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La DPJ de l'Estrie blâmée pour sa lenteur dans un cas de négligence

Un enfant essuie ses yeux en serrant un animal en peluche.

Quatre enfants d'une même famille ont vécu dans des conditions insalubres pendant des mois.

Photo : iStock

Radio-Canada

Une fratrie de quatre enfants de Granby a dû vivre dans des conditions insalubres pendant cinq mois alors que la Direction de la protection de la jeunesse de l’Estrie évaluait son dossier.

Dans une décision rendue en novembre dernier par un juge de la Chambre de la jeunesse de l’Estrie, on apprend que les enfants vivaient dans un appartement insalubre et encombré. Trois des enfants dormaient sur le même matelas à deux places, sale et sans draps. Une douzaine de chiens vivaient dans l’appartement et leurs excréments se retrouvaient jusque sur les matelas. Il y avait de la vaisselle sale couverte de moisissures qui traînait, l’électricité avait été coupée.

Selon les documents de la cour, les enfants ne mangeaient pas toujours à leur faim et l’école devait souvent leur fournir des repas. Les enseignants devaient parfois les laver avec des lingettes humides parce qu’ils étaient sales et sentaient l’urine ou les excréments.

Le premier signalement à la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ) a eu lieu en février 2019. Il aura toutefois fallu attendre en juillet pour qu’une intervenante de la DPJ prenne en charge le dossier, puis le jugement n’aura été rendu qu’en novembre, déplore l’avocat mandaté pour défendre le droit des enfants, Robert Poitras.

Me Poitras ne s'explique pas les délais dans ce dossier. « C’est clair que ce dossier-là a été échappé [...] il n’y a pas d’explication valable dans ce dossier de ce retard-là. Ça ne peut pas être justifié » lance l’avocat qui, en 38 ans de carrière, considère cette affaire comme l’un des pires dossiers de négligence.

Dans le jugement, on peut lire que « le tribunal partage l’étonnement de l’avocat des enfants quant aux premières recommandations de la directrice à l’effet de maintenir les enfants à la maison avec un suivi social. » L’intervenante ne changera ses recommandations et ne demandera un placement que le 1er novembre après une visite d’un inspecteur des incendies qui met en garde contre la dangerosité de l’appartement.

La juge Pascale Berardino indique dans son jugement que le tribunal doit rarement faire face à une situation de négligence aussi importante et à tous les niveaux.

Les enfants, âgés de 5 à 11 ans au moment des faits, ont été placés en famille d’accueil pour une période de six mois. La DPJ réévaluera leur dossier au cours du mois de mars.

Questionné sur ce cas précis pour savoir si des accusations pourraient être portées contre les parents, le Directeur des poursuites criminelles et pénales a fait savoir par courriel qu' avant tout dépôt d'accusation, un examen minutieux de la preuve doit être effectué, ce que le DPCP n'est pas en mesure de faire actuellement, aucun dossier ne nous ayant été transmis relativement audit événement.

Le CIUSSS de l’Estrie-CHUS ne commentera pas. Il laisse plutôt le ministre délégué à la Santé et aux Services sociaux, Lionel Carmant, réagir plus tard aujourd'hui.

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