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Les minuscules bactéries d’une toute petite chenille s'attaquent au plastique

Un vers de cire.

Des chercheurs de l'Université de Brandon ont commencé à travailler sur ces vers de cire il y a trois ans.

Photo : Soumise par Christophe LeMoine

Chloé Dioré de Périgny

Les insectes mangeurs de plastique sont connus des scientifiques depuis quelques années, mais comment ces petites bestioles arrivent-elles à assimiler cette matière? Des chercheurs de l'Université de Brandon, au Manitoba, pensent avoir trouvé une explication en étudiant des vers de cire.

Ce serait des bactéries présentes dans l’organisme de ces petites larves blanchâtres qui les aideraient dans ce processus, selon l’étude publiée mercredi dans la section biologie du journal Royal Society.

Pour arriver à ces résultats, le professeur agrégé en biologie de l'Université de Brandon, Christophe LeMoine, a travaillé avec son collègue Bryan J. Cassone et trois étudiants.

Ils ont étudié pendant trois ans les variations du microbiote de ces chenilles en fonction de leur alimentation. Une partie des vers de cire étaient nourris de plastique, d’autres étaient privés de nourriture et le reste avait droit à leur alimentation habituelle, soit un mélange de miel et de cire.

Quand elles étaient nourries de plastique seulement, on a vu beaucoup plus de bactéries dans leurs intestins, ce qui suggère que ces bactéries aiment le plastique et prolifèrent quand on leur en donne, explique Christophe LeMoine.

Selon son hypothèse, ces bactéries se chargeraient de la première étape de dégradation de la matière. Une fois prédigéré, le plastique serait assimilé plus facilement par l’organisme de la chenille.

La nature en évolution

Pour le Dr LeMoine, cette capacité à digérer le plastique résulte d'une mutation de cet insecte, qui avait déjà une alimentation particulière.

Il n’y a pas beaucoup d’organismes qui mangent de la cire. Ces chenilles sont déjà habituées à manger des molécules complexes, alors elles ont sans doute réussi à avoir une sorte d'adaptation qui leur permet de casser les molécules de plastique.

Une chenille mange du plastique.

Le processus de dégradation du plastique prend environ 24 heures dans l'organisme de la chenille.

Photo : Soumise par Christophe LeMoine

Ce qui est super intéressant à propos de ces chenilles, c’est que le processus est vraiment accéléré par rapport aux autres espèces qui biodégradent le plastique, indique-t-il.

En 24 heures, selon ses observations en laboratoire, les petites larves commençaient à métaboliser la matière.

Une solution miracle au plastique?

Si les chercheurs se réjouissent de cette avancée, la marche est encore longue avant de pouvoir envisager de mettre un terme à la pollution plastique grâce à ces bestioles, nuance Christophe LeMoine.

Il faut être conscient que ces chenilles font un centimètre et 250 mg, c’est un tout petit truc. Il en faut déjà pas mal pour manger un carré de 5 cm sur 5 cm de plastique.

Dr Christophe LeMoine, professeur agrégé en biologie à l'Université de Brandon, co-auteur de l'étude

En comprenant comment cette digestion du plastique se fait dans l’organisme des chenilles, les chercheurs prévoient plutôt de reproduire ce concept en laboratoire, sans l’animal.

Mais pour cela, d’autres recherches sont encore nécessaires. La prochaine étape : comprendre les détails de ce processus de dégradation du plastique dans l'organisme de la chenille.

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Biologie