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Riyad court-circuite l'OPEP et augmentera sa production de pétrole en avril

Des flammes brûlent au sommet de deux cheminées, dans une raffinerie de pétrole.

L'échec des négociations entre l'OPEP et la Russie a poussé l'Arabie saoudite à abandonner une stratégie de soutien des prix pour adopter une stratégie de prise de parts de marché.

Photo : iStock

Reuters

L'Arabie saoudite, premier exportateur mondial de pétrole, prévoit d'augmenter sa production de brut à plus de 10 millions de barils par jour (BPJ) en avril, ont indiqué deux sources à Reuters dimanche.

Cette décision fait suite à l'échec des discussions entre l'OPEP et la Russie sur un nouvel accord d'encadrement de la production. Face à l'opposition de Moscou, le cartel pétrolier a riposté en supprimant toutes les limites à sa propre production.

Les sources ont indiqué à Reuters que la production de pétrole de l'Arabie saoudite en avril serait bien au-delà de 10 millions de BPJ, probablement à près de 11 millions de BPJ. Ces derniers mois, le royaume pompait 9,7 millions de barils par jour.

Riyad a par ailleurs annoncé samedi avoir réduit le prix de vente officiel pour le mois d'avril de toutes ses qualités de brut vers toutes les destinations.

Effet domino?

L'échec des négociations entre l'OPEP et la Russie a poussé l'Arabie saoudite à abandonner une stratégie de soutien des prix pour adopter une stratégie de prise de parts de marché, ce qui n'est pas sans rappeler la tactique mise en place en 2014 qui avait fait chuter les prix du brut d'environ deux tiers.

Le royaume n'est en guerre avec personne, mais il suit ses propres intérêts. Une fois que l'accord de production expirera [fin mars], tout le monde va relever la production, a indiqué une source à Reuters.

Nous nous attendons à ce que l'Arabie Saoudite, les Émirats arabes unis et d'autres grands pays producteurs de l'OPEP augmentent la production sur le reste de 2020 dans le cadre de leur retour à une stratégie de parts de marché, plutôt que de cible de prix.

Edward Bell, analyste sur les matières premières chez Emirates NBD

La stratégie de parts de marché fait peser des risques considérables sur les membres de l'OPEP, dont la situation budgétaire et la balance des paiements pourraient se détériorer. Les doutes sur la soutenabilité de la politique monétaire pourraient ressurgir, ajoute-t-il.

L'éclatement de l'alliance entre l'OPEP et la Russie a déjà provoqué un plongeon des cours du pétrole et des bourses du Golfe.

L'action Aramco a chuté de 9,1 % dimanche, sa plus forte baisse en une séance jamais enregistrée depuis l'introduction en bourse du géant pétrolier en décembre dernier. Le cours de l'action est tombé pour la première fois sous son prix de mise sur le marché.

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