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Des triathlons plus verts grâce à une certification québécoise

Ils sont sur la route en nature.

Des cyclistes en actions au Subaru IRONMAN Mont-Tremblant 2019

Photo : getty images for ironman / Al Bello

Mariève Bégin

Pour la saison 2020, 21 triathlons québécois devaient se targuer d’avoir la certification ÉcoTQ, un programme mis en place par Triathlon Québec pour promouvoir les initiatives écoresponsables. Il s’agit du premier guide officiel au Québec qui permet d’encadrer les événements sportifs sur le plan environnemental.

L'élan de ce projet a été bloqué par la pandémie de la COVID-19, mais la certification reste prometteuse pour l'avenir.

On est vraiment contents et surpris quand même de la réception [des comités organisateurs], avoue Éric Noël, directeur technique à Triathlon Québec. C’est environ le tiers de nos événements, pour l’an 1, qui se sont engagés dans une démarche écoresponsable.

Éric Noël et son collègue Jean Piolé ont travaillé en partenariat avec le Conseil québécois des événements écoresponsables pour créer une certification qui vise à uniformiser les démarches environnementales entreprises par les comités organisateurs des triathlons.

Au cœur du guide, on retrouve cinq piliers, qui comportent chacun 10 critères. Selon le nombre d'exigences respectées, on atteint le niveau bronze, argent ou or.

Les cinq grands piliers de la certification ÉcoTQ

  1. Ressources humaines et gestion du territoire
  2. Alimentation
  3. Gestion des matières résiduelles et des sources d'énergie
  4. Sensibilisation et éducation à l'environnement
  5. Transport, déplacement et émissions de gaz à effet de serre

Il s'agit d'une première ébauche, qui évoluera selon les commentaires et les résultats obtenus.

Le but, ce n’est pas de taper sur ceux qui ne font rien, mais c’est d’encourager les gens à faire [des efforts].

Éric Noël, directeur technique à Triathlon Québec

Année après année, on va corriger les critères, on va peut-être en modifier et les rendre plus compliqués, selon la technologie également. Mais le but, c’était d’inclure le maximum de gens pour que les comités organisateurs soient capables de dire : "OK, on est capables de faire le premier pas.", indique M. Noël.

Heureux de se joindre au mouvement

Au S-Triman de Sherbrooke, le virage écolo était déjà entrepris, notamment avec les médailles vertes. Les participants peuvent, à l’inscription, indiquer qu’ils ne désirent pas avoir de médaille à la fin de leur course.

Par contre, le coût qu’on aurait dû payer, on va le remettre à une association qui fait des actions pour l’environnement, donc soit du reboisement, de l’entretien des berges, des choses comme ça, explique Estelle Chamoux, présidente de l’organisation du S-Triman Sherbrooke.

Elle est fière de pouvoir dire que cette initiative a permis de commander 50 % moins de médailles au cours des trois dernières années. Avec la certification ÉcoTQ, le S-Triman compte atteindre un niveau supérieur d'écoresponsabilité.

Mme Chamoux pense que cette nouveauté saura donner une valeur ajoutée à l’événement et mettre en lumière toutes les démarches des organisations certifiées vertes.

C’est aussi ce que croit le président du Triathlon mondial groupe Copley, Patrice Brunet.

Avoir une certification comme ça va pousser nos participants à se valoriser en participant à notre événement qui a une certification d’écoresponsabilité. Mais en plus, on le voit dans nos réseaux sociaux et dans nos dialogues avec les participants, ça encourage les gens à choisir une course plutôt qu’une autre.

Les organisateurs du Triathlon mondial Groupe Copley ont sauté à pieds joints dans le mouvement. M. Brunet indique que d’importants changements seront apportés, notamment en ce qui concerne les sacs-cadeaux donnés à tous les participants.

Ces cadeaux-là sont souvent remplis de publicités ou de papiers, qui seront éliminés.

C’est un message très fort qui est envoyé aux autres organisateurs au Québec qui vont également, je l’espère, développer les mêmes réflexes que nous.

Patrice Brunet, président de Triathlon mondial Groupe Copley

ÉcoTQ a aussi encouragé Triathlon mondial Groupe Copley à nommer une personne qui est chef du développement durable, au sein de son équipe.

Au-delà des triathlons

Triathlon Québec a déjà commencé à discuter avec d’autres organisations dans le domaine sportif à l’échelle provinciale, et même nationale.

Les fédérations québécoises d’athlétisme et de sports cyclistes ont pris connaissance du guide ÉcoTQ et y sont intéressées, puisqu’elles désiraient déjà se diriger dans cette voie, selon Éric Noël.

On a rencontré Sports Québec aussi, qui chapeaute toutes les fédérations sportives québécoises, pour leur présenter le projet, et ils étaient emballés et ouverts, ajoute-t-il.

Il y a une volonté de changer et de prendre [l’environnement] en compte maintenant [...] dans le choix et l’organisation des événements.

Éric Noël, directeur technique chez Triathlon Québec

Noël voit grand et espère que l’outil de Triathlon Québec saura inspirer les événements sportifs de tous genres à poser des gestes écoresponsables concrets.

Le but, c’est que ça reste accessible, mais facilement mesurable et quantifiable. Présentement, en environnement, je trouve que c’est l'un des problèmes : c’est beaucoup de beaux principes et de belles phrases, mais les gens veulent avoir des gestes concrets.

*NDLR : Les entrevues ont été réalisées avant l'annulation de la plupart des événements sportifs en raison du coronavirus.

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