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  • John P. Humphrey, architecte canadien des droits de la personne

    Gros plan de John P. Humphrey en 1988

    Le 14 mars 1995 s'éteignait le juriste John P. Humphrey.

    Photo : Radio-Canada

    Radio-Canada

    Le 14 mars 1995 est décédé John P. Humphrey. Ce Canadien s’est consacré pendant sa carrière aux Nations unies puis, comme professeur de droit international, à construire et à défendre le système universel de protection des droits de la personne.

    Une immense contribution au droit international

    En 2001, l’émission Montréal ce soir demande aux téléspectateurs s’il y a des gens dont on devrait honorer la mémoire à Montréal en leur érigeant des monuments.

    Montréal ce soir, 22 juin 2001

    Reynald Adams suggère au journaliste Jean-Hugues Roy lors de l’émission du 22 juin que Montréal devrait honorer un de ses citoyens d’adoption, John P. Humphrey.

    Selon Reynald Adams, une statue élevée en l’honneur de John P. Humphrey reconnaîtrait l’immense contribution de ce juriste dans le domaine de la défense des droits de la personne.

    En 1948, il a rédigé l’ébauche préliminaire de la Déclaration universelle des droits de l’homme des Nations unies. John P. Humphrey aurait probablement utilisé les termes « droits de la personne » s’il avait écrit le document de nos jours.

    Ce document, officiellement adopté le 10 décembre 1948, constitue le socle sur lequel s’est ensuite construit le système onusien de protection des droits fondamentaux de la personne.

    Mais John P. Humphrey ne s’est pas arrêté là.

    Jusqu’en 1966, il est le premier chef de la division des droits de la personne des Nations unies.

    Durant cette période, il couchera sur le papier 67 conventions internationales protégeant divers aspects des droits de la personne.

    Comme si ce n’était pas assez, il a aussi rédigé les constitutions de 12 pays.

    En parallèle, il a fait partie de plusieurs commissions d’enquête sur les violations des droits de la personne à travers la planète.

    Notons à ce chapitre son combat pour que les femmes coréennes, utilisées comme esclaves sexuelles par l’armée japonaise durant la Seconde Guerre mondiale, reçoivent des compensations.

    Reynald Adams constate que la ville d’Ottawa a honoré John P. Humphrey par une plaque commémorative dévoilée en 1998 par nul autre que Nelson Mandela.

    Montréal a déjà songé à honorer le juriste, lors du cinquantième anniversaire de l’adoption de la Déclaration universelle des droits de l’homme en 1998.

    Le projet est cependant tombé dans les oubliettes.

    Reynal Adams propose de relancer le projet.

    Il souhaite qu’un monument commémoratif soit érigé à l’angle de l’avenue du Parc et de l'avenue des Pins. Ou encore que l’on change le nom de l'avenue des Pins pour celui d'avenue John Humphrey.

    Un juriste optimiste…

    Aujourd'hui, 10 décembre 1963

    Le 10 décembre 1963, l’émission Aujourd’hui interroge John P. Humphrey sur l’impact de la Déclaration universelle des droits de l’homme à l’occasion du 16e anniversaire de son adoption.

    Il se montre optimiste.

    Si la Déclaration universelle ne peut exercer de contraintes sur les États, elle a néanmoins eu une profonde influence sur l’évolution du droit international, de même que sur le droit national de certains pays.

    John P. Humphrey cite alors les noms de plusieurs pays africains qui ont intégré les principes de la Déclaration universelle dans leurs propres droits nationaux ou dans leurs constitutions.

    … mais qui veut aller toujours plus loin

    Si on ne peut pas créer des moyens, des mécanismes de mise en œuvre adéquats, efficaces comme nous avons au Canada par exemple […] Je dis que cette planète n’a pas d’avenir.

    John P. Humphrey, 10 décembre 1988

    Le 10 décembre 1988, la communauté internationale célèbre le 40e anniversaire de l’adoption de la Déclaration universelle des droits de l’homme.

    Impact, 10 décembre 1988

    L’animateur de l’émission Impact, Robert Guy Scully, reçoit à cette occasion John P. Humphrey.

    L’entrevue porte en partie sur la genèse de l’élaboration de la Déclaration universelle des droits de l'homme.

    Ce document, qui représente « l’idéal commun à atteindre par tous les peuples et toutes les nations », énonce un large éventail de droits couvrant tous les aspects de la vie.

    Son article premier résume l’idée des droits fondamentaux de la personne en une formule devenue célèbre.

    « Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits. »

    John P. Humphrey souligne qu’il est allé très loin dans sa définition des droits fondamentaux.

    Il a même intégré dans son ébauche des notions de droits économiques, sociaux et culturels.

    Il a insisté par exemple sur l’intégration de la notion du droit de jouir de l’accès à la culture pour tous les êtres humains.

    En réaction, certains pays membres des Nations unies, dont les États-Unis, l’accusent d’être un communiste.

    L’entrevue rappelle aussi que le gouvernement du premier ministre canadien Louis Saint-Laurent a initialement pris position contre l’ébauche de la Déclaration universelle parce qu’elle allait trop loin dans sa définition des droits.

    Ce n’est que lorsque le Canada a réalisé que cette attitude le rangeait dans le même camp que les pays communistes qu'il a changé son fusil d’épaule et a voté pour l’adoption de la Déclaration.

    En filigrane dans toute l’entrevue, John P. Humphrey insiste pour dire que sa génération n'a créé que les conditions nécessaires pour faire respecter les droits fondamentaux de la personne.

    Il appartient aux générations plus jeunes de construire des mécanismes d’application des principes énoncés dans la Déclaration de 1948.

    Loin d’être une position idéaliste, le respect des droits de la personne est, selon lui, une posture très réaliste.

    John P. Humphrey voit un lien indissoluble entre le respect des droits fondamentaux et le maintien de la paix internationale.

    Sans le respect des droits de la personne, sans la mise en œuvre de mécanismes d’application de ces derniers, le juriste craint que l’avenir de la planète ne soit compromis.

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