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Un CPE refuse un poste à une éducatrice en représailles pour s’être syndiquée

Le CPE L'aurore boréale, à Rimouski.

Le CPE L'aurore boréale, à Rimouski

Photo : Radio-Canada / Simon Turcotte

Une éducatrice de Rimouski s'est vue refuser l'attribution d'un poste permanent lors d'un processus de sélection par mesure de représailles pour s'être syndiquée, selon un jugement du Tribunal administratif du travail rendu le 26 février.

Le juge a tranché en faveur de l’éducatrice Mélissa Lajoie-Marquis et a ordonné au centre de la petite enfance (CPE) L'aurore boréale de reprendre le processus de sélection.

Mélissa Lajoie-Marquis a déposé une plainte contre le CPE L'aurore boréale en septembre, alléguant que son employeur avait rejeté sa candidature à un poste permanent par mesure de représailles pour avoir participé activement à la campagne de syndicalisation de l’établissement.

Dans le jugement du Tribunal administratif du travail, la candidate signale qu'une administratrice ne lui adresse plus la parole depuis qu'elle est syndiquée.

Elle soutient que le comité de sélection n'a pas tenu compte de sa scolarité et de son expérience.

Le juge Bernard Marceau lui donne raison. Il conclut que le processus de notation des candidates paraît tout à fait discriminatoire et arbitraire et qu'il n'est pas juste et équitable envers la plaignante.

Un avis partagé par la CSN, qui représente maintenant les éducatrices du CPE.

Le juge en est venu à la conclusion que le processus avait été biaisé spécifiquement pour écarter la travailleuse du poste en ne tenant pas compte ou pratiquement pas compte de son expérience et de sa formation.

Une citation de :Robin Turcotte, conseiller syndical à la Fédération de la santé et des services sociaux de la CSN

Mélissa Lavoie-Marquis avait neuf ans d’expérience de plus que la candidate retenue et possédait un diplôme, ce qui n’était pas le cas de l’autre éducatrice.

Selon le jugement, le CPE a attribué à Mme Lajoie-Marquis un seul point de plus pour son expérience que l'autre candidate et un seul point pour sa scolarité. L'éducatrice a indiqué à Radio-Canada qu'elle ne pouvait pas commenter l'affaire.

M. Turcotte précise qu’il s’agit de la première plainte pour mesure de représailles causées par l’exercice d’une activité syndicale dans un CPE de la région accrédité par la CSN. Il précise que ce genre de problème est plus commun dans les entreprises privées.

La CSN représente actuellement 12 CPE dans la région, y compris le CPE L'aurore boréale.

Le CPE se dit de bonne foi

La direction du CPE affirme pour sa part que son équipe a respecté la procédure et les grilles de notation préétablies par l'établissement.

Son directeur général, Simon Dufresne, parle d'un événement isolé et se dit très ouvert au concept d'un syndicat.

Ce que je peux dire, c'est que le jugement, on le respecte, qu'on a été de bonne foi tout le long du processus et qu'on va appliquer l'ordonnance du juge.

Une citation de :Simon Dufresne, directeur général du CPE L’aurore boréale

Les derniers développements dans cette affaire font toutefois en sorte que l'employeur n'aura pas à recommencer le processus de sélection.

Selon la CSN, les deux autres candidates intéressées par le poste se sont désistées.

La direction du CPE précise que le dossier est confidentiel, mais confirme que le poste a été attribué et que la personne concernée a été mise au courant de la décision lundi.

Le syndicat et la direction ont par ailleurs entamé les démarches en vue de la signature de la première convention collective du CPE. Les deux parties confirment que les pourparlers se déroulent bien pour l’instant.

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