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Plan du Nouveau-Brunswick contre la pauvreté : décevant, selon un organisme

Une fillette assise devant un frigo vide.

Le Front commun pour la justice sociale est déçu du plan de réduction de la pauvreté du Nouveau-Brunswick.

Photo : Getty Images / chameleonseye

Radio-Canada

Le gouvernement du Nouveau-Brunswick a présenté jeudi son nouveau plan de lutte contre la pauvreté, qui vise à réduire de moitié le nombre de familles pauvres d'ici 2030. Ce plan oublie toutefois trois grands secteurs, déplore le Front commun pour la justice sociale, qui aurait aussi aimé voir plus de mesures concrètes pour endiguer le phénomène.

La troisième version de la stratégie Ensemble pour vaincre la pauvreté s’articule autour de trois axes : la sécurité du revenu, la coordination des programmes et des services, et un volet intitulé inclusion et collectivités saines qui cible les problèmes de santé mentale et de dépendances.

La province évoque notamment l'idée de créer des programmes alimentaires dans toutes les écoles et de mettre en place un service de guichet unique pour les services gouvernementaux.

C'était le plan le plus complet de la province en termes de pauvreté depuis l'adoption et la mise en œuvre du premier plan en 2009, affirme Stéphane LeClair, directeur général de la Société d’inclusion économique et sociale.

Stéphane LeClair, le 5 mars 2020.

Stéphane LeClair dit qu'il y a neuf priorités pour atteindre les objectifs de réduction de la pauvreté.

Photo : Radio-Canada

Un plan « trop vague »

Si le plan vise à réduire la pauvreté monétaire d'au moins 50 % d'ici 2030, la province a bien peu à offrir pour les dix prochaines années, selon le Front commun pour la justice sociale. L'organisme soutient que les mesures proposées sont trop vagues.

L’ensemble du plan est décevant, juge en effet Jean-Claude Basque, coordonnateur de l'organisme. Plusieurs problèmes sont soulevés, dit-il, mais ça manque de propositions concrètes.

Jean-Claude Basque sur le plateau de télévision du Téléjournal Acadie.

Jean-Claude Basque, coordonnateur du Front commun pour la justice sociale, le 5 mars 2020

Photo : Radio-Canada

Trois absents

Selon M. Basque, il y a trois grands absents dans le plan du gouvernement : le logement social, les services de garderie et le coût des médicaments.

Sur le plateau du Téléjournal Acadie, jeudi soir, M. Basque a rappelé que, pour les familles à faible revenu, les frais de garde des enfants représentent un coût énorme.

On ne propose pas un salaire minimum à 15 $, regrette-t-il par ailleurs. Son organisme recommandait de l’augmenter d’un dollar tous les ans pour qu’il atteigne ce seuil. Au contraire, on propose seulement un salaire minimum à la moyenne atlantique, dit-il.

Le Front commun pour la justice sociale est déçu du fait que le gouvernement n’a rien à dire au sujet de l’iniquité salariale entre les femmes et les hommes dans les secteurs public et privé.

Programme de déjeuners

Le directeur général de la Société d’inclusion économique et sociale observe que ce ne sont pas toutes les écoles qui ont un programme de déjeuners, ce qu'il estime important.

Nous voulons nous assurer que, lorsque nos enfants vont à l'école le matin, ils ont de la nourriture dans le ventre, car nous savons à quel point c'est important, dit M. LeClair.

Malgré les prétentions du gouvernement, Jean-Claude Basque estime qu’il n’y a, dans les faits, rien sur la sécurité alimentaire dans sa stratégie.

C'est beau de dire qu'on veut donner des déjeuners dans les écoles, mais ce n'est pas ça, la solution à la pauvreté, conclut Jean-Claude Basque. C'est de faire en sorte que les enfants puissent manger chez eux, [que leurs parents] aient un revenu assez adéquat pour qu'ils puissent manger chez eux et ne pas attendre d'avoir la charité dans les écoles.

Réduction de la pauvreté

De 2009 à 2018, le Nouveau-Brunswick a connu une diminution de 44 % de son taux de pauvreté, ce qui représente au total 46 000 personnes, selon les statistiques révélées dans le plan.

Dorothy Shepherd le 5 mars 2020.

Dorothy Shepherd, ministre du Développement social, dit que le nouveau plan de réduction de la pauvreté se base sur le travail des dix dernières années.

Photo : Radio-Canada

La ministre du Développement social, Dorothy Shepherd, soutient que le nouveau plan s'appuie sur le travail des 10 dernières années.

Je suis convaincue qu'en travaillant ensemble, nous pouvons faire une différence au Nouveau-Brunswick et je crois même que nous l'avons déjà fait, dit-elle.

La Société d’inclusion économique et sociale a reçu 25 000 commentaires de la part de 2500 participants dans le cadre d’un processus de consultations publiques à l’hiver et au printemps 2019.

Avec les renseignements de Marie-Hélène Lange

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