•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Près de 300 millions d’écoliers en congé forcé en raison du coronavirus

« L'ampleur et la rapidité de la perturbation actuelle de l'éducation au niveau mondial sont sans précédent », estime l'UNESCO. Ces fermetures « pourraient menacer le droit à l'éducation » si elles se prolongeaient.

Un jeune garçon joue au ballon devant un stade protégé par un grillage.

Un jeune garçon joue au ballon devant le stade San Paolo de Naples, après que le gouvernement italien a annoncé mercredi la fermeture de toutes les écoles et universités du pays jusqu'au 15 mars.

Photo : Reuters / Ciro De Luca

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2020 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

L’Iran a emboîté le pas à l’Italie en décrétant jeudi la fermeture de toutes ses écoles et universités pour un mois dans l’espoir d’empêcher une plus importante propagation du nouveau coronavirus, qui fait des ravages dans le pays.

En Inde, le gouvernement local de New Delhi a également suivi le mouvement en fermant les portes de toutes ses écoles primaires jusqu'au 31 mars par mesure préventive, et ce, même si le pays est loin d’être parmi les plus touchés par l’épidémie de COVID-19.

Selon l'Organisation des Nations unies pour l'éducation, la science et la culture (UNESCO), 22 pays ont maintenant fermé en tout ou en partie des établissements d’enseignement préuniversitaires, laissant en plan 290,5 millions écoliers.

Cela inclut plus de 233 millions de Chinois, 16 millions de Japonais, 14 millions d’Iraniens, 9 millions d'Italiens, 7 millions d’Irakiens et 4 millions de Sud-Coréens fréquentant des maternelles ou des écoles primaires et secondaires.

Il s’agit d'un chiffre sans précédent, estime la directrice générale de l’organisation, Audrey Azoulay, qui souligne que ces mesures ont tendance à toucher davantage les enfants les plus défavorisés.

« Si les fermetures temporaires d'écoles pour cause de crise sanitaire ou autre ne sont malheureusement pas nouvelles, l'ampleur et la rapidité de la perturbation actuelle de l'éducation au niveau mondial sont sans précédent et, si elles se prolongent, pourraient menacer le droit à l'éducation. »

— Une citation de  Audrey Azoulay, directrice générale de l'UNESCO

L'UNESCO a convoqué pour le 10 mars une réunion d'urgence des ministres de l'Éducation des États membres pour partager les réponses et les stratégies visant à maintenir la continuité de l'apprentissage et à assurer l'inclusion et l'équité.

Selon les plus récents chiffres révélés jeudi par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), le coronavirus a infecté 95 265 personnes et fait 3281 victimes. La Chine demeure de loin le pays le plus touché, devant la Corée du Sud, l’Italie et l’Iran.

L’Association internationale du transport aérien (AITA) a estimé jeudi que les transporteurs aériens risquent de subir cette année des pertes de revenus allant de 63 à 113 milliards de dollars américains.

Plusieurs pays doivent en outre prévoir l'incidence de la maladie sur leurs prévisions budgétaires. L'Italie a par exemple annoncé un plan de 7,5 milliards d'euros (11 milliards de dollars canadiens) pour faire face à l'épidémie. Cela augmentera le déficit d'environ 0,3 % en 2020.

L'Italie a enregistré 41 nouveaux décès liés au coronavirus dans les dernières 24 heures, portant le total à 148 morts, selon le plus récent bilan fourni jeudi par la Protection civile.

Le nombre de cas confirmés dans le pays est passé de 3089 à 3858, soit une hausse de près de 25 %; 414 de ces personnes sont déjà guéries, soit 138 de plus que la veille.

Les Iraniens invités à ne pas voyager

En Iran, 591 nouveaux cas de COVID-19 ont été dépistés au cours des dernières 24 heures, un nombre comparable à celui déclaré mercredi (586) pour un total de 3513 cas, a annoncé jeudi le ministère de la Santé.

Un travailleur iranien vaporise un désinfectant sur un banc public près de nombreux taxis jaunes.

Un travailleur iranien vaporise un désinfectant sur un banc public d'une station de taxis de Téhéran.

Photo : Reuters / Wana News Agency/Nazanin Tabatabaee

La maladie, qui peut causer une pneumonie mortelle dans les cas les plus graves, surtout chez les personnes âgées ou ayant déjà des problèmes de santé, a maintenant fait 107 morts dans le pays, soit 15 de plus que la veille.

Le ministère souligne cependant que le taux de guérison augmente, puisque 739 Iraniens ont guéri de la maladie.

L'Iran, pays à éviter

Affaires mondiales Canada recommande désormais aux Canadiens d'éviter tout voyage en Iran en raison des restrictions de voyage imposées à la suite de la propagation du coronavirus. Il est de plus en plus difficile de quitter le pays, indique le ministère. Plusieurs des 34 cas de COVID-19 recensés au Canada l'ont été chez des personnes revenant d'Iran.

Le nouveau bilan a été annoncé après que le ministre de la Santé iranien, Saïd Namaki, eut annoncé la fermeture de toutes les écoles du pays. Jusqu'ici, seules les écoles de certaines provinces avaient fermé leurs portes.

Les écoles et universités de la République islamique devaient normalement fermer le 19 mars pour les vacances du Nouvel An persan, qui durent cette année jusqu'au 3 avril.

Ces congés sont normalement une occasion pour les Iraniens de voyager dans le pays, mais le ministre Namikia invite plutôt les citoyens à prendre les avertissements du gouvernement au sérieux et à rester chez eux cette année.

« Les gens ne doivent pas considérer [la fermeture des établissements d'enseignement] comme une occasion de voyager. [...] Ce virus est très contagieux. C'est sérieux. Ne jouez pas avec ça. »

— Une citation de  Saïd Namaki, ministre de la Santé de l'Iran

La fermeture des écoles en Inde est plus surprenante, dans la mesure où le pays de 1,3 milliard d'habitants ne compte officiellement que 30 cas de COVID-19.

Il appert cependant que le deuxième cas probable de la maladie au Québec a été détecté chez une personne qui revenait d'un voyage en Inde.

Une « longue liste » de pays mal préparés pour affronter l'épidémie

À Genève, le directeur général de l'OMS, le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, a déploré jeudi le fait qu'une longue liste de pays n'en font pas assez pour combattre le coronavirus.

« Ce n'est pas un exercice. Ce n'est pas le moment d'abandonner, ce n'est pas le moment de trouver des excuses, c'est le moment d'y aller à fond. »

— Une citation de  Tedros Adhanom Ghebreyesus, directeur général de l'OMS

Le Dr Tedros a notamment plaidé pour que les pays ne confient pas la lutte contre le COVID-19 aux seuls ministres de la Santé, mais qu'ils fassent aussi participer leurs collègues à la sécurité publique, aux transports, au commerce, à l'économie, etc.

Zweli Mkhize, debout au Parlement de l'Afrique du Sud.

Le ministre sud-africain de la Santé, Zweli Mkhize, a confirmé jeudi un premier cas de COVID-19 dans le pays. Il s'agit d'un homme de 38 ans revenu d'Italie.

Photo : Reuters / Sumaya Hisham

Parmi les autres éléments à retenir de la conférence de presse de l'agence onusienne, notons :

  • il est possible que des personnes asymptomatiques transmettent le coronavirus, mais il n'y a aucune raison de croire qu'il s'agit d'un facteur de transmission majeur. Si cela était le cas, il y aurait beaucoup plus de cas qu'à l'heure actuelle;
  • la découverte que le chien d'une femme atteinte du coronavirus a été déclaré positif à la maladie et placé en quarantaine à Hong Kong n'est pas une source d'inquiétude; l'OMS ne croit pas que les animaux soient un facteur de transmission majeur;
  • rien n'indique que l'arrivée du beau temps dans les pays de l'hémisphère nord changera la façon dont le virus se propage. L'été pourrait même accroître le risque de transmission, puisqu'il s'agit d'une saison plus propice aux grands rassemblements;
  • les modèles prévisionnels avançant que la maladie pourrait toucher de 40 % à 70 % de la population mondiale doivent être considérés avec prudence. La baisse du niveau de risque dans 20 provinces chinoises tend même à infirmer ces prévisions.

Plus de 3000 morts en Chine

Le bilan des personnes qui ont succombé au coronavirus en Chine continentale a franchi la barre des 3000 morts avec 31 nouveaux décès, ont annoncé jeudi matin les autorités chinoises.

Jusqu'à maintenant, au moins 3012 personnes ont péri en Chine (sans compter Hong Kong ni Macao) depuis l'apparition de l'épidémie en décembre à Wuhan, capitale de la province centrale de Hubei. La plupart des décès (2305) ont été enregistrés dans cette métropole.

La quarantaine à laquelle Wuhan et sa province sont soumises depuis la fin de janvier, ainsi que la limitation des voyages dans le pays, semblent porter leurs fruits, car on y observe une tendance à la baisse des nouveaux décès ces dernières semaines.

Par ailleurs, on compte 139 nouvelles contaminations, soit un peu plus que la veille (119), pour un total de 80 409 cas confirmés, selon la commission nationale de la santé. Seuls cinq des nouveaux cas ont été répertoriés en dehors de Hubei.

6000 personnes infectées en Corée du Sud

Les autorités sud-coréennes ont annoncé jeudi 145 nouveaux cas de COVID-19. Cela porte le total du nombre de personnes infectées à 5766 dans le pays, soit le plus grand nombre de cas après la Chine.

Trois nouveaux décès ont été enregistrés, portant le bilan à 35 morts, selon les Centres coréens pour le contrôle et la prévention des maladies (KCDC).

À ce stade, 36 pays ont imposé une interdiction totale d'entrer sur leur territoire aux personnes ayant récemment séjourné en Corée du Sud, a indiqué le ministère sud-coréen des Affaires étrangères.

Près de 90 % des cas sud-coréens ont été répertoriés dans la ville de Daegu (sud), qui compte plus de 4300 cas confirmés, et dans la province voisine de Gyeongsang.

En cause, la propagation très importante de la maladie au sein de l'Église Shincheonji de Jésus, une organisation religieuse accusée par certains d'être une secte, à partir d'une adepte qui avait assisté à plusieurs cérémonies religieuses en février à Daegu.

Par ailleurs, les séjours touristiques en Cisjordanie, où un état d'urgence de 30 jours a été décrété, sont désormais interdits, et la basilique de la Nativité à Bethléem, lieu de naissance de Jésus selon la tradition chrétienne, est fermée.

Des touristes, dont certains portent des masques, marchent à l'extérieur de la basilique de la Nativité.

À Bethléem, en Cisjordanie, la basilique de la Nativité est le plus récent site historique à être fermé aux touristes en raison du coronavirus. Elle sera fermée jusqu’au 20 mars.

Photo : Getty Images / AFP/AHMAD GHARABLI

Israël ayant interdit l'accès à son territoire aux ressortissants de plusieurs États européens, le groupe aérien Lufthansa a décidé de suspendre tous ses vols vers ce pays à partir du 8 mars.

Et, en quelques semaines, les masques, gels désinfectants, gants ou combinaisons de protection sont devenus des denrées rares.

En France, trois hommes ont été arrêtés pour avoir tenté de vendre 40 000 masques périmés d'origine inconnue.

Nombreux sont les États à adopter des décrets pour interdire l'exportation du matériel médical.

Avec les informations de Agence France-Presse, et Reuters

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !