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Au Canada, les personnes transgenres ont des besoins de santé non comblés

Le drapeau flotte devant la façade du bâtiment de l'assemblée législative de la Colombie-Britannique.

Le bleu fait référence aux garçons, le rose aux filles et le blanc aux personnes non binaires.

Photo : Radio-Canada / Mike McArthur

Mugoli Samba

De nombreuses personnes transgenres et non binaires estiment que les systèmes de santé ne répondent pas toujours à leurs besoins, selon le projet TransPulse Canada, qui a publié les résultats du premier sondage national sur le sujet.

Les chercheurs ont sondé 2873 Canadiens âgés de 14 ans et plus au courant de l’été 2019 en leur posant notamment des questions sur leur état de santé, leur logement et leur niveau d’éducation.

Ils ont permis aux participants de s'exprimer en ligne, au téléphone et par écrit. L'intervalle de confiance du sondage est de 95 %.

Selon l'enquête d'opinion, 45 % des répondants disent avoir eu un soin de santé ou plus non comblé l'année dernière. Ils sont même 12 % à déclarer que malgré un besoin médical, ils ont évité d'aller aux urgences en 2019 à cause de leur identité de genre.

Tami Starlight tient une pancarte et a un poing levé dans les airs.

Tami Starlight est membre de la Coalition contre l’antagonisme trans, basée à Vancouver.

Photo : Courtoisie : Coalition Against Trans Antagonism

Selon Tami Starlight, membre de la Coalition contre l’antagonisme trans à Vancouver, ces données illustrent le manque de compétences culturelles des prestataires de soins de santé, qui peinent à comprendre et à compatir avec la complexité de l'expérience transgenre.

Ils peuvent faire des interventions chirurgicales et des suivis pour les personnes trans, mais ils peuvent aussi avoir tous ces autres problèmes auxquels font face les personnes trans lorsqu’elles sont dans ces positions, explique-t-elle.

Tami Starlight parle de transphobie, mais aussi de grossophobie, d’habilisme, de racisme et de sexisme, accentués lorsque les patients sont transgenres et non binaires. Selon elle, ces conditions contribuent à la méfiance de certains du milieu médical, même en cas de besoin urgent.

Le rapport souligne également que près de 56 % des répondants ont évalué leur santé mentale comme étant moyenne ou mauvaise. Un répondant sur trois aurait songé au suicide au cours de la dernière année, et un répondant sur vingt aurait commis une tentative de suicide pendant la même période.

Ce n’est pas surprenant, dit Dominique Wakeland, une personne non binaire de Vancouver, ajoutant que le fait même d’être dans des environnements où les membres de cette communauté se font constamment incorrectement genrer pèse lourd sur la santé mentale.

Dominique Wakeland, portant des lunettes de soleil, en gros plan.

Selon Dominique Wakeland, de nombreuses personnes non binaires font face à des problèmes de santé mentale parce qu'elles doivent fréquenter des milieux qui n'acceptent pas les identités de genre variées au quotidien.

Photo : Courtoisie : Dominique Wakeland

Il faut toujours être à l'affût. Des fois, on travaille dans des environnements où on est la seule personne qui le remarque et on a la responsabilité constante de se défendre, de corriger les gens et de les éduquer, parce que nous sommes les seules personnes qui le remarquent, explique Dominique Wakeland. Ça a des effets marquants [sur la santé mentale].

Dominique Wakeland emploie des tests subtils pour déterminer si une personne est ouverte à discuter d’identités de genres variées ou non. Cette personne remarque souvent que ce n’est pas le cas et choisit parfois de se présenter comme étant cisgenre - une personne dont l'identité de genre correspond au sexe qui lui est assigné à sa naissance.

Dominique Wakeland a fait ce choix lors d’une visite récente chez un psychologue, mais croit sans doute que l’attention professionnelle reçue aurait été de meilleure qualité si les psychologues qui lui ont été présentés étaient confortables avec les concepts d’identité de genre variée.

Selon l'Association canadienne pour la santé mentale, l'inclusion sociale et le droit de ne pas être victime de discrimination et de violence sont deux déterminants importants de la santé et du bien-être mental, surtout pour les communautés marginalisées comme la communauté LGBTQ.

Ce n’est pas acceptable

Le programme Trans Care BC de l'autorité sanitaire de la Colombie-Britannique reconnaît que le manque de familiarité avec les réalités des personnes transgenres et non binaires peut contribuer à un manque de compétences culturelles chez certains prestataires de soins de santé.

drapeau transgenre

Marria Townsend estime qu'il est important pour les prestataires de soins de santé de développer leurs « compétences culturelles ».

Photo : Flickr / torbakhopper

Je crois que la plupart des programmes de formation professionnelle ne préparent pas adéquatement les prestataires de soins de santé à répondre aux besoins des patients trans et de diverses identités de genre, explique Marria Townsend, directrice médicale de Trans Care BC, qui n’est pas surprise par les données du rapport de TransPulse Canada.

Le programme tente de répondre au problème en offrant des formations aux professionnels de la santé. Il offre des modules en ligne, auxquels 1898 Britanno-Colombiens sont déjà inscrits, touchant à des thèmes précis comme la chirurgie affirmative du genre. Trans Care BC a également créé des fiches d’information sur le genre et les pronoms variés et offre du mentorat téléphonique aux prestataires de soins souhaitant améliorer leur offre de soins à cette clientèle spécifique.

L'équipe de chercheurs de Trans PULSE Canada.

L'équipe de chercheurs de TransPulse Canada est issue d'à travers le pays. Elle tente d'obtenir des données qualitatives et quantitatives sur la population transgenre et non binaire du Canada.

Photo : Facebook / @Trans PULSE Canada

Nous faisons tout ce travail pour réduire les barrières [d’accès] pour que les personnes transgenres et à identité de genre variées ne rapportent plus de soins de santé non comblés, ajoute Marria Townsend. Parce que ce n’est pas acceptable.

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