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Trois femmes aux passions inusitées

De gauche à droite, Sophie Couture, athlète de rodéo, Valérie Saucier, haltérophile, et Roxanne Marcoux, pompière volontaire.

Pour souligner la Journée internationale des femmes, notre équipe est allée à la rencontre de trois femmes bien particulières. De gauche à droite, Sophie Couture, athlète de rodéo, Valérie Saucier, haltérophile, et Roxanne Marcoux, pompière volontaire.

Photo : Radio-Canada / Julie Préjet & Lyssia Baldini

Julie Préjet
Prenez note que cet article publié en 2020 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

La Journée internationale des femmes est soulignée aujourd'hui partout au monde. C'est une journée qui met de l'avant la lutte pour les droits des femmes, notamment la réduction des inégalités par rapport aux hommes. Dans ce contexte, notre équipe est allée à la rencontre de femmes en Alberta qui ont des métiers et des loisirs étonnants.


Sophie Couture, âgée de 22 ans, a déménagé dans l’Ouest à l’automne afin de poursuivre son rêve de faire du rodéo. Elle fait des compétitions de course de barils avec sa jument, Miley, depuis l’âge de 16 ans. Son objectif est de se qualifier pour le fameux Stampede de Calgary.

Sophie Couture, à droite, et sa jument Miley devant un champ en hiver.

Sophie Couture et sa jument, Miley, ont déménagé en Alberta pour poursuivre sa passion pour le rodéo.

Photo : Radio-Canada / Julie Préjet

Qu'est-ce qui vous a amenée à faire ce sport?

« Je ne viens pas d’une famille qui est dans le monde du rodéo. C’est vraiment la passion des chevaux qui m’a amenée à aller voir le rodéo de St-Tite au Québec. À ce moment-là, quand j’ai vu la discipline de course de barils pour femmes, ça m’a vraiment fait une étincelle et je savais que c’est ça que je voulais faire dans le monde équestre. J’ai commencé à travailler à l’âge de 13 ans. Chaque dollar, chaque cent que j’ai eu, je l’ai mis de côté pour pouvoir acheter mon cheval, pour aller faire les rodéos. À 16 ans, je partais toute seule et j’allais faire les exhibitions avec ma jument. Ça a été difficile pour moi, mais je pense que ce qui m’a amené à aller dans l’Ouest, c’est justement que ça n’a jamais été facile. Il fallait toujours que je travaille plus fort pour obtenir ce que je voulais. »

Donc des choix difficiles?

« C’est sûr que c’est des choix difficiles, mais je pense si tes rêves sont assez grands pour faire ces changements, ça montre que tu es prête à monter de niveau. J’ai toujours habité chez mes parents, et j’étais dans ma zone de sécurité. Mais en venant ici, j’ai dû trouver une place où habiter, trouver une place pour mon cheval, trouver un emploi, changer de langage aussi, puisque je ne maîtrisais pas l’anglais à 100 % quand je suis arrivée ici. C’est très difficile, mais en même temps, les gens autour de moi m’aiment assez pour comprendre l’impact des choix que j’ai faits pour déménager ici. Au contraire, ils me poussent vraiment à me surpasser et à vouloir donner le meilleur de moi-même. »

Sophie Couture et sa jument font le tour d'un baril lors d'une compétition

Sophie Couture participe à des compétitions de course de baril depuis l'âge de 16 ans.

Photo : Dan West Photographie

Quelle est votre aspect préféré de ce sport?

« C’est vraiment la complicité avec l’animal. C’est un sport d’équipe. Il faut avoir une bonne attitude parce que le cheval va le ressentir. Il faut être à l’écoute de ce que notre animal va nous dire, s’il a du mal, s’il est stressé, parce que les animaux nous parlent beaucoup. On doit rendre ça agréable, il faut que ça soit autant amusant pour moi que pour mon cheval de participer à des compétitions, si je veux avoir un bon résultat. C’est aussi un sport qui est intéressant pour les femmes parce que je trouve qu’on est tellement sensible. On peut comprendre leurs émotions et je pense que c’est pour ça que ça pourrait intéresser les femmes à exceller dans ce sport, étant donné qu’il y a vraiment une bonne complicité avec l’animal. »


Valérie Saucier est en Alberta depuis près de 10 ans, mais elle a seulement commencé à faire de l’haltérophilie il y deux ans. Après seulement deux saisons, elle s’est qualifiée pour les championnats nationaux qui se dérouleront au printemps. Elle souhaite éventuellement participer à des compétitions mondiales et aux compétitions panaméricaines.

Valérie Saucier assise sur un banc dans un centre sportif.

En plus d'être athlète d'haltérophilie, Valérie Saucier est aussi une entraîneuse dans un centre sportif à High River, au sud de Calgary.

Photo : Radio-Canada

Qu’est-ce que vous aimez le plus de l’haltérophilie?

« J’aime vraiment me donner des buts, des objectifs, et travailler pour les atteindre. C’est vraiment excitant de voir à quel point je peux lever lourd. Sentir la barre qui bouge au-dessus de notre tête, c’est vraiment spécial comme sentiment. Je pense que l’haltérophilie c’est un sport à découvrir. Les femmes ne devraient pas hésiter à l'essayer et ne devraient pas avoir peur parce que c’est des poids lourds. C’est un sport pour tous, tant pour les jeunes que pour les plus vieilles. »

Qu’est-ce vous pensez de voir plus de femmes qui pratiquent ce sport?

« J’aime que ça va défaire le stéréotype qu’on a des femmes au niveau du cardio, qui veulent toujours perdre du poids, ou être sur les tapis roulants ou les appareils de cardio. Je trouve qu’on a beaucoup de bienfaits à avoir un bon musculaire. [La peur d’être trop musclée] est encore vraiment présente. On voit encore les mythes de femmes qui pensent qu'elles vont venir au gym, puis qu’après une session vont devenir très musclée. Mais il faut qu’on réalise que c’est beaucoup de travail, que les femmes qu’on voit qui font ces compétitions font beaucoup d’heures de travail par jour, par semaine. Les femmes qui viennent deux ou trois fois par semaine n’atteindront pas ça. »

Valérie Saucier lève une barre à disques au-dessus de sa tête.

En plus d'être athlète et entraîneuse, Valérie Saucier est aussi maman de deux garçons.

Photo : Radio-Canada / Julie Préjet

Comment encouragez-vous d’autres mamans à venir essayer ça?

« C’est vraiment typique, mais c’est de prendre du temps pour soi. Mes entraînements sont écrits dans mon agenda. J’ai la chance aussi d’avoir la salle des enfants ici, donc c’est de trouver un gym qui répond à ses besoins, puis de vraiment mettre l’entraînement dans son agenda. Je dis ça, mais ça arrive des fois, si mes enfants n’ont pas dormi la nuit, ou s’ils sont malades, c’est certain que mon entraînement prend le bord, puis la priorité reste mes enfants. Mais j’ai trouvé un gym où je peux amener mes enfants. Il y a d’autres mamans, on s’entraide, si je suis en train lever des poids, et mes gars pètent une crise, les autres mamans vont s’en occuper. On a vraiment une belle communauté ici. »

Qu’est-ce que vous aimeriez dire aux femmes qui sont intimidées par le sport?

« Si on n’essaie pas, on ne saura jamais. Il faut aller de l’avant et l’essayer et je ne pense pas qu’elles vont le regretter. C’est sûr qu’elles vont être raquées un peu! Mais à long terme, on devient accro à ça. J’ai beaucoup de femmes dans mon groupe qui disent : "J’avais hâte de venir, je m’ennuyais!" C’est donc de ne pas avoir peur, peu importe ce qu’on veut faire, et de foncer. De toute façon, qu’on le fasse ou qu’on le fasse pas, il va avoir du monde qui vont juger et qui vont dire : tu ne devrais pas faire ça, alors il faut juste pas les écouter, foncer et faire ce qu’on aime! »


Roxanne Marcoux, 27 ans, est à Drayton Valley, au sud-ouest d’Edmonton, depuis près de sept ans. Le jour, elle est opératrice de machineries lourdes et des bulldozers, mais la nuit, elle travaille aussi comme pompière volontaire.

Roxanne Marcoux debout devant son bulldozer avec un casque de protection dans les mains.

Le jour, Roxanne Marcoux conduit son bulldozer pour déneiger ou déterrer des terrains.

Photo : Radio-Canada / Lyssia Baldini

Qu’est-ce qui vous a inspirée à faire ce métier?

« J’ai commencé sur de plus grosses machines, comme des gros camions de 400 tonnes. Dans une grosse machine comme ça, on se sent vraiment vraiment ‘badass', en vrai, c’est le mot. On se sent aussi comme si on avait plus de pouvoir. Être dans une machine comme un bulldozer, c'est vraiment gratifiant. C'est passionnant parce qu'on apprend tous les jours, on peut toujours se pousser plus, on peut toujours performer mieux. Donc, je dirais que c'est vraiment une passion. Chaque jour, on ne se sent pas comme si on allait travailler, c’est comme on allait jouer dans un carré de sable. »

Avez-vous vécu des défis, en tant que femme, dans votre métier?

« Quand on commence, le plus grand défi c’est vraiment de se prouver tous les jours. Il y a moins de préjugés qu’avant, quand j’ai commencé, mais il y en a toujours. On entend souvent des commentaires comme : “Ah, c’est toi qui conduis ça?” Et je leur réponds non, la job s’est faite toute seul! Des fois, je fais des blagues un peu comme ça avec les gens, et ils se rendent compte de leur commentaire. Personnellement, ça me donne encore plus le goût de pousser et de me forcer parce que je veux prouver qu’on est capable de faire la job. Je trouve aussi qu’on est souvent meilleure que les gars, parce qu’on fait plus attention! »

Roxanne Marcoux devant les camions dans une caserne de pompier.

Le soir, Roxane Marcoux est aussi pompière volontaire.

Photo : Radio-Canada / Lyssia Baldini

Vous êtes aussi pompière volontaire, est-ce un autre métier difficile?

« En tant que pompière, il y a beaucoup de défis, mais il y a de plus en plus de femmes qui font ce métier. Je dirais qu'il y a à peu près la moitié de notre équipe est faite de femmes. La seule chose c'est que c'est sûr qu'on n'a pas la même force que les hommes. Des fois, ça peut être un défi pour nous, comme avec les boyaux d’eau, c’est très pesant. Donc sur le côté physique il faut se dépasser. Il y a aussi le côté peur. Par exemple, monter sur une échelle, pour moi, j’ai dû vaincre une de mes peurs, parce que j’ai peur des hauteurs. J’ai encore peur des hauteurs, mais j'apprends tous les jours à vaincre ma peur. »

Quel est votre message pour les autres femmes qui hésitent à faire un métier comme le vôtre?

« Je dirais à n'importe quelle femme, qui a un peu d'intérêt dans ce domaine, mais qui ne sait pas par où commencer : vas-y, fonce. Dans le fond, si tu choisis de juste travailler dans un bureau, ça peut être gratifiant parce qu’il y a quand même des objectifs et des buts dans chaque métier. Mais si ça t'intéresse, fais-le. Ça vaut vraiment la peine. Je dirais de continuer, même si tu penses que ça ne marche pas après un mois ou deux, jusqu’à ce que tu sois capable, et n'abandonne pas. C’est comme ça que j’ai été élevée, je ne vais pas abandonner quelque chose jusqu’à ce que je ne me sois pas dépassée dans ce domaine. Tu vas te sentir comme si tu avais un impact dans le monde. »

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