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L'Italie entièrement placée en quarantaine

Giuseppe Conte lors d'une allocution.

Le président du Conseil italien, Giuseppe Conte, a dit vouloir protéger les plus faibles en étendant les mesures de protection contre le coronavirus.

Photo : Reuters / Ciro De Luca

Radio-Canada

La quarantaine annoncée samedi pour une bonne partie du nord de l'Italie est étendue à l'ensemble du pays : le président du Conseil italien, Giuseppe Conte, a indiqué lundi que les mesures d'urgence seraient donc appliquées sur tout le territoire. Toutes les écoles et universités sont fermées jusqu'au 3 avril, et tous les événements sportifs sont annulés.

C'est le décret « Restez chez vous » : le chef du gouvernement a soutenu que les Italiens ne devraient sortir de chez eux que pour aller travailler ou pour des raisons urgentes.

Les rassemblements publics sont aussi interdits, a fait savoir l'État.

M. Conte a dit vouloir « protéger les plus faibles ».

Il n'y a plus de temps à perdre. Les chiffres nous disent que nous avons une hausse importante des cas de contagion, des personnes hospitalisées en soins intensifs et hélas aussi des personnes décédées. Nous devons changer nos habitudes. Elles doivent changer maintenant, a-t-il déclaré.

Les transports publics demeureront cependant opérationnels, a souligné le chef du Conseil, afin de garantir la continuité économique.

Prisonniers en colère

Par ailleurs, six détenus de la prison de Modène sont morts lors de mutineries engendrées par la suspension des visites familiales décidée par le gouvernement italien pour contrer la progression du coronavirus.

La nouvelle, d'abord publiée par l’agence de presse Ansa et le Corriere di Bologna, a été confirmée par le directeur de l'administration pénitentiaire italienne, Francesco Basentini.

Il y a eu une série de rébellions à travers le pays, a-t-il confirmé lors d'une entrevue à la télévision. Selon lui, trois détenus sont morts à l'intérieur de la prison de Modène et trois autres ont rendu l'âme lors de leur transfert à l'extérieur.

Dans cet établissement carcéral situé au nord-ouest de Bologne, l’annonce de la suspension des visites aurait été accueillie par un incendie puis par une tentative d’évasion de plusieurs dizaines de prisonniers.

Cette tentative aurait été repoussée, rapporte le Corriere di Bologna, mais les émeutiers auraient réussi à entrer dans l’infirmerie.

Un policier italien repousse un homme devant la grille principale donnant accès à la prison.

Un policier italien repousse un parent d'un prisonnier italien qui proteste contre les mesures gouvernementales devant la prison de Modène.

Photo : Getty Images / AFP/PIERO CRUCIATTI

Selon Reuters, qui cite des sources au ministère de la Justice, deux des prisonniers morts à Modène ont succombé à des surdoses de médicaments, et un troisième a été trouvé inanimé sans que l'on connaisse la cause de son décès.

Des images diffusées par les chaînes de télévision italiennes montrent des véhicules de police et des camions de pompiers à l'extérieur de la prison, d'où s'élève une fumée noire.

Selon un syndicat de surveillants, le Sappe, la prison de Modène a été complètement détruite par les émeutiers.

27 prisons touchées

L’agence Ansa répertorie des troubles dans 27 prisons italiennes lundi. Le ministère italien de la Justice confirme que des incendies ont été allumés dans plusieurs prisons, provoquant d'importants dégâts.

À la prison San Vittore de Milan, dans le nord du pays, de multiples photos circulant sur les réseaux sociaux montrent des prisonniers qui ont réussi à grimper sur le toit. Certains ont brandi des banderoles pour demander d'être graciés.

Sept hommes sont sur un toit, les bras en l'air en signe de victoire.

Des prisonniers ont atteint le toit de la prison San Vittore de Milan lundi matin.

Photo : La Presse canadienne / AP/Antonio Calanni

Des détenus d'une prison de Foggia, à l’est de Naples, ont aussi réussi à s'échapper du périmètre de la prison, mais demeurent bloqués par la police, rapporte Ansa.

D'après le syndicat Sappe, deux gardiens de prison ont aussi été pris en otages à la prison de Pavie, dans le nord de l'Italie, mais ont été libérés grâce à une intervention de la police.

En vertu des mesures prises par le gouvernement, les prisonniers ne sont autorisés à s'entretenir avec des visiteurs que par téléphone ou d'autres moyens de communication à distance jusqu'au 22 mars.

Dès dimanche, un syndicat de la police pénitentiaire italienne, OSAPP, et une association italienne de visiteurs de prisons, Antigone, avaient signalé des mutineries à la prison de Modène et dans trois autres établissements carcéraux.

À la suite des modifications introduites par le gouvernement sur les visites en prison entre détenus et leurs familles, à cause du coronavirus, des protestations de détenus sont en cours dans les établissements pénitentiaires de Naples Poggioreale, Modène, Frosinone et Alexandrie, avait indiqué l’OSAPP.

Nous avons déjà averti de l'augmentation des tensions dans les prisons, et du fait que cela pourrait se terminer en tragédie, avait déclaré l'association Antigone dans un communiqué faisant état de ces révoltes de détenus.

Le nombre de décès liés au coronavirus en Italie est passé lundi à 463 morts, soit 97 de plus que la veille, selon les autorités. Le pays compte désormais 9172 cas confirmés de COVID-19 contre 7375 la veille.

Avec les informations de Ansa, Corriere di Bologna, Agence France-Presse, et Reuters

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