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Ottawa choisit l'entreprise informatique SAP pour remplacer le système de paye Phénix

Une illustration pour le système de paye Phénix.

Plus de 200 000 travailleurs ont été touchés de près ou de loin par les ratés de Phénix.

Photo : Radio-Canada

Agnès Chapsal

Le gouvernement fédéral a annoncé vendredi que l'entreprise informatique SAP l'aidera à mettre en place un nouveau système de paye pour les employés de la fonction publique, aux prises depuis quatre ans avec les ratés de Phénix.

SAP travaillera avec le gouvernement du Canada à un projet pilote visant à tester une éventuelle solution de RH [ressources humaines] et de paye en fonction des besoins réels du gouvernement en la matière, a indiqué le Secrétariat du Conseil du Trésor du Canada dans un communiqué.

Le vice-président responsable des services professionnels pour SAP dans l'est du Canada, Thomas Kerherno, ajoute que l'objectif de ce projet pilote est de définir les premiers pas de la solution et d'avoir une solution fonctionnelle.

L'entreprise travaillera aussi en étroite collaboration avec le cabinet d'audit et de conseil Deloitte, et la boîte de conseil et de technologies Accenture pour ce projet pilote.

SAP Canada, qui regroupe 3300 employés au pays, est une filiale de SAP SE, une entreprise européenne dont le siège social est en Allemagne. Elle conçoit et vend des logiciels de gestion intégrée.

Mais aujourd'hui, ça va bien au-delà de ça, on couvre [...] la finance, la logistique, les ressources humaines, l'expérience utilisateur et l'expérience client, a précisé M. Kerherno.

Trois entreprises — Ceridian, SAP et Workday — étaient en lice depuis juin 2019 pour régler les problèmes liés à la paye des fonctionnaires fédéraux.

Cette annonce fait suite à un processus d'évaluation rigoureux entrepris au cours des derniers mois auquel ont pris part trois fournisseurs qualifiés, peut-on aussi lire dans le communiqué.

La Secrétariat du Conseil du Trésor précise toutefois que les trois fournisseurs continueront de faire partie de la liste des fournisseurs qualifiés pour de prochains travaux sur les RH et la paye avec le gouvernement.

L'annonce d'aujourd'hui est une étape importante vers la mise en place d'une solution de nouvelle génération efficace, mieux adaptée à la complexité de la structure des ressources humaines et de la paye du gouvernement fédéral, a fait savoir la ministre du Gouvernement numérique, Joyce Murray, dans une déclaration écrite.

La stabilisation du système de rémunération [actuel] et le soutien des employés tout au long du processus sont des conditions essentielles pour une transition sans heurts et réussie vers un nouveau système de paye, a souligné pour sa part la ministre des Services publics et de l'Approvisionnement, Anita Anand, dans le même communiqué.

Un syndicat satisfait, un autre sur sa réserve

Le vice-président national de l'Institut professionnel de la fonction publique du Canada (IPFPC), Stéphane Aubry, se dit très content de la réponse du gouvernement fédéral.

Ça fait déjà presque deux ans que l'on demande au gouvernement de mettre de côté Phénix, de considérer l'option de remplacement et on s'attendait à une réponse dès le début de cette année, a-t-il souligné. Mais là, qu'ils aient officiellement décidé de prendre SAP comme premier projet pilote pour tester une solution de remplacement, on est très contents pour nos membres.

Un homme en entrevue à Radio-Canada.

Stéphane Aubry, vice-président national de l'Institut professionnel de la fonction publique du Canada

Photo : Radio-Canada

Selon M. Aubry, des fonctionnaires fédéraux connaissent déjà cette compagnie. SAP fait déjà affaire avec différents niveaux de gouvernement sur différents projets de la paye, de la gestion immobilière, de la gestion des acquisitions, des inventaires, explique-t-il.

On veut s'assurer que tout soit bien testé et qu'on soit sûrs à la fin d'avoir une solution qui va répondre aux besoins des fonctionnaires d'être payés à temps et d'avoir confiance dans le système de paye.

Stéphane Aubry, vice-président national de l'IPFPC

Le vice-président exécutif régional de l'Alliance de la Fonction publique du Canada (AFPC) pour la région du Québec, Yvon Barrière, juge aussi qu'il s'agit d'une bonne nouvelle, mais il déplore que son syndicat n'ait pas été suffisamment consulté.

Nous aurions aimé être consultés, il [le gouvernement] nous avait promis une consultation de tous les instants.

Yvon Barrière, vice-président exécutif régional de l'AFPC pour la région du Québec

Autre hic : l'absence, selon lui, d'un échéancier complet pour le remplacement du système de paye Phénix. Pour sa part, M. Kerherno n'a pas non plus connaissance d'un échéancier.

Rappelons que selon les chiffres avancés par la vice-présidente nationale exécutive de l'AFPC, Magali Picard, plus de 200 000 travailleurs ont été touchés de près ou de loin par les ratés de Phénix.

Avec les informations d'Audrey Roy

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