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Le rapport sur les centres d’injection prouve leur nécessité, selon des intervenants

Un toxicomane manipule une seringue.

Les centres d'injection supervisées donnent aux gens la possibilité de s'injecter en sécurité et sous la supervision de professionnels.

Photo : Getty Images / Spencer Platt

Radio-Canada

Alors que le rapport publié jeudi par le comité sur les centres de consommation supervisée (CCS) soulève des questions sur la présence de méthamphétamine dans les centres, des intervenants y voient la preuve qu’il faut y investir plus d’argent.

Selon les auteurs du rapport, il est anormal que des consommateurs de méthamphétamine aient recours aux services de centres créés pour éviter des surdoses mortelles d’opioïdes.

Le rapport soutient que la méthamphétamine compte pour près de la moitié des drogues consommées dans les CCS de la province.

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« C’est surprenant et ça semble être aux antipodes du but des centres, qui est de s’attaquer à la crise des opioïdes », soutient le vice-président du comité, Geri Bemister-Williams.

Selon lui, « l’utilisation de cette drogue conduit à l’agitation, à l’agressivité, à la paranoïa, à la psychose et suscite une augmentation de la prévalence de toutes sortes de comportements étrange, ajoutant au désordre social ».

« Le comité était inquiet, parce que ces centres ne sont pas pensés ni équipés pour s’occuper des consommateurs de méthamphétamine. »

Le rapport souligne que les consommateurs de cette drogue risquent moins de faire une surdose mortelle que les utilisateurs d’opioïdes, à moins que leur drogue ait été « altérée ».

Le comité formé à l’été 2019 avait pour mandat de voir les effets des centres de consommation supervisée de la province sur le taux de criminalité, l’ordre public, la valeur des propriétés et des commerces de leurs quartiers, sans s’intéresser à leur bienfaits potentiels sur les consommateurs.

Consommer des opioïdes sans le vouloir

Selon la Dre Bonnie Larson, une médecin travaillant auprès de personnes vulnérables à Calgary, le problème de la méthamphétamine est justement qu’elle est « altérée ».

Cette drogue est « très, très souvent » contaminée au fentanyl, donc « empoisonnée », précise-t-elle. 

L’infirmier Corey Ranger ajoute que les personnes qui ne consomment pas d’opioïdes sont encore plus à risque de mourir d’une surdose s’ils en prennent, parce qu’ils n’ont pas développé de tolérance à la substance.

L’autre problème, dit-il, est le contrôle de la qualité. « Comment voulez-vous qu’ils sachent que leur drogue a été altérée? C’est comme jouer à la roulette russe en espérant avoir fait le bon choix. »

Selon lui, il faudrait octroyer plus de ressources aux centres de consommation supervisée afin de pouvoir s’occuper des consommateurs de drogues comme la méthamphétamine.

« Ceux qui en prennent ont des symptômes de forte anxiété et des crises de panique. Il faut leur donner un environnement accueillant, leur parler calmement, contrôler l’affluence de gens autour et leur donner du temps et de l’espace », précise-t-il.

En faire plus

Il ajoute que la plupart des centres peuvent accueillir tous les modes de consommation, excepté l’inhalation.

« Donc en y pensant bien, ce que le rapport nous dit, c’est qu’on n’en a pas fait assez. Si on peut offrir des lieux d’inhalation, il y a moins de risque de faire une surdose ou d’attraper une maladie par injection. »

Pour la professeure associée en santé communautaire Rebecca Haines-Saah, de l’Université de Calgary, il est également important de considérer l’effet de la disparition potentielle des cendres sur la communauté.

« Qu’est-ce que ça ferait de voir des gens faire des surdoses? Si on ne soutient pas la consommation supervisée, on soutient la consommation non supervisée », croit-elle.

« Je crois qu’on verrait plus de personnes faire des surdoses en public, dans la rue, dans les toilettes des agences gouvernementales, des restaurants, des commerces. »

Avec les informations de La Presse canadienne

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