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L’armée n'interviendra pas à Kahnawake, martèle Trudeau

Un Mohawk discute avec le conducteur d'un véhicule du CP.

Les manifestants mohawks ont autorisé des responsables du Canadien Pacifique à inspecter l'état des rails sur la portion de voie ferrée bloquée depuis bientôt un mois.

Photo : Radio-Canada / Fannie Bussières-McNicoll

Radio-Canada

À ceux qui réclament une intervention des Forces armées canadiennes pour que la barricade de Kahnawake soit démantelée, le premier ministre fédéral Justin Trudeau leur répète que ça n’arrivera pas.

Pour moi, il n’est pas question d’envoyer l’armée contre des citoyens canadiens. Ce n’est pas quelque chose qui pourrait calmer la situation.

Justin Trudeau, premier ministre du Canada

Or, dans une lettre adressée au premier ministre du Québec, François Legault, le 28 février dernier, l’Association des policières et policiers provinciaux du Québec (APPQ) réclame qu’une unité spéciale de l’armée accompagne les agents de la Sûreté du Québec (SQ) lors d’une éventuelle intervention sur le territoire mohawk, où des manifestants bloquent des voies ferrées depuis près d'un mois.

Le président de l’APPQ, Pierre Veilleux, rappelle dans cette lettre qu’une mitrailleuse lourde de calibre 0.50, des armes de poing et des armes automatiques ont été saisies dans une voiture par les Peacekeepers en janvier, sur le territoire de Kahnawake, à la suite d'une interception routière de routine.

Considérée comme une puissante arme de guerre, la mitrailleuse 0.50 peut être montée sur des véhicules, des avions, des bateaux ou utilisée par des fantassins sur les champs de bataille. L'arme a la capacité de percer des blindages d'acier de 20 mm d'épaisseur si elle est alimentée de munitions performantes.

La semaine dernière, le premier ministre du Québec, François Legault, avait aussi évoqué la présence de fusils d’assaut de type AK-47 sur le territoire mohawk, ce qui avait fait réagir fortement la communauté autochtone, qui affirmait manifester de façon tout à fait pacifique.

Dans sa lettre, le président de l'APPQ affirme partager l'opinion de François Legault que des armes très dangereuses sont présentes sur le territoire de la réserve de Kahnawake.

Il y a un risque. Et moi, comme président de syndicat, je dois me soucier de la sécurité de mes membres, a déclaré mercredi M. Veilleux en entrevue à l'émission Tout un matin.

Si on joue avec ce type d’arme là, alors ça prend du renfort. Il faut organiser quelque chose qui puisse faire en sorte d’avoir un dénouement paisible.

Pierre Veilleux, président de l’APPQ

Le conseil de bande de Kahnawake s’est inscrit en faux contre la requête de l’APPQ. Il est regrettable qu’il y ait des personnes qui préfèrent attiser les flammes plutôt que prôner la patience et le bon sens, a déclaré mercredi Joe Delaronde, porte-parole du conseil.

Un appel à la patience que Justin Trudeau a lui aussi prôné.

Il y a des négociations productives qui sont en cours avec les Mohawks, a-t-il insisté. On reconnaît que ça prend du temps. Même si nous avons pu rétablir le transport de marchandises par le Canadien Pacifique, il y a encore des impacts sur les trains de banlieue. […] On espère pouvoir régler ça bientôt de façon durable et pacifique.

C’est à Québec de gérer une intervention policière potentielle, a rappelé M. Trudeau, en disant faire énormément confiance aux corps policiers du pays.

À Kahnawake, c'est toutefois les Peacekeepers, la force de police locale, qui a autorité sur le territoire, en vertu d'un accord tripartite entre Kahnawake, Québec et Ottawa.

Le gouvernement Legault n’a pas encore répondu à la demande de l’APPQ.

Le CP autorisé à inspecter les rails

Des pelles mécaniques attendent près des barricades mohawks.

Les Mohawks ont autorisé des pièces de machinerie du CP à pénétrer sur leur territoire pour procéder à une inspection de la portion de voie ferrée qui est bloquée depuis près d'un mois.

Photo : Radio-Canada / Fannie Bussières-McNicoll

Pendant ce temps, les Mohawks maintiennent les barricades qu'ils ont érigées sur les voies du Canadien Pacifique il y a maintenant 24 jours.

Mercredi après-midi, les manifestants ont toutefois autorisé du personnel du CP à venir inspecter l'état des rails où se situe la barricade. Les camions ont quitté les lieux peu avant 18 h.

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