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Biden émerge du « mini-super mardi » en position de force

Les poings fermés, Joe Biden, aux côtés de sa femme, la Dre Jill Biden, s'adresse à un petit groupe de partisans en Pennsylvanie.

Joe Biden a remporté des victoires importantes mardi.

Photo : Getty Images / Mark Makela

Une semaine après avoir réussi une remontée historique, l'ex-vice-président Joe Biden a signé une nouvelle victoire importante, mardi, se rapprochant davantage de l'investiture du Parti démocrate. Il a jusqu'ici remporté quatre des six États en jeu, dont le Michigan, qui sera crucial lors de la présidentielle de novembre.

Sa quadruple victoire lui a ainsi permis de confirmer sa lancée, qui s'est amorcée en Caroline du Sud il y a une dizaine de jours et s'est poursuivie peu après dans les États du super mardi. Selon les projections des médias américains, il est ainsi sorti victorieux au Michigan, grand prix de la soirée, ainsi qu'au Missouri, au Mississippi et en Idaho, devançant le sénateur indépendant du Vermont Bernie Sanders par des marges importantes. Sanders a toutefois remporté facilement la course pour le Dakota du Nord.

À 9 h HAE, aucun gagnant n'avait été déclaré dans l'État de Washington, où les deux candidats étaient au coude-à-coude. Alors que 67 % des votes étaient comptés, Bernie Sanders affichait une minuscule avance de 0,2 %.

S'il n'a pas adopté un ton triomphaliste lors de son discours, Joe Biden s'est comporté comme s'il était en bonne voie de remporter la course – ce que laissent d'ailleurs envisager les résultats –, se posant en rassembleur.

Il y a une place dans notre campagne pour chacun d'entre vous, a-t-il lancé, particulièrement placide, depuis Philadelphie, en Pennsylvanie, remerciant ensuite Bernie Sanders et ses partisans pour leur énergie infatigable et leur passion. Nous partageons un objectif commun et, ensemble, nous allons vaincre Donald Trump. Nous allons unir cette nation, a-t-il affirmé, présentant la campagne présidentielle comme l'occasion de donner une vision progressiste audacieuse au peuple américain.

Je crois que cette nation peut survivre à quatre années [d'une présidence] Trump, mais huit ans – quatre ans de plus – risquent de changer le caractère même de notre nation. Nous ne pouvons pas laisser cela arriver, a-t-il soutenu.

Gagner signifie unir l'Amérique, pas semer plus de division et de colère. Cela signifie non seulement avoir un président qui sache se battre, mais qui sache aussi panser les blessures [de l'Amérique].

Joe Biden

C'est notre démocratie même qui est en jeu dans cette élection. [...] Je crois que nous nous battons pour l'âme de la nation, a déclaré M. Biden, estimant que les États-Unis avaient fait un pas de plus vers le rétablissement de la décence, de la dignité et de l'honneur à la Maison-Blanche.

Il a visiblement tiré profit du soutien de ses anciens rivaux Amy Klobuchar, Pete Buttigieg, Michael Bloomberg, Kamala Harris et Cory Booker, et du départ de la course d'Elizabeth Warren. En soirée, Andrew Yang a par ailleurs annoncé sur les ondes de CNN qu'il appuyait lui aussi Joe Biden, l'heure semblant désormais au ralliement.

La victoire du septuagénaire est particulièrement significative au Michigan, État à l'importance symbolique et stratégique, dans lequel les cols bleus au sein de la population blanche forment une partie importante de l'électorat. C'est l'un des trois bastions de la Rust Belt que Donald Trump avait ravis aux démocrates lors de la présidentielle de 2016, y battant Hillary Clinton de justesse.

Joe Biden a dans l'ensemble su rallier les électeurs blancs des banlieues et des régions rurales par des marges importantes, en plus de bénéficier du soutien massif des Afro-Américains, selon les sondages réalisés à la sortie des bureaux de vote et relayés par le New York Times.

D'après le quotidien new-yorkais, il a par exemple remporté le vote des Afro-Américains du Mississippi avec une avance de 70 points et devancé Bernie Sanders auprès des électeurs blancs de cet État, du Michigan et du Missouri avec une avance d'au moins 10 points. Quoiqu'avec une marge plus mince, il a également mobilisé davantage que son adversaire les électeurs sans diplôme universitaire.

Les électeurs les plus jeunes et les plus progressistes sont restés fidèles à Bernie Sanders, qui n'a toutefois pas réussi à élargir sa base électorale.

Une défaite crève-cœur pour Sanders

Une électrice vote avec son chien à ses côtés.

Les derniers bureaux de vote du Michigan étaient ouverts jusqu'à 21 h HAE.

Photo : Reuters / Rebecca Cook

Signe de la mauvaise soirée qu'il a connue, Bernie Sanders n'a pas pris la parole en soirée.

Cela ne sert à rien de mettre des gants blancs : cette soirée a été difficile, a admis sur Instagram la représentante de New York Alexandria Ocasio-Cortez, une des figures de proue de l'aile progressiste du Parti démocrate et l'une des principales alliées du sénateur socialiste. Ce soir est une soirée difficile pour l'ensemble de notre mouvement.

Bernie Sanders espérait que le Michigan, baromètre pour le reste de la course à l'investiture démocrate, serait pour lui un pare-feu comme la Caroline du Sud l'a été pour Joe Biden, dont la campagne avait été jusque-là considérée comme moribonde.

Il s'est révélé incapable de répéter l'exploit qu'il avait accompli lors de la primaire démocrate de 2016, engrangeant alors une courte victoire surprise aux dépens d'Hillary Clinton, ce qui avait marqué un tournant dans sa campagne.

Il y a quatre ans, Bernie Sanders était sorti victorieux dans l’État de Washington, en Idaho et au Dakota du Nord, mais s’était incliné devant Hillary Clinton au Mississippi et au Missouri.

Dans les derniers jours, il a intensifié ses attaques à l'encontre de Joe Biden. Il a ainsi dénoncé son appui aux grandes ententes commerciales internationales, un enjeu particulièrement important au Michigan, et l'a accusé d'être trop près des grandes entreprises.

Biden accroît son avance

Les deux candidats, pratiquement seuls en piste désormais, se disputaient 352 délégués dans six États : Michigan (125 délégués), Washington (89), Missouri (68), Mississippi (36), Idaho (20) et Dakota du Nord (14).

Vers 9 h HAE, Joe Biden avait remporté 172 délégués, comparativement à 107 pour son adversaire. Il a ainsi accru son avance sur Bernie Sanders, cumulant, selon des résultats partiels, près de 850 délégués.

Quelques dizaines de délégués restent encore à être distribués parmi ceux qui étaient en jeu mardi. Les résultats définitifs se feront particulièrement attendre dans les deux États les plus riches en délégués de la journée : le Michigan, où plus de 800 000 électeurs ont voté par anticipation, et Washington, où le vote se déroulait exclusivement par la poste.

Une centaine d'autres délégués liés aux résultats du super mardi demeurent également en suspens.

Joe Biden semble prendre une sérieuse option pour la victoire.

Pour gagner la course, un candidat doit gagner la moitié des 3979 délégués attribués au fil des mois à l’issue des scrutins qui se seront déroulés dans tous les États et territoires américains, soit 1991.

S'il est encore loin du compte, M. Biden est en voie de profiter du calendrier électoral des prochaines semaines, qui lui semble favorable. Il mène dans les intentions de vote dans plusieurs États qui voteront sous peu, notamment dans les États riches en délégués, comme la Floride, l'Ohio, l'Illinois et la Georgie.

À l'échelle nationale, il recueille 53,5 % des intentions de vote selon la moyenne des sondages compilés par RealClearPolitics, devant son rival, qui doit se contenter de 35,5 % des appuis. La représentante d'Hawaï Tulsi Gabbard, seule autre candidate encore en lice, ferme la marche loin derrière avec 2 % des intentions de vote.

M. Sanders devrait impérativement remporter des États par une forte marge s'il veut renverser la tendance.

Le site de journalisme de données FiveThirtyEight, qui établit ses prévisions à partir de simulations découlant entre autres des sondages et des résultats obtenus jusqu'ici, estimait mardi matin que M. Biden avait 99 % des chances de sortir victorieux du duel qui l’oppose à Bernie Sanders.

Les prochaines étapes électorales sont la convention démocrate dans les îles Marianne du Nord, samedi, mais surtout les primaires de l'Arizona, de la Floride, de l'Illinois et de l'Ohio mardi prochain.

Un débat est également prévu dimanche prochain à Phoenix, en Arizona.

Le coronavirus fait irruption dans la campagne

Des travailleurs électoraux, portant des gants, ouvrent les enveloppes contenant les bulletins de vote avant qu'ils ne soient numérisés.

Particulièrement touché par la crise du coronavirus, le comté de King, dans l'État de Washington, a obligé ses travailleurs électoraux à porter des gants lors de la manipulation des bulletins de vote.

Photo : Reuters / Lindsey Wasson

Les campagnes de Joe Biden et de Bernie Sanders ont renoncé à leurs rassemblements prévus en soirée en Ohio, où le gouverneur républicain Mike DeWine avait appelé à l'annulation des événements de masse par mesure préventive.

L’État de Washington, où se concentre le plus grand nombre de cas et de morts, avait en outre demandé aux électeurs de ne pas lécher l'enveloppe dans laquelle ils avaient mis leur bulletin de vote. Dans le comté de King, le comté le plus touché du pays, les bulletins ont été manipulés avec des gants.

Autre exemple : l'Idaho a demandé à ses électeurs de se présenter aux urnes avec leur propre stylo.

Les craintes entourant le coronavirus n'ont cependant pas empêché l'équipe de campagne de Donald Trump d'annoncer en soirée un rassemblement partisan à Milwaukee, au Wisconsin, la semaine prochaine.

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