•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Les Mohawks de Kahnawake libèrent les voies du CP

Un contenu vidéo est disponible pour cet article
Un homme transporte une palette de bois, un drapeau mohawk flotte tout près.

Les détails avec Normand Grondin.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Radio-Canada

Les manifestants mohawks lèvent leur barricade sur les voies du Canadien Pacifique (CP) et déplacent leur campement dans l'espace vert situé au pied du pont Honoré-Mercier.

Après avoir bloqué temporairement la circulation dans les deux sens sur la route 132 avec des camionnettes jeudi, en début d'après-midi, les manifestants ont envahi la route en tenant une banderole exprimant leur solidarité avec la nation wetʼsuwetʼen.

Une porte-parole a alors annoncé que le campement des manifestants serait déplacé des voies ferrées du CP, où la barricade entrave la route depuis près d'un mois, et se retrouverait désormais au pied du pont Honoré-Mercier. Un feu symbolique y sera entretenu par les manifestants.

Des Autochtones tiennent une banderole qui dénonce la construction de pipelines.

Les Mohawks ont défilé sur la route 132 pour souligner la levée du campement sur les rails du CP.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Dans un communiqué du Conseil de bande de Kahnawake, le grand chef Joe Norton a félicité les protecteurs de la terre qui n'ont jamais faibli dans leur message de soutien à leurs frères wet'suwet'en.

Assurant que le nouvel emplacement du campement des manifestants ne gênera pas la circulation, Joe Norton a expliqué que ce geste contribuera sans aucun doute à alléger la pression et à laisser aux Wet'suwet'en la possibilité d'examiner la proposition présentée par le Canada et la Colombie-Britannique.

Le feu a été déplacé de l'emprise du Canadien Pacifique vers un nouvel emplacement le long de la route 138 près du pont Mercier. Le nouvel emplacement, bien que très visible, ne perturbera pas la circulation.

Extrait du communiqué du Conseil de bande de Kahnawake

Même en 2020, il semble qu'il faille une crise pour que les gouvernements s'engagent réellement. Nous avons plaidé pour un dialogue significatif dans l'intérêt de la paix et de la sécurité de tous les peuples, poursuit le grand chef Norton.

Ce geste de bonne volonté de la part des Mohawks était très attendu après un siège qui aura duré 27 jours sur les rails du Canadien Pacifique.

À Listuguj, en Gaspésie, les Micmacs ont aussi levé leur barricade sur les voies ferrées du gouvernement du Québec.

Se disant satisfait du dénouement, le premier ministre du Québec François Legault a déploré les effets négatifs qu'ont eus ces blocages sur les usagers du transport en commun et sur l’économie.

Il faut trouver des solutions pour que ça ne se reproduise plus.

François Legault, premier ministre du Québec
Un homme projette une planche de bois devant plusieurs hommes.

Les manifestants mohawks ont déplacé leur campement au pied du pont Honoré-Mercier.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Les manifestants avaient fait preuve d'une première ouverture mercredi en permettant à du personnel du CP d’inspecter le tronçon de rails obstrué par divers matériaux.

Les Mohawks bloquaient les voies depuis le 8 février dernier en guise de soutien aux chefs héréditaires de la nation wetʼsuwetʼen, en Colombie-Britannique, qui s’opposent au passage de l’oléoduc de Coastal GasLink.

Une femme tient un enfant dans ses bras.

Une femme et son enfant, après l'annonce de la levée de la barricade à Kahnawake.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Le ministre Miller satisfait

La fin des blocages ferroviaires au Québec satisfait le ministre fédéral des Services aux Autochtones, Marc Miller. C'est quelque chose que nous attendions avec impatience, mais encore fallait-il avoir ce processus communautaire, soit à Listuguj, soit à Kahnawake, pour que la communauté puisse finalement décider de ce qui a été ratifié en territoire wet'suwet'en, dimanche dernier, a-t-il déclaré lors de son passage sur le plateau de 24/60, sur les ondes d'ICI RDI.

Selon le ministre, d'ailleurs, les contacts étaient fréquents entre les diverses nations ayant établi des blocages sur les voies de chemin de fer, ainsi qu'avec les Wet'suwet'en, en Colombie-Britannique.

La notion de contact a ainsi été essentielle pour s'assurer du bon déroulement des échanges entre les Premières Nations et le gouvernement fédéral, a précisé M. Miller, qui échangeait lui-même régulièrement avec la communauté de Kahnawake, que ce soit les chefs héréditaires ou les chefs du conseil de bande.

C'est d'autant plus important en période de crise [...]. Ça ne veut pas dire que nous étions sur la même longueur d'onde, mais pour résoudre la crise de façon pacifique, il faut se parler.

Marc Miller, ministre des Services aux Autochtones

Toutes les industries doivent savoir que des peuples autochtones revendiquent leur territoire, et qu'un consensus doit être établi de la bonne façon, sinon les tribunaux interviendront, juge encore le ministre Miller. Et ce n'est pas parce qu'Ottawa a rejeté l'idée d'une intervention en force que les blocages sont appelés à se multiplier.

Au contraire, pour moi, l'utilisation de la force, qui est un signe de faiblesse, [mène à un] genre de crise [qui] va se répéter jusqu'à ce qu'on arrive à un point d'ébullition qui va caractériser notre identité nationale, a soutenu M. Miller.

Pas de reprise immédiate des trains de banlieue

Chez exo, où la circulation du train de banlieue de la ligne Candiac est suspendue depuis le 10 février, la porte-parole Catherine Maurice a déclaré que la circulation des trains de la ligne Candiac sera rétablie le plus rapidement possible, mais que des autorisations du CP sont nécessaires avant de remettre les trains en marche.

Le service de navette par bus sera maintenu vendredi, même si les trains recommencent à circuler sur la ligne Candiac, a précisé la porte-parole d'exo.

Exo diffusera un communiqué de presse lorsque le CP lui aura donné le droit de circuler à nouveau sur les rails.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !