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Initiations au Collège St-Michael de Toronto : le dernier accusé plaide l'innocence

Des parents d'élèves devant une école.

Les parents d'élèves se sont rendus à l'école pour rencontrer les responsables de l'établissement scolaire, vendredi, à 14 h et à 18 h.

Photo : Radio-Canada / Farrah Merali

Jean-Philippe Nadeau

À Toronto, la vidéo incriminante de l’une des initiations au collège St-Michael’s a été présentée pour la première fois mercredi au premier jour du procès du dernier accusé dans cette affaire devant un tribunal de la jeunesse.

Avertissement : ce texte contient des détails de nature sensible et explicite

Le mineur, qu'on ne peut identifier, a plaidé non-coupable à six chefs d'accusation d'agression sexuelle, de voie de fait et de voie de fait avec une arme contre deux anciens camarades lors de deux initiations à l'automne 2018.

La vidéo, très courte mais très troublante, a été projetée à la cour devant les yeux ébahis du public dans le prétoire.

On voit une illustration judiciaire qui dépeint la procureure Erin McNamara et le détective Daniel Sunghing.

La procureure Erin McNamara (à droite) et le détective Daniel Sunghing (debout) présentent le balai qui a été retrouvé dans le vestiaire de l'école.

Photo : Radio-Canada / Pam Davies

On y voit durant 22 secondes un groupe d'adolescents en train d'agresser sexuellement un jeune avec un balai dans le vestiaire du prestigieux établissement privé le 7 novembre 2018. Un tonnerre de cris et de hurlements accompagne les images.

Les images sont filmées à partir d'un téléphone cellulaire en position verticale seulement, si bien qu'il est difficile de distinguer tous leurs visages. La vidéo avait été mise en ligne sur les réseaux sociaux à l'époque.

Le détective chargé de l'enquête qui témoigne à la barre explique que son équipe a utilisé la vidéo de la caméra de surveillance de l'escalier qui mène aux vestiaires pour comparer les accoutrements des jeunes et les uniformes de ceux qui jouaient dans l'équipe de football ce jour-là.

Certains suspects seront donc identifiés grâce à leur numéro de dossard, d'autres avec leurs chaussures de sport et ainsi de suite.

On voit une illustration judiciaire de l'avocat de la défense Geary Tomlinson et de son client.

L'avocat Geary Tomlinson regarde la vidéo de surveillance de l'escalier menant aux vestiaires. Son client non identifié est à ses côtés.

Photo : Radio-Canada / Pam Davies

Le jeune accusé, qui est très grand pour ses 16 ans, n'apparaît pas sur ces images, mais la Couronne est convaincue qu'il s'agit de celui dont on voit seulement les avant-bras et le profil.

Le détective Daniel Sunghing explique que le gabarit de l'individu et la couleur de la peau ont permis de faire le rapprochement avec l'accusé et de l'identifier. On le voit en train d'aider les autres jeunes à maintenir la victime au sol, ajoute-t-il.

M. Sunghing ajoute que les vidéos de la caméra de surveillance de l'escalier montrent l'accusé entrer dans les vestiaires à 18 h 32 et en sortir à 18 h 43.

La victime en sort elle aussi une minute plus tard seulement. On la voit en train d'ajuster son pantalon sur ses hanches, poursuit le détective Sunghing.

On voit le détective Daniel Sunghing quitter le tribunal après son témoignage.

Le détective Daniel Sunghing est le premier témoin à charge de la Couronne à témoigner dans ce procès.

Photo : Radio-Canada / John Lesavage

L'avocat de la défense, Geary Tomlinson, soutient au contraire qu'on ne peut reconnaître son client dans la vidéo, ce qui l'innocente du crime dont on l'accuse. Il demande d'ailleurs à ce que cette vidéo soit exclue comme pièce à conviction.

L'adolescent est aussi accusé relativement à une seconde initiation, le 17 octobre 2018, dont ne possède qu'une photo tirée d'une autre vidéo de deux secondes seulement. Le cliché est à son tour projeté à la cour sur grand écran.

Dans son contre-interrogatoire, Me Tomlinson souligne que son client n'a pu prendre part non plus à cette séance de bizutage, parce qu'il n’était pas à l'école ce jour-là.

On voit le tribunal de la jeunesse de Toronto.

Le tribunal de la jeunesse de Toronto, où se tient le procès.

Photo : Radio-Canada / Christopher Langenzarde

L'avocat cite les documents de l'agence de transport GO qui montrent que l'accusé était en route vers la maison dans les transports en commun à 17 h 30, soit environ à la même heure à laquelle la seconde agression a eu lieu. Cela prouverait que mon client ne peut se trouver à deux endroits en même temps, avance-t-il.

Le détective Sunghing répond à la barre qu'il est facile d'échanger sa carte Presto avec un autre jeune, puisque ces laissez-passer ne comportent aucune photo ni aucune identité.

L'audience a été ajournée au premier avril.

L'accusé est le seul des sept anciens élèves de l'école à se défendre dans cette affaire. Quatre jeunes ont déjà été condamnés l'an dernier à différentes périodes de probation après leurs aveux de culpabilité.

Les accusations ont été abandonnées pour ce qui est des deux derniers mineurs qui avaient été accusés dans un premier temps.

Il est interdit de tous les nommer en vertu de la loi sur les jeunes contrevenants.

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