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De nouvelles mesures préventives pour lutter contre le coronavirus à Gatineau

Une cliente tient un bac d'épicerie et des contenants réutilisables.

Pour limiter la propagation du coronavirus, le Bulk Barn du Plateau à Gatineau n'accepte plus les contenants fournis par ses clients.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Refus des contenants réutilisables, interdiction des poignées de main ou encore annulation du concours « Déroule le rebord » au Tim Hortons... de nouvelles mesures préventives se multiplient pour contrer la propagation du coronavirus.

Les magasins Bulk Barn n’acceptent plus des contenants réutilisables fournis par ses clients. Citant les inquiétudes face à la COVID-19, le géant canadien de l'alimentation en vrac suspend son Programme de contenants réutilisables jusqu’à nouvel ordre.

Une lettre affichée sur la porte du magasin Bulk Barn du Plateau à Gatineau.

Le magasin Bulk Barn à Gatineau n'acceptera plus que ses clients se servent de contenants réutilisables pour faire leurs courses par souci de prudence face au coronavirus.

Photo : Radio-Canada

Cette décision ne fait pas l’unanimité chez ses clients à Gatineau.

Je trouve que c'est une décision non scientifique et non songée qui fait juste créer de la peur chez des gens, et des fausses informations à propos de la transmission du virus, a lancé Edith Gendron, une cliente de longue date de Bulk Barn.

Pour Carmen Chase, une autre cliente, cette mesure préventive était une mesure de trop. Je n’aime pas vraiment les sacs en plastique [fournis par Bulk Barn]. Pour l'instant, ça va arrêter mes achats avec cette entreprise, a-t-il commenté.

De son côté, l’organisme sportif Soccer Outaouais, qui dénombre environ 10 000 joueurs de tous les âges, a modifié les protocoles de ses matchs, vendredi dernier, pour interdire les poignées de mains entre les entraîneurs, arbitres et capitaines, et entre les joueurs à la fin des matchs.

Richard Gravel, le directeur général de Soccer Outaouais, se fait prendre en photo.

Le directeur général de Soccer Outaouais, Richard Gravel, espère que les nouveaux règlements auront un effet préventif sur la propagation de virus parmi les athlètes.

Photo : Radio-Canada / Yasmine Mehdi

Au lieu d’attendre que le monde soit malade, on tombe réellement dans la prévention. C’est simple en fin de compte, affirme le directeur général de Soccer Outaouais, Richard Gravel, qui a indiqué que l’organisme ne révisera pas ce nouveau protocole tant que le coronavirus ne sera pas sous le contrôle des autorités médicales canadiennes.

Sur le plan national, la chaîne de cafés Tim Hortons a annoncé cette fin de semaine que le concours annuel populaire Déroule le rebord n’aura pas lieu cette année. Le communiqué officiel qui en a fait l’annonce n'identifie pas le coronavirus directement, mais explique que l'environnement de santé publique actuel signifie que ce n'est pas le meilleur moment pour les membres de l'équipe [...] de récolter des gobelets qui ont été portés à la bouche des gens.

L'autre chaîne de café, Starbucks, dont le siège social est à Seattle, a aussi interdit temporairement les tasses réutilisables par crainte du coronavirus. Elle a pour politique d'offrir un rabais de 0,10 $ à tous les clients qui apportent leur propre tasse. La chaîne affirme qu'elle continuera d'honorer cette réduction, mais le client recevra simplement une tasse jetable à la place. Starbucks n'a pas précisé combien de temps la mesure serait en vigueur.

Ces mesures strictes sont nécessaires, dit un virologue

Pour Marc-André Langlois, professeur à l'Université d'Ottawa et titulaire de la Chaire de recherche du Canada sur la virologie moléculaire et l'immunité intrinsèque, ces mesures préventives sont raisonnables, voire nécessaires.

Dans un commerce où on peut toucher les mêmes aliments que les gens potentiellement infectés, ça devient problématique, explique le virologue.

Le virologue Marc-André Langlois se fait prendre en photo.

Virologue de l'Université d'Ottawa, Marc-André Langlois croit qu'il ne faut pas céder à la panique, mais que des mesures d'éloignement social et d'hygiène personnelle doivent être prises pour éviter de surcharger le système médical avec des cas de personnes infectées.

Photo : Radio-Canada / Yasmine Mehdi

Il estime que ces mesures restrictives auront des conséquences économiques [...] Mais pour le bien du grand public, le distancement social va être nécessaire.

Face à la croissance rapide et importante de cas de COVID-19 à l'échelle globale, ce professeur de l’Université d’Ottawa croit que la population doit s’autoresponsabiliser et changer ses habitudes afin de ne pas surcharger le système médical avec des cas de personnes infectées.

Il y a une responsabilité pour chaque individu.

Marc-André Langlois, professeur à l'Université d'Ottawa

Il estime qu’au Canada, on a le privilège d’avoir le temps de commencer à adopter ces mesures-là. On doit commencer à s'exercer à se laver les mains, ne pas toucher son visage, et à laver ses vêtements plus régulièrement.

A-t-on plus peur de la COVID-19 ou de l’inconnu?

Le professeur en psychologie à l'Université d'Ottawa, Jean-François Bureau, pense que c’est la nouveauté du coronavirus qui explique les réactions démesurées des individus, des entreprises et des organismes qui tentent de gérer le danger.

Jean-François Bureau à l'extérieur, une journée d'hiver. Il porte un manteau et une écharpe.

Le Dr Jean-François Bureau est professeur de psychologie à l'Université d'Ottawa. Selon lui, c'est l'incertitude face au coronavirus qui engendre autant d'anxiété.

Photo : Radio-Canada / Yasmine Mehdi

Selon lui, la mise en place de mesures préventives aura surtout l'effet de rassurer la population, plutôt que de la préserver en bonne santé.

Ce qui fait le plus de mal en ce moment, c’est l’anxiété, pas le coronavirus.

Jean-François Bureau, professeur en psychologie à l'Université d'Ottawa

On va prendre des mesures, finalement, on va se rendre compte qu’elles étaient exagérées ou inutiles. Mais en les prenant chaque jour qu’on n’a pas le coronavirus, on se dit que ça a fonctionné, explique le psychologue.

Malgré la peur de l’inconnu, ce dernier invite à se demander où se trouve la limite entre la prudence et l’irrationnel. Selon le psychologue, les médias sociaux contribuent beaucoup à la peur de ce nouveau coronavirus, et ajoutent de la pression sur l’incertitude.

Beaucoup de gens ont une intolérance à ne pas savoir ce qui va leur arriver, à ne pas savoir où est la source de la menace, avance-t-il.

Il croit que les personnes anxieuses vont mettre en place des balises dans leur vie — comme des mesures préventives draconiennes — pour tenter de gérer la menace qui pèse sur le plan mental.

Avec les informations de Yasmine Mehdi

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Ottawa-Gatineau

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