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Washington s'oppose à une déclaration soutenant l'accord russo-turc sur la Syrie

Des soldats autour d'un monument.

Des soldats syriens dans la ville de Saraqib, dans le nord-ouest de la province d'Idlib

Photo : afp via getty images / -

Radio-Canada

Au lendemain de la signature de l’accord russo-turc instaurant un cessez-le-feu dans la région d’Idlib, dans le nord-ouest de la Syrie, les Américains se sont opposés à une déclaration de l’ONU appuyant l'entente.

À la demande de la Russie, les membres du Conseil de sécurité de l’ONU se sont réunis vendredi pour être informés des détails de l’accord signé jeudi à Moscou entre le président russe Vladimir Poutine et son homologue turc Recep Tayyip Erdogan.

Moscou souhaitait que l’accord soit appuyé par une déclaration commune des 14 membres du Conseil de sécurité.

Cependant, Washington s’est opposé à une déclaration commune en avançant qu'une telle initiative était « prématurée ».

De son côté, l'ambassadrice du Royaume-Uni, Karen Pierce, s’est interrogée sur la viabilité de cet accord. Qui va contrôler ce qu'il se passe à l'ouest d'Alep et, plus important, le gouvernement syrien a-t-il approuvé formellement [l’accord, NDLR]? Va-t-il appliquer les dispositions du cessez-le-feu?, a-t-elle souligné.

Selon un communiqué de la présidence syrienne, vendredi, le président Bachar Al-Assad s'est dit satisfait de l’accord.

Pour sa part, l’ambassadeur allemand, Christoph Heusgen, s’est dit préoccupé par les millions de gens qui souffrent là-bas et a affirmé que son pays voudrait que le cessez-le-feu s’étende jusqu'à des zones de sécurité dans lesquelles les gens pourraient revenir et survivre.

Bataille russo-américaine au Conseil de sécurité

Pour la Russie, Washington s’est opposé à la déclaration dans le but de faire adopter rapidement au Conseil de sécurité une résolution, en cours de négociation, entérinant l'accord conclu le 29 février entre les Américains et les talibans pour l'Afghanistan.

Les Russes ont clairement laissé entendre qu'ils allaient s'y opposer, selon des diplomates ayant assisté à cette réunion tenue à huis clos.

Plusieurs pays ont accueilli favorablement l'accord de cessez-le-feu, a relevé après la réunion et devant des journalistes Vassily Nebenzia. Nous voulions une déclaration, mais à cause de la position d'une délégation, cela n'a pas été possible, a-t-il regretté.

Des pays européens ont proposé des amendements au texte, mais la Russie a refusé d'entrer dans de longues négociations, selon des diplomates.

Le texte russe, qui comptait cinq points, débutait par une réaffirmation de l'intégrité territoriale de la Syrie et soulignait que les membres du Conseil accueillent favorablement les résultats du sommet russo-turc de jeudi.

La proposition russe admettait qu'il ne peut y avoir de solution militaire au conflit et encourageait tous les acteurs concernés à appliquer pleinement le cessez-le-feu tout en affirmant que la solution passe par un processus politique dirigé par les Syriens sous l'égide de l'ONU.

Le cessez-le-feu tient pour le moment

La région d’Idlib a connu une journée d’accalmie vendredi après l’entrée en vigueur du cessez-le-feu. Aucun avion de guerre n'a été observé dans les airs.

À Damas, l'agence de presse officielle Sana a indiqué que le calme régnait sur l'ensemble de la région.

La trêve doit mettre fin à une escalade des affrontements depuis décembre entre le régime syrien, appuyé par son allié russe, et les rebelles qui contrôlent la région d’Idlib.

Cette escalade a provoqué des dizaines de morts. Des centaines de milliers de civils ont dû fuir la région vers la frontière turque.

Selon l'accord, Moscou et Ankara organiseront à partir du 15 mars des patrouilles communes sur une large portion de l'autoroute M4, un axe crucial pour Damas, reliant Alep (nord) à Lattaquié (ouest) en passant par la région d'Idlib.

Le Programme alimentaire mondial (PAM) a regretté que l’accord ne prévoie pas une zone de sécurité pour les déplacés.

Depuis 2011, le conflit syrien, qui implique plusieurs groupes armés et une multitude d’acteurs régionaux et de puissances internationales, a fait plus de 380 000 morts.

Avec les informations de AFP, et AlJazeera.net

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