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Des artistes franco-canadiens en mode séduction en Afrique

L'autrice ottavienne Djennie Laguerre s'envole vers la Côte d'Ivoire pour présenter son spectacle Manman la mer à l'un des événements culturels les plus importants du continent africain. Elle n'est pas la seule artiste à vouloir courtiser ce public. L'Afrique pourrait-elle devenir le nouveau el dorado des artistes franco-canadiens?

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L'autrice et comédienne ottavienne Djennie Laguerre présentera son plus récent spectacle à Abidjan.

Photo : Radio-Canada / Christelle D'Amours

Prenez note que cet article publié en 2020 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Le Québec et la France sont depuis longtemps des marchés convoités par les artistes franco-canadiens. Depuis quelques années, toutefois, ces derniers se tournent de plus en plus vers le continent africain pour élargir leurs publics.

Après avoir présenté son spectacle en première mondiale à Ottawa, le mois dernier, l'équipe de création de Manman la mer traverse l'Atlantique pour rencontrer un nouveau public francophone. Mais ce public n'est pas en France: il se trouve sur le continent africain.

Parce que c'est l'endroit où on parle le plus le français en ce moment, on ne va pas se le cacher, affirme Djennie Laguerre.

L’artiste et l'équipe du Théâtre Catapulte se rendront, à compter de jeudi, au Marché des arts du spectacle d'Abidjan, dans l'espoir d'y rencontrer des diffuseurs potentiels. Ce Marché bisannuel, qui se déroule du 7 au 14 mars cette année, s'avère l'un des plus importants événements culturels du continent africain.

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La directrice artistique et co-directrice générale du Théâtre Catapulte, Danielle Le Saux-Farmer

Photo : Radio-Canada

[Nous y allons] pour voir si il y a un intérêt pour une tournée sur le continent africain et même ailleurs au monde, explique Danielle Le Saux-Farmer. La directrice générale du théâtre Catapulte est celle qui a commandé Manman la mer en premier lieu.

Par le passé, Djennie Laguerre s’est rendue aux Antilles pour présenter les versions en anglais de ses spectacles, dont Rendez-vous Lakay. Pour la première fois, l'autrice et comédienne voyage avec un spectacle en français vers un continent où il y a, selon elle, une effervescence et un public francophone à conquérir.

« Ils sont en pleine évolution. Tout le monde va là-bas. Si ce n'est pas au Ghana, c'est en Côte d'Ivoire, c'est au Mali. »

— Une citation de  Djennie Laguerre, autrice et comédienne

La demande est là...

Le musicien Yao, lui, est un habitué du territoire africain et a effectué plusieurs tournées là-bas, entre autres à Madagascar, en Algérie, au Maroc, en Tunisie ainsi qu'au Cap Vert. Il a été agréablement surpris. D’ailleurs, les invitations continuent d’affluer.

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En prestation au Gala des prix Trille Or : YAO

Photo : Gracieuseté du Gala des Prix Trille Or

Ce sont des gens qui sont intéressés et on constate un grand développement d'une classe moyenne qui consomme de la musique, qui consomme des spectacles, qui veut aller voir et qui veut découvrir ce qui vient d'ailleurs, souligne l’artiste hip-hop.

« Je me rappelle, en Tunisie, de m'être retrouvé dans une salle de 350 places et de voir la salle se remplir en amont du concert [...]. C’est quand même phénoménal, sachant que je ne suis pas un artiste connu en Tunisie. »

— Une citation de  Yao, auteur-compositeur-interprète

Cela dit, il reste encore beaucoup à mettre en place en Afrique pour bien accueillir les artistes franco-canadiens. Tu es un peu toujours à la course, en train de créer toi-même ton propre réseau et de mettre en place ta propre tournée, cite en exemple Yao.

... mais restent des défis de taille

L'industrie africaine de la musique et du spectacle n'est pas aussi bien structurée qu'en Amérique du Nord et le financement demeure l'un des principaux défis de producteurs d'événements comme Mawuto Dick, basé au Togo.

Un manque d'argent et la difficulté de trouver des partenaires privés ont notamment entraîné l'annulation de tournées des Franco-Ontariens Mehdi Cayenne et Julie Kim en sol africain, prévues pour le printemps prochain.

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Basé à Lomé, au Togo, Mawuto Dick produit entre autres le Togoville Jazz Festival.

Photo : Gracieuseté Mawuto Dick

Selon Mawuto Dick, les gouvernements devraient travailler sur une politique culturelle liant plus étroitement le Canada et l'Afrique.

Si, par exemple, le Canada ou Ottawa avait un bureau directement implanté dans nos différents pays, il y aurait une meilleure visibilité par rapport à ça. Ces bureaux-là feraient le travail au préalable, pour que la culture puisse vraiment s'installer et s'exporter, fait valoir M. Dick, qui produit entre autres le Togoville Jazz Festival.

Malgré la présence d'ambassades et d'agents de liaison consacrés uniquement au culturel, certains aspects logistiques, comme l'obtention de visa, demeurent compliqués, mentionne M. Dick. Cela rend les allées et venues d'artistes en tournées plus difficiles.

Ces enjeux ne semble toutefois pas décourager Djennie Laguerre. Elle persiste à croire qu'il y a en Afrique des occasions intéressantes pour les artistes franco-canadiens comme elle.

Il y a beaucoup de collaboration, de belles pièces de théâtre et de création entre le Québec et l'Afrique déjà, mais que le reste du Canada francophone ait cette chance-là, c'est excellent, souligne Mme Laguerre.

Selon elle, ces collaborations solidifient le pont entre des pays déjà unis par la même langue.

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