groupe Labrador Land Protectors, Caitlin Urquhart, dit être satisfaite du rapport et du fait que ce dernier ne ménage pas les hauts dirigeants du projet hydroélectrique. Mais elle ajoute qu’elle a peu d’espoir que le gouvernement retienne des leçons de l’affaire et accorde la diligence requise aux recommandations.

Avec les informations de CBC

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