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François Legault a fait preuve « d’inconscience ou d’ignorance », selon Ghislain Picard

Le chef de l’Assemblée des Premières Nations Québec-Labrador (APNQL), Ghislain Picard, demande au gouvernement fédéral de tenir une réunion avec les premiers ministres provinciaux sur les enjeux touchant les Premières Nations.

Le chef de l’Assemblée des Premières Nations Québec-Labrador (APNQL), Ghislain Picard, demande au gouvernement fédéral de tenir une réunion avec les premiers ministres provinciaux sur les enjeux touchant les Premières Nations.

Photo : La Presse canadienne / Sean Kilpatrick

Ismaël Houdassine

Évocation d'une intervention de la Sûreté du Québec, mention de la présence d’armes d'assaut à Kahnawake, insistance pour une plus grande fermeté du fédéral, les déclarations de François Legault tout au long de la crise autochtone n’ont pas du tout plu à Ghislain Picard. Pour le chef de l’Assemblée des Premières Nations Québec-Labrador (APNQL), le premier ministre a fait preuve « d’inconscience ou d’ignorance » dans les circonstances.

« On a été très proche de vivre une autre crise d’Oka », déclare tout de go le chef Ghislain Picard en entrevue téléphonique avec Espaces autochtones. Il regrette du même coup le manque de dialogue de la part de Québec. Il rappelle que ni le premier ministre ni aucun membre du gouvernement de la CAQ n’a pris la peine de contacter l’APNQL pour trouver une solution à l’impasse.

« Je trouvais ironique de voir ces dernières semaines le gouvernement du Québec mettre autant d’espace sur l’annonce d’une nouvelle entente de quelques milliards de dollars avec la nation crie et en même temps, faire un pied de nez aux revendications de la nation Wet'suwet'en. Mais hormis dans les territoires conventionnés [ndlr : où vivent les nations qui sont signataires de la convention de la baie James], on sait très bien que ce qui s’est passé en Colombie-Britannique aurait pu se passer n’importe où Québec. »

Même si Ghislain Picard reconnaît que le gouvernement fédéral affiche en partie une bonne note quant à sa gestion de la crise – notamment le refus du premier ministre Justin Trudeau d’envoyer l’armée pour lever le blocus ferroviaire à Kahnawake – le chef de l’APNQL estime qu’il existe maintenant un besoin « urgent » d’aborder les questions des territoires et des ressources.

« Si l'on repousse à plus loin des situations qui sont amplement connues et documentées, il y a toujours un risque qu’éventuellement une nation ou une communauté frappe le mur de l’impatience avec les résultats que l‘on a vécus ces dernières semaines », a ajouté le chef Picard.

L'appel d'une réunion spéciale

À ce titre, l’APNQL, qui rassemble 43 chefs des Premières Nations au Québec et au Labrador, demande à Ottawa l’organisation d’une réunion extraordinaire avec tous les premiers ministres du Canada afin d’aborder les enjeux autochtones concernant les territoires et les ressources du pays. Le vrai nerf de la guerre, ajoute le chef.

« Tant qu’on va contourner la réalité de l’inaccessibilité des territoires et des ressources par les Premières Nations, on a toujours la crainte de voir surgir une nouvelle crise. Le meilleur exemple c’est Oka, dont le problème demeure entier, et ce, trente ans plus tard. »

Il est déjà prévu que les premiers ministres s’entretiennent avec les leaders de l’Assemblée des Premières Nations du Canada, de l’Inuit Tapiriit Kanatami et du Ralliement national des Métis jeudi à Ottawa. Le lendemain, ce sera au tour de Justin Trudeau de rencontrer ses homologues provinciaux. Toutefois, l’ANPQL souhaite que la réunion qu’elle réclame n’aborde que les enjeux des Premières Nations.

Dans un communiqué rendu public lundi, l’APNQL croit qu’une telle réunion permettra un véritable engagement de la part des politiques. « Nous avons une autre opportunité de retenir les leçons d’une situation qui n’était souhaitée par personne, incluant la nation Wet’suwet’en, et permettre une mise en commun de la bonne foi et de la volonté politique », peut-on d'ailleurs lire dans le communiqué.

Ghislain Picard met également le gouvernement Legault au défi. Selon le chef de l’APNQL, la question des territoires et des ressources concerne tous les paliers de gouvernement, aussi bien fédéral que provincial.

« On a vu des gouvernements qui se lançaient la balle à tour de rôle. Mais ce n’est pas en portant des œillères que l’on va trouver des solutions. Il faut regarder les choses telles qu’elles se présentent. Ces enjeux affectent tous les gouvernements. Or tout le monde réagit toujours trop tard », conclut Ghislain Picard.

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