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Coronavirus : Trump envisage un plan d'aide économique

Donald Trump s'exprime aux côtés de Mike Pence et du directeur national de l'Institut des allergies et maladies infectieuses, à la Maison-Blanche.

Le président américain Donald Trump lors d'une précédente conférence de presse sur le coronavirus.

Photo : Getty Images / Alex Wong

Après une journée de panique sur les marchés boursiers, en partie liée aux craintes entourant le coronavirus, le président Donald Trump a brièvement participé à une conférence de presse donnée par l'équipe responsable de la réponse américaine à l'épidémie.

Il n'était initialement pas prévu que le président soit présent. Donald Trump a dit qu'il rencontrerait mardi les républicains de la Chambre des représentants et le leader de la majorité républicaine au Sénat, Mitch McConnell, notamment pour discuter d'une éventuelle réduction de l'impôt sur les salaires ou d'une aide, une aide substantielle, une aide substantielle qui est un grand chiffre.

Selon le Washington Post, s'appuyant sur des projections du Comité pour un budget fédéral responsable, une organisation indépendante, une réduction d'un seul point de pourcentage priverait le Trésor américain de 55 à 75 milliards de dollars.

Nous allons également parler de l'aide que pourraient recevoir ceux qui sont payés à l'heure pour qu'ils soient dans une position où ils ne manqueront jamais un chèque de paye, qu'ils travaillent dans des entreprises, de petites entreprises, de grandes entreprises, beaucoup d'entreprises, pour qu'ils ne soient pas pénalisés pour quelque chose qui n'est pas leur faute, a indiqué. M. Trump, semblant faire allusion à des congés de maladie.

Il a également évoqué des prêts aux petites entreprises et a dit travailler avec les industries aérienne et hôtelière ainsi qu'avec celle des bateaux de croisière, victimes du coronavirus. L'entreprise du président Trump, qui possède lui-même des hôtels, pourrait donc potentiellement profiter d'une aide éventuelle.

Nous allons nous occuper – et nous nous en occupons déjà – du public américain et de l'économie américaine.

Donald Trump

Les solutions mises de l'avant par le président figurent sur une liste d'options que lui ont soumises ses collaborateurs pour juguler les problèmes économiques entraînés par le coronavirus.

Les démocrates, qui entendent présenter leur propre stratégie dans un projet de loi, misent entre autres sur des congés de maladie.

Le leader de la minorité démocrate au Sénat, Chuck Schumer, s'est montré insatisfait de l'information fournie par Donald Trump. Ce qui a manqué de façon flagrante à la conférence de presse du président Trump, c'est de dire comment il va en fait combattre la propagation du coronavirus et assurer la sécurité du peuple américain, a-t-il écrit sur Twitter.

Il semble que le président Trump se concentre davantage sur le marché boursier que sur la lutte contre cette pandémie.

Chuck Schumer, leader de la minorité démocrate au Sénat

La semaine dernière, le président a signé le projet de loi bipartite du Congrès approuvant une aide d'urgence de 8,3 milliards de dollars pour le traitement et la prévention de la COVID-19. C'est trois fois plus que la somme qui avait été jugée nécessaire par l'administration Trump.

Des tweets qui dédramatisent la situation

En début de journée, le président avait lancé une salve de tweets, s'en prenant à ses adversaires démocrates et aux médias, et minimisant la crise du coronavirus et ses impacts économiques.

Tandis que la propagation du virus aux États-Unis s'accélère rapidement, Donald Trump avait notamment tenté de se montrer rassurant. Rien n'est fermé, la vie et l'économie continuent. Il y a en ce moment 546 cas de coronavirus avec 22 morts. Pensez à ça!, a-t-il écrit, ajoutant que la grippe saisonnière avait pour sa part fait 37 000 morts en 2019 aux États-Unis.

Il s'était également réjoui de la chute du prix du pétrole brut léger américain, affirmant que cela serait bon pour les consommateurs. En pleine panique autour du krach pétrolier et des conséquences économiques engendrées par l'épidémie de la COVID-19, les marchés boursiers nord-américains ont clôturé en forte baisse. En matinée, la chute a été si brutale que les transactions ont même été interrompues.

Plus tôt dans la journée, les médias américains ont par ailleurs rapporté que la Maison-Blanche avait convié les dirigeants de Wall Street à une réunion qui se tiendra cette semaine.

Le président, qui a eu récemment des interactions avec deux élus républicains ayant été exposés au coronavirus, a précipitamment quitté la conférence de presse au tout début de la période de questions, alors que les journalistes voulaient savoir s'il avait passé un test de dépistage. En soirée, la Maison-Blanche a précisé que ce n'était pas le cas.

Après le départ de M. Trump, c'est le vice-président Mike Pence, qui est chargé de coordonner les efforts de l'administration Trump pour lutter contre la propagation du coronavirus, qui avait hérité de la question. Disant ignorer la réponse, il avait promis de s'informer.

Le secrétaire à la Santé et aux Services sociaux, Alex Azar, a par ailleurs affirmé ne pas être en mesure de dire combien de personnes avaient pu obtenir un test de coronavirus. L'administration Trump a essuyé des critiques pour avoir envoyé des messages contradictoires sur la disponibilité des tests et les délais pour les obtenir.

Depuis le début de la crise, Donald Trump a, à plus d'une reprise, envoyé des messages différents de ceux véhiculés par son administration.

Selon le Washington Post, Mike Pence et d'autres responsables gouvernementaux ont coordonné ce week-end les efforts d'atténuation du coronavirus avec les États tout en préparant d'éventuelles mesures économiques d'urgence pour soutenir les industries sinistrées. Le président Trump s'est pour sa part rendu à sa résidence de Floride, où il a entre autres joué au golf et participé à une activité de financement pour sa campagne.

Un sondage de la firme Morning Consult publié il y a quelques jours montre que les Américains sont de plus en plus critiques de la gestion de la crise du coronavirus par le président. Il y a un mois, 34 % appuyaient fermement sa réponse, tandis que 14 % la désapprouvaient avec autant de vigueur. Le dernier coup de sonde indique que les pourcentages sont passés à 24 % et à 31 % respectivement.

Le nombre de cas a au moins doublé

Le nombre de personnes qui ont contracté le coronavirus a au moins doublé depuis vendredi. On recense désormais 666 cas de COVID-19 confirmés répartis dans 36 États et dans la capitale fédérale ainsi que 26 morts, selon le New York Times.

L'État de Washington compte 167 cas, dont 22 morts, le plus lourd bilan de tout le pays.

Selon NBC News, les autorités de l'État de New York dénombrent pour leur part 143 cas, mais aucun décès.

Le gouverneur de l'État, Andrew Cuomo, a indiqué que le directeur exécutif de l'Autorité portuaire de New York et du New Jersey, qui gère les principaux aéroports, ponts, tunnels et terminaux d'autobus de la région, Rick Cotton, était porteur du virus.

La Californie, où 138 personnes ont développé la maladie COVID-19, a par ailleurs annoncé qu'un deuxième patient, une femme dans la soixantaine, en était morte.

Les autorités de la Louisiane ont en outre déclaré leur premier cas.

Cinq élus républicains en quarantaine

Deux représentants républicains, Matt Gaetz et Doug Collins, ont annoncé lundi qu'ils se mettaient en quarantaine parce qu'ils avaient été en contact avec une personne ayant contracté le coronavirus.

Le sénateur Ted Cruz et le représentant Paul Gosar avaient pris la même décision la veille après avoir eux aussi rencontré la même personne.

Le représentant Mark Meadows, qui a été nommé chef de cabinet de la Maison-Blanche, mais qui n'est pas encore entré en fonction, a annoncé en soirée qu'il se mettait en quarantaine préventive après avoir été avisé de la possibilité qu’il « aurait pu » avoir rencontré le participant touché.

Les cinq hommes, à l’instar de plusieurs de leurs collègues, ont participé récemment au rendez-vous annuel du Conservative Political Action Conference (CPAC), qui rassemble des élus et des militants conservateurs. Un des participants de l'événement a ensuite reçu un diagnostic de la COVID-19.

Le président Trump et le vice-président Pence étaient présents à l’événement, mais ils n’ont pas eu de contacts directs avec lui, selon les organisateurs.

Le président Donald Trump accueille Doug Collins en lui serrant la main à son arrivée à la base de réserve aérienne de Dobbins à Marietta, en Georgie.

Donald Trump a eu des contacts avec le représentant de Georgie Doug Collins vendredi dernier.

Photo : Associated Press / Alex Brandon

Matt Gaetz et Doug Collins ont tous deux eu des interactions avec le président Trump au cours des derniers jours.

Le premier a voyagé à bord d'Air Force One avec le président, plus tôt dans la journée. Le deuxième l'a accompagné vendredi lors d’une visite officielle des Centres de contrôle et de prévention des maladies (CDC), à Atlanta. Des photos le montrent même serrer la main de Donald Trump à cette occasion.

Il y a quelques jours, Matt Gaetz avait ridiculisé les craintes entourant la propagation du virus en portant un masque à gaz.

Un sixième élu, Louis Gohmert, a lui aussi côtoyé le participant de la conférence, mais a choisi de ne pas se soumettre à une mise en quarantaine.

Une représentante démocrate, Julia Brownley, a elle aussi indiqué qu’elle travaillerait à l’extérieur de son bureau de Washington D.C. parce qu’elle avait rencontré une personne infectée.

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