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Cancer colorectal : dépister plus de gens, plus rapidement

Le reportage de Michel Marsolais

Photo : iStock / Raycat

Le cancer colorectal est l'un des cancers les plus mortels. Chaque année, environ 6800 Québécois reçoivent ce diagnostic dont l'issue sera fatale pour près du tiers d'entre eux. Mais un simple test de dépistage permet de détecter ce cancer dans les premiers stades et d’améliorer grandement les chances de survie. Un test que plusieurs hésitent encore à passer.

Chaque jour, 27 Canadiens meurent d'un cancer qui met encore bien des gens mal à l'aise. Le cancer colorectal a beau être le deuxième cancer le plus mortel au Québec, une majorité de Québécois hésite encore à passer ce test banal pour déterminer la présence de sang occulte.

Tout ce qui concerne le système digestif, son fonctionnement, ce qui en sort a toujours été un peu tabou. Mais il faut parler des vraies affaires. Faut savoir que c'est un cancer qui existe, que c'est un organe pas plus sale qu'un autre et faut avoir le courage d'aller faire son test même si ça implique des manipulations de selles, insiste la Dre Mélanie Bélanger, présidente de l'Association des gastro-entérologues du Québec

Le Dr Claude Rivard a de son côté eu la vie sauve grâce au test de dépistage FIT (Fecal Immunochemical Test), qui permet aussi d'éviter des colonoscopies inutiles.

Quand t'as été de l'autre côté du bureau, tu te rends compte que ce n'est plus la même chose. Il y a beaucoup de gens qui ont commencé à faire des tests FIT sur une base régulière et qui avant, n'en faisaient pas, ou n'insistaient pas auprès de leurs patients, mais on se rend compte que c'est important, dit le Dr Claude Rivard, atteint d’un cancer du côlon en 2016.

Plusieurs médecins  souhaiteraient rendre ce test de dépistage automatique, voire obligatoire, mais l'infrastructure fait encore défaut. Le test ne peut être offert en vente libre puisque le suivi doit être fait par un médecin, rappelle le Dr Rivard.

Un test négatif est une bonne nouvelle, mais il faut idéalement le repasser tous les deux ans, puisque le cancer peut apparaître assez rapidement. C’est le cas de Bernard Lachance, qui a passé plusieurs fois des tests pour vérifier la présence de sang occulte dans ses selles avant que l’un d’eux ne mène à tirer la sonnette d'alarme.

Ce [nouveau] test est beaucoup plus précis que l'autre était avant. Est-ce que ça avait commencé lentement et l'autre test ne l'avait pas détecté? Possible..., explique-t-il.

Ne pas trop attendre

Paule Laflamme a beaucoup de chance d'être encore en vie malgré un dépistage tardif. Son médecin ne jugeait pas le test nécessaire au début de la cinquantaine. Deux ans plus tard, le cancer s'était répandu en plusieurs endroits. Le succès de sa chirurgie tient du miracle.

Aujourd'hui, ça fait cinq ans et demi. Je suis ici pour passer un message d'espoir aux gens. C'est tout à fait simple, un petit deux minutes. C'est certains que ça se serait pas propagé à d'autres organes vitaux et de se faire annoncer qu'on va mourir, raconte-t-elle avec émotion.

Le chanteur Patrick Bourgeois, du groupe Les BB, est décédé des suites de ce cancer il y a quelques années. Son fils Ludovick veut que les familles puissent discuter du test.

« Ça fait en sorte que les jeunes ont envie d'en parler à leurs parents parce qu'ils n’ont pas envie que la même histoire se reproduise. La même histoire que la mienne » dit le jeune chanteur qui est maintenant porte-parole de la campagne de dépistage qui se déroule tout le mois de mars.

Pour les cancers du côlon détectés au premier stade de la maladie, le taux de survie après cinq ans est de 90 %.

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