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Des « laboratoires portables » canadiens pour freiner l'épidémie de COVID-19

Un employé dans un laboratoire

Un employé dans un laboratoire spécialisé dans le test d'acide nucléique sur la COVID-19.

Photo : Associated Press

La Presse canadienne

Des chercheurs canadiens tentent de mettre au point un « laboratoire portable » qui permettrait de diagnostiquer plus rapidement et à moindre coût les cas du nouveau coronavirus, en particulier dans les régions éloignées du monde.

Le projet a reçu 1 million de dollars du Centre de recherches pour le développement international dans le cadre d'un investissement de 27 millions de dollars dans la recherche sur le coronavirus annoncé vendredi par le gouvernement fédéral.

La technologie mise au point par Keith Pardee, professeur adjoint de pharmacie à l'Université de Toronto, vise à permettre aux personnes vivant dans des régions éloignées de tester le virus très rapidement. Xinyu Liu, professeur agrégé d'ingénierie à l'Université de Toronto, travaille à rendre cette technologie « portable ».

Le but est de créer un labo qui rentrerait dans un conteneur destiné au transport de marchandises. Celui-ci contiendrait le matériel pour effectuer 14 000 tests de la COVID-19.

Ce que nous essayons de faire, c'est de rendre cette technologie plus accessible à l'échelle mondiale, a déclaré M. Pardee.

L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a lancé une mise en garde contre le risque de propagation du virus dans des pays incapables de le détecter chez les patients, ce qui pourrait provoquer une épidémie mondiale encore plus importante. Keith Pardee espère que cette initiative pourra aider à freiner l'épidémie.

De tels laboratoires pourraient également être utiles ici au pays, dans les collectivités éloignées du Nord, par exemple, ou aux points d'entrée.

Dans des endroits comme le Canada, notre technologie serait mieux adaptée aux lieux décentralisés, comme les aéroports, et peut-être dans les pharmacies de quartier.

Keith Pardee, professeur adjoint de pharmacie à l'Université de Toronto

Keith Pardee a travaillé avec ce type de technologie pour la première fois en 2014, lors de son postdoctorat, ce qui lui a permis, ainsi qu'à ses collègues chercheurs, de fabriquer des capteurs en papier pour détecter certaines maladies. L'équipe avait testé la technologie avec le virus Zika et avait validé les diagnostics lors d'essais sur des patients avec des équipes au Brésil, en Équateur et en Colombie.

L'argent de la subvention servira à rendre cette technologie accessible à des personnes sans compétences scientifiques particulières.

Une fois terminé, le laboratoire portable pourrait être réutilisé pour répondre aux futures pandémies potentielles dans un délai de seulement quelques semaines.

Quatre équipes travaillent sur différents volets de l'initiative, y compris des équipes de pneumologues viraux au Vietnam et au Brésil qui se concentreront sur les tests des patients.

L'investissement fédéral de 27 millions de dollars appuiera 47 équipes de recherche de partout au Canada qui s'emploieront à accélérer l'élaboration, la mise à l'essai et l'application de mesures visant à gérer l'éclosion de COVID-19.

Il s'agit de s'assurer que le Canada est en mesure de participer à cette recherche qui se déroule à l'échelle mondiale, que des solutions canadiennes soient en cours d'élaboration, a déclaré vendredi la ministre fédérale de la Santé, Patty Hajdu, à Montréal.

Les coronavirus (CoV) constituent une vaste famille de virus pouvant provoquer des affections diverses, allant du simple rhume à des maladies plus graves. Certains coronavirus se transmettent d’un animal à l’autre, certains, d’un animal à une personne et d’autres, d’une personne à l’autre.

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