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Cannabis : 30 % de moins pour le marché noir selon Ottawa

Du cannabis dans un petit bol près d'un billet de 50 dollars canadien.

Un entrepreneur en cannabis est échaudé par les interactions avec les institutions bancaires.

Photo : iStock / stockstudioX

Depuis la légalisation du cannabis, les parts de marché des vendeurs illicites ont fondu de près du tiers, selon le gouvernement canadien. Ottawa avance aussi que la consommation chez les jeunes n'a pas augmenté.

Plus d'un an après la légalisation, le Canada tente de rassurer ses partenaires internationaux. Une haute fonctionnaire a présenté des données préliminaires cette semaine à la 63e Commission des stupéfiants des Nations-Unies qui se déroule à Vienne.

Dans la déclaration d’ouverture du Canada, Michelle Boudreau de Santé Canada a déclaré que le marché illicite perd du terrain depuis la légalisation du cannabis.

Le marché noir a déjà perdu 30 % de ses parts et nous n'avons pas constaté d'augmentation parallèle de la taille globale du marché.

Michelle Boudreau, Santé Canada

Selon les estimations de Michelle Boudreau, cela représente 2 milliards de dollars de moins dans les poches d'organisations criminelles.

Ces informations démontrent tout de même que les vendeurs illicites occupent toujours une place significative au Canada et que plusieurs années pourraient s'avérer nécessaires pour rendre leurs activités marginales.

Consommation chez les jeunes

Selon des données préliminaires, la représentante canadienne affirme que le taux de consommation chez les jeunes et les jeunes adultes demeure inchangé. L'ancienne ministre de la Santé, Ginette Petitpas-Taylor, a déclaré que cela constituait une mesure de succès à ses yeux.

Le gouvernement canadien assure n'avoir constaté aucune augmentation du transport illégal de cannabis aux frontières jusqu'à maintenant.

Michelle Boudreau a précisé que le Canada allait continuer à recueillir les données pertinentes au cours des prochaines années.

Le Canada critiqué

La réforme canadienne touchant le cannabis a été mal accueillie par l’Organe international de contrôle des stupéfiants des Nations Unies. Le Canada est accusé de violer ses obligations internationales concernant les stupéfiants.

Dans une déclaration en 2018, l'organisme a prévenu que la légalisation du cannabis à usage non médical est une violation de la Convention unique sur les stupéfiants ratifiée en 1961 et vient miner le cadre international de contrôle des drogues ainsi que le respect d'un ordre international fondé sur des règles.

Cette semaine, à Vienne, d'autres pays n'ont pas hésité à montrer le Canada du doigt sans le nommer en raison de ses politiques encadrant le cannabis.

La Russie rejette la légalisation de stupéfiants, a déclaré un délégué russe en plénière.

Un représentant japonais s'est déclaré inquiet de l'augmentation du nombre de pays qui ont légalisé le cannabis à usage non médical.

Un groupe d’experts de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a d'ailleurs soumis une proposition officielle lors de la commission pour que la classification du cannabis et ses dérivés soit revue selon le droit international, ce à quoi certains pays ont réagi avec une vive opposition.

Un représentant de la Gambie a exprimé son « opposition totale » à cette idée, prétextant que le cannabis est la drogue causant le plus de problèmes de criminalité dans son pays.

Impossible de savoir pour l'instant si la légalisation du cannabis aura un effet néfaste sur la campagne du Canada pour obtenir un siège au Conseil de sécurité des Nations Unies, alors qu'il cherche des appuis.

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