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Des bactéries seraient peut-être impliquées dans le diabète de type 2

Plus de 2 millions de Canadiens vivent avec le diabète de type 2.

Illustration montrant le système digestif d'un humain.

Illustration montrant le système digestif d'un humain.

Photo : iStock

Radio-Canada

Les personnes diabétiques présentent une signature bactérienne différente de celle des non-diabétiques, montre une étude dirigée par un chercheur de l’Université Laval.

Dans leurs travaux, le Pr André Marette et ses collègues ont analysé le matériel génétique provenant d’échantillons de sang et de tissus prélevés chez 40 personnes atteintes d'obésité sévère pendant qu’elles subissaient une chirurgie bariatrique.

La moitié des participants étaient atteints de diabète de type 2, alors que les autres affichaient une résistance à l’insuline sans être diabétiques.

Les échantillons provenaient de leur foie et de trois dépôts adipeux de l’abdomen. Le type des bactéries présentes et leur abondance ont permis aux chercheurs d’établir la signature bactérienne de chaque tissu.

Les analyses des chercheurs ont révélé que :

  • la signature bactérienne des personnes diabétiques n’est pas la même que celle des non-diabétiques;
  • l’abondance relative des bactéries variait d’un tissu à l’autre, et atteint un maximum dans le foie et dans le grand omentum (un tissu reliant l’estomac et le côlon).

Or, ces deux endroits sont fortement impliqués dans la régulation métabolique.

Nos résultats suggèrent que, chez les personnes souffrant d’obésité sévère, des bactéries ou des fragments de bactéries sont associés au développement du diabète de type 2.

André Marette, Université Laval

Repères

  • Plus de 300 millions de personnes dans le monde souffrent du diabète de type 2, dont 2 millions de Canadiens adultes. Ce chiffre devrait doubler dans les prochaines années en raison de l'augmentation de l'obésité.
  • Le diabète est une maladie chronique qui se manifeste lorsque le corps est incapable de produire suffisamment d'insuline ou de l'utiliser correctement. Le corps a besoin d'insuline pour transformer le sucre en énergie.
  • Il peut entraîner de graves complications et le décès prématuré.

D’origine intestinale

Le matériel génétique bactérien qui a été détecté dans les tissus analysés provient fort probablement de l’intestin, estiment les chercheurs.

On sait que l’étanchéité de la barrière intestinale est réduite chez les personnes obèses.

André Marette, Université Laval

Notre hypothèse est que des bactéries vivantes ou des fragments de bactéries traversent cette barrière et déclenchent un processus inflammatoire qui, ultimement, empêche l’insuline de remplir son rôle qui consiste à réguler les niveaux de glucose sanguin via son action sur les tissus métaboliques, explique le Pr Marette dans un communiqué publié par l'Université Laval.

La prochaine étape

L’équipe de recherche veut déterminer si les bactéries retrouvées dans le foie et les dépôts adipeux de personnes atteintes d’obésité sévère sont aussi présentes chez les personnes obèses ou chez celles qui font de l'embonpoint.

Nous voulons aussi vérifier si certaines des bactéries pathogènes retrouvées dans les tissus peuvent déclencher le diabète de type 2 dans un modèle animal.

André Marette

En outre, les auteurs de ces travaux publiés dans la revue Nature Metabolism (Nouvelle fenêtre) (en anglais) veulent aussi savoir si certaines bactéries bénéfiques peuvent servir à prévenir le développement de cette maladie.

Si c'était le cas, elles pourraient représenter une nouvelle famille de bactéries probiotiques ou une source de molécules bactériennes pour aider à combattre le diabète, conclut le chercheur.

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