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Le budget Girard reçu comme « une douche froide » au Bas-Saint-Laurent

Un panneau de signalisation annonce la fin de l'autoroute 20 sur une route enneigée.

La fin de l'autoroute 20 à Notre-Dame-des-Neiges, près de Trois-Pistoles, au Bas-Saint-Laurent. Le prolongement de l'autoroute 20 n'est pas inscrit dans le Plan québécois des infrastructures du budget 2020.

Photo : Radio-Canada / François Gagnon

Le budget déposé mardi après-midi par le ministre des Finances du Québec, Éric Girard, a suscité de nombreuses réactions dans la région. La plupart des élus locaux ont fait état de leur frustration devant l'absence du prolongement de l'autoroute 20 dans le Plan québécois des infrastructures (PQI), jumelée à l'ampleur des dépenses dans les grands centres par rapport à celles en région.

De la déception, de l'incompréhension et même de la colère se font sentir chez les élus locaux après avoir constaté l'absence du prolongement de l'autoroute 20 au PQI.

Le directeur général de la Chambre de commerce et d'industrie Rimouski-Neigette, Jonathan Laterreur, n'en revient pas.

On nous a répété deux fois qu'on allait remettre la 20 sur le PQI. Ce qui ne s'est pas fait. C'est le ministre Legault lui-même, le premier ministre du Québec là, qui, pour le moment, ce que je comprends, qui nous ment en pleine face, lance-t-il.

Pourtant, les dépenses en infrastructures augmentent de manière globale dans la province. C'est l'un des éléments qui choquent le maire de Rimouski dans l'absence au PQI du prolongement de l'autoroute 20.

Lorsqu'on regarde l'augmentation extrêmement substantielle des enveloppes accordées au réseau routier et d'apprendre que, malgré l'engagement du premier ministre Legault, le prolongement de la 20 n'est pas inscrit au PQI. Ça a été toute une douche froide.

Une citation de :Marc Parent, maire de Rimouski

Les élus locaux se sont surtout dits étonnés de l'absence du prolongement de l'autoroute 20 du PQI puisque le premier ministre François Legault s'était engagé à remettre le projet parmi les priorités en septembre dernier.

Un peu surpris, puis, de ma banquette à l'Assemblée, j'ai écrit un mot à la ministre régionale. Je lui ai dit "pourquoi?". Elle m'a fait signe qu'elle l'apprenait. Je suis très très déçu.

Une citation de :Harold LeBel, député de Rimouski

Le député de Rimouski ajoute qu'il a croisé le premier ministre dans la journée de mardi et qu'il lui a parlé de l'absence du dossier au PQI. Il semblait surpris lui aussi. Je comprends qu'ils vont dire "on va respecter notre engagement, puis on a 4 ans pour le faire." Chaque année qu'on perd, c'est des mois et des mois de travaux que les fonctionnaires ne font pas là-dessus. Je ne comprends pas, ajoute M. LeBel à ce sujet.

Des attentes pour la nouvelle mouture de la Stratégie maritime

Le nouveau budget provincial scelle le retour de la Stratégie maritime, dans une nouvelle mouture.

Le gouvernement Legault prévoit dépenser 300 millions de dollars dans cette nouvelle version de la Stratégie maritime qui doit, entre autres, inclure la mise à niveau des infrastructures maritimes, le cabotage et l’intermodalité entre le transport maritime et terrestre.

Un quai du port de Rimouski.

Une partie du port de Rimouski est présentement condamnée.

Photo : Radio-Canada / Simon Turcotte

Cette annonce est, en général, bien accueillie par les élus locaux comme le maire de Rimouski, Marc Parent, qui voit cette mesure d'un œil positif, surtout avec la rétrocession prochaine des quais de Transports Canada à Transports Québec.

Le maire demandait à Québec l'été dernier que les quais soient restaurés lors du transfert du fédéral au provincial.

Les élus locaux souhaitent toutefois connaître les détails de cette « nouvelle mouture » de la Stratégie maritime et le montant qui sera dépensé dans la région avec de crier victoire.

On voit quelques éléments, mais c'est très mince pour l'instant. J'espère que la Stratégie ne se limite pas à ça. Sinon, ils ne nous auraient pas annoncé que la Stratégie s'en vient bientôt, énonce Harold LeBel.

De l'espoir pour une saison plus longue à la traverse de Rivière-du-Loup

Parmi les investissements annoncés dans le budget, le gouvernement Legault prévoit 6,6 millions de dollars pour terminer la mise à niveau du navire Saaremaa cette année.

Ce traversier a d'abord été acheté pour assurer le service entre Matane et la Côte-Nord, en l’absence du F.-A.-Gauthier.

Le navire Saaremaa au port de Matane.

Le navire Saaremaa sera maintenant rattaché à la traverse entre Rivière-du-Loup et Saint-Siméon.

Photo : Radio-Canada / Jean-François Deschênes

Avec le nouveau budget, on apprend que le traversier sera maintenant de service à la traverse qui relie Rivière-du-Loup à Saint-Siméon.

Un service de traversier à l'année a plusieurs fois été réclamé pour cette traverse.

On est loin, je pense, [de] la réalisation de ce projet-là parce qu'il faut voir l'arrimage entre le Saaremaa et le quai actuel de Rivière-du-Loup et le quai actuel de Saint-Siméon.

Une citation de :Michel Lagacé, préfet de la MRC de Rivière-du-Loup

Personne n'a pu confirmer si les sommes investies dans le Saaremaa pourraient servir à prolonger la saison de la traverse Rivière-du-Loup–Saint-Siméon.

De son côté, Marc Parent aimerait qu'un traversier qui assurerait la liaison entre Rimouski et la Côte-Nord soit aussi financé.

On sait qu'on a Matane, potentiellement Rivière-du-Loup, avec le Saaremaa à l'intérieur du budget, mais je pense que Rimouski doit nécessairement se positionner pour offrir un service 12 mois par année. La population a besoin de ce genre de service là, estime le maire.

Transport en commun et environnement

La directrice générale du Conseil régional de l’environnement du Bas-Saint-Laurent, Luce Balthazar, salue certaines des initiatives qui figurent au budget Girard.

On peut saluer l'idée que c'est mentionné, qu'on reconnaît l'urgence climatique, mais c'est très difficile à voir à quel point on répond à l'urgence.

Une citation de :Luce Balthazar, directrice générale du Conseil régional de l’environnement du Bas-Saint-Laurent

Selon elle, de gros montants sont annoncés pour la lutte aux changements climatiques, mais ces derniers sont étalés sur plusieurs années, sur 6 ans, des fois sur 10 ans.

Un autobus du circuit 31 de la Société des transports de Rimouski.

Un autobus du circuit 31 de la Société des transports de Rimouski.

Photo : Radio-Canada

Mme Balthazar ajoute que le budget ne parle peut-être pas assez d'efficacité ou de réduction du gaspillage. La lutte au réchauffement climatique, ce n'est pas juste d'avoir des véhicules électriques, c'est aussi de faire moins de déplacements, de faire plus de transport actif, avoir de plus petits véhicules.

De son côté, le député de Rimouski se désole du peu de mesures prévues en transports en commun en région.

En transports en commun, il n'y a rien chez nous. [...] À un moment donné, le Québec, ça ne se limite pas entre Montréal, Trois-Rivières, Québec, Gatineau, Sherbrooke. C'est ce bout-là qui passe mal à travers la gorge.

Une citation de :Harold LeBel, député de Rimouski

Luce Balthazar souligne également qu'encore cette année plus d'argent est alloué à la construction de routes qu'à l'implantation de transports en commun au Québec.

Les élus et les acteurs locaux souhaitent maintenant se pencher plus en détail sur le budget Girard pour continuer le travail pour la région.

On se rend compte, en termes de priorité gouvernementale, que c'est ardu. Il faut se battre tous les jours pour réussir à faire en sorte que le Bas-Saint-Laurent puisse tirer son aiguille du jeu, conclut le maire de Rimouski.

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