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L'« histoire d'immigration positive » d'un entrepreneur syrien, désormais citoyen canadien

Hussein Qarqouz sert un client

En signe de reconnaissance pour l'aide dont il a bénéficié depuis son arrivée au Canada, Hussein Qarqouz a décidé d'offrir des rabais de 25 % pendant deux jours sur tous les produits qu'il vend.

Photo : Radio-Canada / Bienvenu Senga

Une semaine après avoir reçu sa citoyenneté canadienne, une famille d’origine syrienne propriétaire d’un restaurant à Sudbury décide d’offrir des rabais à ses clients et de la nourriture gratuite aux démunis en guise de reconnaissance. Son parcours est qualifié d’« histoire à succès » pouvant même servir d’exemple dans la promotion de l’immigration francophone.

Pour Hussein Qarqouz, l’initiative s’inscrit dans une volonté de redonner à la communauté de Sudbury qui [l’] a beaucoup aidé depuis son arrivée en 2015 comme réfugié.

Pendant la période des Fêtes l’an dernier, il avait déjà servi plusieurs dizaines de repas à des personnes dans le besoin. Mais il indique que devenir citoyen canadien le 28 février dernier l’a rempli d’un nouvel élan de reconnaissance envers sa communauté. Il a donc décidé d’offrir des rabais vendredi et samedi pour l’entièreté de ses produits.

Après quatre ans, j’ai travaillé fort et je me sens bien à Sudbury. Le Canada m’a beaucoup aidé. J’avais peur dans mon pays, j’ai été en prison, j’ai tout perdu dans mon pays [d’origine]. Les gens aiment ma nourriture, je me suis dit que je pouvais aider davantage de personnes, note-t-il.

Je suis canadien maintenant. C’est merveilleux. Je me sens en sécurité ici avec ma famille. Les gens sont très sympathiques.

Hussein Qarqouz, propriétaire du restaurant Damascus
IMG-3141

Hussein Qarqouz et trois de ses fils ont obtenu leur citoyenneté canadienne le 28 février. Son fils cadet, qu'il porte dans ses bras, est né au Canada.

Photo : Soumise par Hussein Qarqouz

Le parcours de la famille Qarqouz rend très heureux le Sudburois Roger Pile qui, avec d’autres membres de l’église unie St Andrew’s de Sudbury, a parrainé Hussein Qarqouz, son épouse et ses trois premiers enfants.

Nous avons fourni beaucoup d’efforts pour les amener au Canada, mais toute la famille a fait beaucoup de travail elle-même pour s’intégrer à la communauté si rapidement et ouvrir un restaurant, affirme-t-il.

Un homme qui porte des lunettes et un manteau bleu

Roger Pile fait partie de l'équipe qui a parrainé la famille Qarqouz.

Photo : Radio-Canada

C’est intéressant parce que nous sommes chrétiens et [Hussein Qarqouz] est musulman. Nous n’avions pas d’attente qu’il change et ça montre que peu importe la religion, des gens bons sont des gens bons et ils peuvent s’entraider.

Roger Pile, membre de l’équipe qui a parrainé la famille Qarqouz

Une source d’inspiration pour l’immigration francophone

Déjà pâtissier en Syrie, Hussein Qarqouz a d’abord travaillé dans une boulangerie locale à son arrivée à Sudbury avant d’ouvrir son propre commerce.

La famille n’a bénéficié d’aucune aide gouvernementale supplémentaire au moment du démarrage de son entreprise, outre un appui financier du gouvernement fédéral pendant sa première année au Canada. Des partenaires communautaires ainsi que des commerçants locaux l’ont toutefois soutenue à de nombreuses occasions.  

Selon le coordonnateur du Réseau de l’immigration francophone du Nord de l’Ontario, Thomas Mercier, cet exemple démontre que l’entrepreneuriat est une clé importante de l’intégration des nouveaux arrivants et que les promoteurs de l’immigration francophone peuvent s'en inspirer.

Ça nous a vraiment permis d’inspirer l’équipe du Réseau pour inciter les nouveaux arrivants francophones à mieux connaître les opportunités d’entrepreneuriat autant privées, comme la Société économique de l’Ontario, que collectives, comme le Conseil de la coopération de l’Ontario, souligne-t-il.

Non seulement c’est une occasion pour eux de trouver un emploi et de faire valoir leur capital intellectuel et social acquis dans leur pays, mais c’est aussi un moyen de tisser des relations sociales et de créer un point d’ancrage dans leur communauté.

Un homme avec des lunettes regarde l'objectif.

Thomas Mercier est coordonnateur du Réseau de l'immigration francophone du Nord de l'Ontario.

Photo : Facebook / Carrefour francophone

Il ajoute que de telles histoires d’immigration positives peuvent aussi permettre de résoudre le problème de rétention des immigrants auquel sont confrontées les régions rurales et les petites communautés. Des ateliers où de tels parcours seront racontés sont d’ailleurs prévus dans le cadre du projet de communautés francophones accueillantes, dont fait partie le Grand Sudbury.

Les histoires à succès, ça a un petit quelque chose qui fonctionne bien. C’est bien beau de mettre des grandes lignes, des grandes et belles phrases, des grandes théories, mais lorsqu’on a quelques histoires à succès à présenter aux nouveaux arrivants, ça peut vraiment les motiver, les pousser dans le bon sens, comme ça peut avoir un effet de sensibilisation sur la population locale.

Thomas Mercier, coordonnateur du Réseau de l’immigration francophone du Nord de l’Ontario
Un homme debout dans l'entrée d'un bâtiment

Hussein Qarqouz a ouvert son commerce en 2018, plus de deux ans après son arrivée au Canada.

Photo : Radio-Canada / Joël Ashak

Pour sa part, Hussein Qarqouz dit avoir un message aux nouveaux arrivants qui contemplent une carrière en affaires, mais sont quelque peu hésitants.

C’est le Canada. Il faut juste travailler. Si vous le pouvez, oubliez votre vie antérieure, et travaillez fort, ça va aller. J’ai perdu ma maison dans mon pays [d’origine], j’ai acheté une maison ici. J’ai perdu mon commerce dans mon pays [d’origine], j’en ai ouvert un ici. Il faut juste travailler fort, conclut-il.

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