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L’opposition libérale n’achète pas les « bonbons » du budget du gouvernement Higgs

Vickers Vickers s'adresse aux médias après le dépôt du budget, le 10 mars 2020 à Fredericton.

Pour le chef du Parti libéral, Kevin Vickers, la confiance dans le gouvernement progressiste-conservateur de Blaine Higgs est brisée.

Photo : Radio-Canada / Jean-Philippe Hughes

Marie-Ève Arsenault

Le gouvernement minoritaire de Blaine Higgs a déposé un budget équilibré pour assurer sa survie, mais les libéraux ont déjà déclaré qu'ils le n'appuieront pas. Les verts refusent de se prononcer pour l'instant et le chef des alliancistes, Kris Austin, l'accueille quant à lui avec satisfaction. Du côté des communautés francophones, les réactions sont partagées.

De ce que j’ai vu du budget, il y a un petit brin de bonbons pour tout le monde. C’est un gouvernement minoritaire et il va tout faire pour essayer de se faire élire pour que ça continue.

Roland Fougère, maire de Bouctouche
Le maire du Bouctouche, Roland Fougère, vu de face devant un cadre d'époque, le jour du dépôt du deuxième budget de Blaine Higgs, le 10 mars 2020.

Roland Fougère, le maire de Bouctouche, dit que le budget contient « des bonbons pour tout le monde ».

Photo : Radio-Canada / Jean-Philippe Hughes

Pour le chef du Parti libéral du Nouveau-Brunswick, les « bonbons » auxquels fait référence le maire de Bouctouche sont vains. Kevin Vickers dit ne plus avoir confiance dans le gouvernement Higgs depuis sa tentative de réforme du système de santé.

Même si elle a été mise en veilleuse, la mesure visant à réduire les heures d'ouverture des urgences de six hôpitaux a, selon lui, semé le doute sur les intentions du gouvernement.

Comment est-ce que nous pouvons faire confiance en ce gouvernement? demande Kevin Vickers.

Selon l’économiste Richard Saillant, il pourrait être difficile pour le chef du Parti vert, David Coon, de ne pas appuyer ce budget, alors qu'il contient plusieurs mesures chères à son parti, comme l’indexation de l’aide sociale.

Et c'est non sans déplaire au principal intéressé, qui se réjouit de constater qu'il détient un tel levier.

La balance du pouvoir maintenant a changé vers le caucus vert, avance M. Coon.

David Coon assure tout de même qu’il prendra le temps d’évaluer le budget dans le détail avant de prendre une décision.

Le chef de l’Alliance des gens du Nouveau-Brunswick déclare qu’il appuiera le plan proposé.

Le budget comprend des éléments pour lesquels nous nous battons depuis des années, comme l’élimination de la double taxe, lance Kris Austin.

Les Acadiens sur leur faim

Le maire de Caraquet, Kevin Haché, se désole de l’absence de mesures pour stimuler l’économie du nord de la province. En tant que maire de la municipalité de Caraquet, j’aurais aimé voir un peu plus d’investissements dans le Nord, [et de projets qui concernent] les communautés francophones, dit-il.

Le président de la Société de l’Acadie du Nouveau-Brunswick, Robert Melanson, voit lui aussi très peu de mesures ou de projets qui touchent les régions acadiennes.

Un surplus budgétaire pour le Nouveau-Brunswick, c’est un déficit total pour l’Acadie, parce qu’en fait le surplus se fait sur le dos des Acadiens et sur le dos du Nord.

Robert Melanson, président de la Société de l’Acadie du Nouveau-Brunswick

Les maires de Caraquet et de Richibucto ont tous les deux déploré la surreprésentation de la ville de Saint-Jean dans l'annonce sur le budget du ministre des Finances, Ernie Steeves.

J’ai été un petit peu déçu, parce qu’on n’a pas beaucoup entendu parler du Nord. On a beaucoup parlé du Sud et ça, ça m’inquiète et ça me dérange un peu, dit Roger Doiron, maire de Richibucto.

Le président de la SANB admet tout de même que l’augmentation du budget accordé au Commissariat aux langues officielles reste une bonne nouvelle.

Robert Melanson dans un corridor de l'Assemblée législative du Nouveau-Brunswick à Fredericton, le jour du budget du gouvernement, le 10 mars 2020.

Le président sortant de la Société de l'Acadie du Nouveau-Brunswick, Robert Melanson, se dit déçu du budget présenté le mardi 10 mars à Fredericton.

Photo : Radio-Canada / Jean-Philippe Hughes

La seule chose positive, c’est une augmentation d’à peu près 38 000 dollars du budget pour le commissaire aux langues officielles, affirme M. Melanson.

« Rien pour les travailleurs essentiels »

Simon Ouellette, porte-parole du Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP), rappelle les relations houleuses entre le gouvernement et les syndicats qui ont marqué la première année au pouvoir de Blaine Higgs.

Il déplore l'absence de mesures pour qu’il puisse se racheter sur ce plan.

Il n’y a pas une seule convention collective qui a été signée avec le gouvernement Higgs. Et ça attend, ça niaise. Et là avec ce budget ici, c’est encore zéro, fulmine-t-il.

Simon Ouellette

Simon Ouellette, porte-parole du Syndicat canadien de la fonction publique.

Photo : Radio-Canada

De plus, il n’y a, selon lui, pas de mesure de prévue pour faire face au problème de rétention de la main-d’oeuvre dans le secteur public, et plus précisément dans les foyers de soins.

Moi ce qui me blesse le plus là-dedans, c’est qu’il n’y a absolument rien qui a été mentionné sur la crise des foyers de soins. On parle de recrutement, de création de nouveaux programmes. Mais il n’y a rien pour les travailleurs de première ligne, regrette-t-il.

Manque de vision à long terme pour les entreprises

Thomas Raffy, président du Conseil économique du Nouveau-Brunswick (CÉNB), voit ce budget d’un bon oeil et applaudit du statu quo quant aux investissements dans les fonds économiques du Nord, qui sont restés intouchés.

Thomas Raffy en habit de gala devant un tapis rouge.

Thomas Raffy, président-directeur général du Conseil économique du Nouveau-Brunswick.

Photo : Radio-Canada

Il souligne toutefois le manque de vision à long terme à l'égard des entreprises. Il aurait aimé la mise sur pied d'un programme visant à évaluer les effets des décisions politiques sur le développement économique.

Les entreprises souhaitent ardemment la mise en place d’une lentille de développement économique dans tous les ministères afin qu’ils prennent en considération l’impact de leurs décisions sur le secteur privé et la croissance de notre province, déclare-t-il.

Petite victoire pour les municipalités

M. Raffy et Margot Cragg, la directrice générale de l’Union des municipalités du Nouveau-Brunswick, félicitent la réduction de moitié de la double taxe.

Le maire de Caraquet estime lui aussi qu’il s’agit d’une mesure qui aura des répercussions positives. Après avoir déploré le manque de mesures pour le nord de la province, Kevin Haché met ses lentilles d’avocat pour analyser le budget sous un autre angle.

Kevin Haché sourit devant un cadre d'époque, le jour du dépôt du budget de Blaine Higgs, le 10 mars 2020.

Kevin Haché, maire de Caraquet, estime que le gouvernement Higgs a déposé « un bon budget » et croit qu'il sera adopté.

Photo : Radio-Canada / Jean-Philippe Hughes

En tant qu’avocat de profession, les gens nous parlaient souvent de la double taxe, donc je pense que ça pourra encourager les gens à investir dans les municipalités, dans les blocs appartement, dans les deuxièmes résidences, soutient M. Haché.

Plus pour les plus démunis

Les bénéficiaires de l’aide aux revenus nourrissaient de grandes attentes à l’égard du budget. L’indexation de l’aide sociale avec le coût de la vie était une mesure défendue par Bernard Basque, président du regroupement des bénéficiaires en installation résidentielle de la Péninsule acadienne. Mais à ses yeux, la mesure présentée n’est pas suffisante.

Bernard Basque, président du regroupement des bénéficiaires en installation résidentielle de la Péninsule acadienne

Bernard Basque est le président du regroupement des bénéficiaires en installation résidentielle de la Péninsule acadienne.

Photo : Radio-Canada

Ce n’est pas assez élevé, nous autres on a estimé que la perte de revenus des gens sur l’aide aux revenus dans les dernières années était d'à peu près 20 millions. Donc on garde encore ces gens-là avec un pouvoir d’achat réduit, dit M. Basque.

Il se réjouit tout de même de l’augmentation des services de soutien pour les personnes présentant un handicap.

Ça, c’est positif, ça va aider les gens avec leur situation concrète, mais le problème de base, qui est le revenu qu’ils reçoivent comme des taux de base, ça, ce n'est pas adéquat, expose-t-il.

Très peu pour les femmes

Le Regroupement féministe du Nouveau-Brunswick (RFNB) dénote un manque de vision pour l'avancement de la condition féminine, notamment en ce qui concerne l’offre de services de garde et la poursuite de l’investissement dans l’aide sociale.

Le retour à l’équilibre budgétaire ne doit pas se faire aux dépens de la santé et de la sécurité économique des femmes, déclare la présidente du RFNB, Lyne Chantal Boudreau.

Nelly Dennene le 30 octobre 2019 devant l'affiche du RFNB.

Nelly Dennene, directrice générale du Regroupement féministe du Nouveau-Brunswick.

Photo : Radio-Canada

Nelly Dennene, présidente du RFNB, regrette aussi qu’il n’y ait pas d’analyse de l’impact des décisions politiques sur la qualité de vie des femmes.

Les étudiants soulagés

La présidente de la Fédération des étudiantes et étudiants du campus universitaire de Moncton (FÉÉCUM), se dit satisfaite des mesures proposées pour alléger le fardeau financier des étudiants. Elle souligne notamment de la réduction des taux d’intérêt sur les prêts étudiants.

Pour la FÉÉCUM, c’est une bonne nouvelle que le taux d’intérêt va diminuer de 2,5 %. C’est quelque chose qu’on demande depuis des années, dit Pascale Rioux.

Pascale Rioux, présidente de la FÉÉCUM, le 10 mars 2020, soit le jour du dépôt du budget de Blaine Higgs.

Pascale Rioux croit que les mesures présentées dans le budget auront des répercussions positives dans le portefeuilles des étudiants.

Photo : Radio-Canada

Elle note aussi une augmentation de l’aide aux universités et espère que cette mesure se traduira par une absence d’augmentation des droits de scolarité.

On est un peu déçu qu’il n’y ait pas plus d’investissements dans les programmes d’aide financière, on a déjà de la difficulté à recruter dans les universités parce que ça coûte cher, donc on va continuer de militer pour avoir plus d’aide, conclut-elle.

Faits saillants

  • Le budget de 10,2 milliards de dollars comprend un surplus de 92,4 millions de dollars.

  • La dette nette sera réduite de 129,3 millions de dollars, pour atteindre 13,7 milliards de dollars d'ici la fin mars 2021.

  • Le financement de la santé augmente de 3,9 % pour atteindre 2,9 milliards de dollars.

  • Les taux d'intérêt sur la portion provinciale des prêts étudiants seront ramenés au taux préférentiel.

  • Les taux d'aide sociale seront indexés sur l'indice des prix à la consommation.

  • Dans le cadre du plan carbone du Nouveau-Brunswick, les taxes sur l'essence diminueront de 4,63 cents le litre, à compter du 1er avril.

La plupart s’entend pour dire qu’il s’agit d’un budget visant à attirer la sympathie des partis de l’opposition et a hâte de voir les mesures dans le détail.

Avec des informations de Jean-Philippe Hughes et de La Presse canadienne

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