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La DPJ de l’Estrie mise sous tutelle après un nouveau cas de négligence

Le reportage de Benoît Ferradini

Radio-Canada

La Direction de la protection de la jeunesse (DPJ) du CIUSSS de l’Estrie-CHUS est mise sous tutelle pour une durée indéterminée, a annoncé, jeudi, le ministre délégué à la Santé et aux Services sociaux, Lionel Carmant.

On a investi 65 millions de dollars à la DPJ. Ça a permis l’ouverture de 52 postes en Estrie. Parmi eux, 47 ont été [pourvus] et on ne voit pas de résultats, explique le ministre Carmant en entrevue avec Radio-Canada.

Le ministre regrette également que les listes d’attente ne diminuent pas en Estrie, malgré ces investissements.

La tutelle restera en vigueur jusqu’à ce que la situation se règle, soutient Lionel Carmant.

On croit qu’il y a un problème de gestion au niveau de la DPJ [en Estrie]. C’est pour ça qu’on l’a mise sous tutelle.

Lionel Carmant, ministre délégué à la Santé et aux Services sociaux

Ce dernier dit avoir été informé du nouveau cas de négligence à Granby jeudi matin. Mon cabinet n’avait pas été avisé. Je n’avais pas été avisé. Et pourtant, je suis allé à Granby en décembre, poursuit-il.

M. Carmant dit trouver la situation incompréhensible. Il tient à ce que les choses s’améliorent à la DPJ de l’Estrie avant le dépôt du rapport de la commission Laurent.

J’ai l’impression de revivre le film de l’an dernier. Avant qu’un drame arrive, j’ai décidé de mettre mon pied à terre.

Lionel Carmant, ministre délégué à la Santé et aux Services sociaux

Le CIUSSS de l'Estrie-CHUS n'a pas voulu commenter la décision du ministre Carmant.

La DPJ de l’Estrie de nouveau montrée du doigt

Cette décision survient alors que la DPJ de l’Estrie était de nouveau montrée du doigt, jeudi, pour sa gestion d'un cas de négligence, à Granby.

Une fratrie de quatre enfants de Granby a dû vivre dans des conditions insalubres pendant cinq mois alors que la Direction de la protection de la jeunesse de l’Estrie évaluait son dossier.

Dans une décision rendue en novembre dernier par un juge de la Chambre de la jeunesse de l’Estrie, on apprend que les enfants vivaient dans un appartement insalubre et encombré.

C’est clair que ce dossier-là a été échappé [...] il n’y a pas d’explication valable dans ce dossier de ce retard-là. Ça ne peut pas être justifié.

Robert Poitras, avocat mandaté pour défendre le droit des enfants

Selon les documents de la cour, les enfants ne mangeaient pas toujours à leur faim et l’école devait souvent leur fournir des repas. Les enseignants devaient parfois les laver avec des lingettes humides parce qu’ils étaient sales et sentaient l’urine ou les excréments.

Le premier signalement à la DPJ a eu lieu en février 2019. Il a toutefois fallu attendre en juillet pour qu’une intervenante de la DPJ se charge du dossier, puis le jugement n’a été rendu qu’en novembre, déplore l’avocat mandaté pour défendre le droit des enfants, Robert Poitras.

Le syndicat dénonce un manque criant des effectifs

De son côté, l'APTS-Estrie, le syndicat qui représente la majorité des travailleurs du centre jeunesse de l’Estrie, voit cette mise sous tutelle d’un mauvais œil. On espère toujours que ça n’arrive pas, une tutelle. Normalement, quand il n’y a pas de tutelle, c’est que ça va bien, avance Danny Roulx, directeur des relations de travail sur l'exécutif du syndicat.

Pour M. Roulx, la tutelle devra mettre en lumière le manque criant des effectifs à la DPJ qui devraient être en nombre suffisant pour offrir les services aux enfants. Quand on parle de nombre suffisant, ça signifie d’en attirer et d’en garder, poursuit-il.

Comme l’a rappelé le ministre Carmant, jeudi, 47 postes ont été comblés à la DPJ de l’Estrie depuis octobre dernier. Les 47 personnes qui ont eu les postes sont des gens qui travaillaient déjà à temps plein pour la DPJ, nuance toutefois Danny Roulx. Ça ne fait pas plus de personnes. Ça fait plus de postes.

M. Roulx croit que les conditions de travail devront être améliorées afin de retenir et d’augmenter les effectifs à la DPJ de l’Estrie. Ce n’est pas la course pour venir travailler à la DPJ actuellement. En DPJ, ce qu’il faut trouver, ce sont de meilleures conditions de travail, conclut-il.

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