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Analyse

Budget cherche désespérément main-d’œuvre

Des élèves lèvent la main dans une classe.

Le printemps approche et il y a encore des dizaines de classes au Québec qui n’ont toujours pas de professeur titulaire.

Photo : iStock

Il y a parfois de grands paradoxes. Si le gouvernement de François Legault nage dans les surplus budgétaires records, il devra trouver la main-d’œuvre pour réussir ses projets. Tout le contraire du gouvernement précédent qui a imposé des compressions majeures aux contribuables, alors que l’emploi était rare.

Mais à choisir, la situation de la CAQ est certainement plus enviable. Le gouvernement peut faire rêver sans être trop précis.

Si l’argent est là pour ajouter 350 classes de maternelle 4 ans dès cette année, la réalité sur le terrain est tout autre.

Le printemps approche et il y a encore des dizaines de classes au Québec qui n’ont toujours pas de professeur titulaire.

L’argent est aussi sur la table pour créer 150 classes spéciales pour enfants en difficultés ou surdoués. Encore une fois, il faudra trouver des enseignants.

On cherchera aussi à embaucher des éducatrices parce que le gouvernement a promis dans son budget de créer 6000 places en garderie d’ici deux ans.

Alors que le décès de la petite fille de Granby victime de négligence a mis le projecteur sur les dérives de la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ), le gouvernement annonce des fonds supplémentaires pour ajouter des ressources.

Qui voudra, dans un contexte de pénurie de main-d’oeuvre, aller travailler à la DPJ, un bourbier sans fond que la commission Laurent révèle tous les jours.

En fait, le deuxième budget du ministre des Finances Éric Girard propose peu de nouvelles mesures pour régler la pénurie de main-d’oeuvre.

Négociations dans le secteur public

Le gouvernement a décidé de ne pas dévoiler sa stratégie de négociation. Si bien que les infirmières qui attendaient qu’on règle la mise en place de ratios d’infirmière par patients et la question du temps supplémentaire obligatoire devront encore attendre.

Même chose pour les enseignants et les préposés aux bénéficiaires à qui le gouvernement a promis de bonifier leurs conditions de travail.

Le budget prévoit un règlement qui n’atteint pas l’inflation. Les syndicats étaient mécontents.

L’effet coronavirus

Le ministre Girard estime que le Québec est dans une posture exceptionnelle pour traverser une période de ralentissement économique.

Malgré tout, pour prévenir l’impact économique de l’épidémie de COVID-19, il a fait un premier geste. Quand le ministre des Finances a constaté que la Chine freinait sa production, il a décidé d’accélérer la croissance des dépenses de 4,6 % à 5,1 %.

Si la crise devait durer et que les voyants rouges s'allumaient, le gouvernement estime avoir la marge de manoeuvre pour agir.

Un budget vert?

On devrait plutôt parler d’un budget électrique. François Legault donne suite à son projet d’électrification de l’économie québécoise. Le gouvernement mise sur le transport structurant et électrique comme le REM et les tramways.

Le financement d’au moins cinq des six projets envisagés dans le budget est toutefois très loin d’être complété. Il est donc impossible de dire quand le citoyen pourra monter à bord d’un tramway au Québec.

Si le programme des infrastructures québécois, le PQI, a été bonifié de 15 milliards de dollars, ce qui est énorme, les investissements pour améliorer le réseau routier sont encore plus importants que ceux qui touchent les transports collectifs.

La classe moyenne

La classe moyenne, si chère aux gouvernements, ne verra pas une grande différence.

Il faut dire que les grandes annonces, comme le retour au tarif unique en garderie et l'harmonisation de la taxe scolaire, ont été faites lors de la mise à jour économique de novembre dernier.

Ce deuxième budget Girard propose surtout de grandes idées, une vision à long terme. Il s'agit maintenant que les rêves deviennent réalité.

Le budget du Québec expliqué en 3D

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