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L'avenir de l'avortement aux États-Unis en jeu devant la Cour suprême

Des personnes avec des pancartes manifestent devant la Cour suprême américaine.

Mercredi, des groupes qui appuient le droit à l'avortement, mais aussi des opposants à l'avortement, se sont regroupés devant la Cour suprême américaine.

Photo : La Presse canadienne / Jose Luis Magana

Agence France-Presse

La Cour suprême des États-Unis s'est penchée mercredi pour la première fois depuis son remaniement par Donald Trump sur le sujet ultra-sensible du droit à l'avortement, affichant des divisions qui laissent présager une décision très serrée.

La haute juridiction a examiné une loi de Louisiane qui, selon ses détracteurs, risque d'entraîner la fermeture de deux des trois cliniques dans cet État conservateur du sud américain.

Or, cette loi est quasi identique à un texte texan que la haute Cour avait invalidé en 2016, le jugeant trop restrictif.

Rien n'a changé depuis qui justifierait une volte-face légale, a plaidé d'emblée Julie Rikelman, qui représente les plaignants, en appelant la Cour à respecter sa jurisprudence.

Sauf que depuis 2016, Donald Trump a nommé deux magistrats à la Cour suprême. Pendant sa campagne, il avait conquis la droite religieuse en promettant de choisir uniquement des opposants à l'avortement.

L'un d'eux, Brett Kavanaugh, a remplacé un juge conservateur modéré qui, sur les sujets d'avortement, votait avec les quatre progressistes de la Cour. Mercredi, il s'est fait plutôt discret, questionnant juste la possibilité que les faits soient différents d'un État à l'autre.

Dans ses conclusions, Me Rikelman s'est adressée directement à lui, ainsi qu'au président de la Cour John Roberts. Malgré ses vues conservatrices, ce magistrat est très attaché au respect des décisions prises et pourrait se rallier à ses confrères progressistes.

Lors de l'audience, il a interrogé les parties sur les différences entre les deux dossiers qui pourraient entraîner des conclusions différentes d'un État à l'autre, sans indiquer quelle voie il comptait suivre.

Si la Cour devait annuler la décision de 2016, cela pourrait signifier qu'elle serait également prête à revenir sur l'arrêt historique Roe v. Wade de 1973, dans lequel elle avait reconnu le droit de toutes les Américaines à avorter.

Cela pourrait marquer le début de la fin pour Roe, estime Kelley Robinson, une des responsables de la puissante organisation Planned Parenthood. Pour elle, l'accès à l'avortement ne tient qu'à un fil aux États-Unis.

Les opposants à l'avortement qui ont multiplié les lois restrictives dans le sud et le centre du pays, plus religieux et conservateur, ne manqueraient pas d'être galvanisés.

Nous avançons avec de l'espoir dans le cœur et de la confiance envers la Cour.

Catherine Glenn Foster, présidente de l'organisation United for Life

Mercredi, chaque camp avait réuni ses troupes devant le temple du droit. Venu de Cincinnati, Dennis McKirahan, 75 ans, faisait résonner les trompettes de Dieu. Nous devons arrêter de tuer des bébés, expliquait-il.

À quelques mètres, des centaines de défenseurs du droit des femmes à avorter ont reçu le soutien d'élus démocrates comme les sénateurs Chuck Schumer ou Richard Blumenthal. Ce dernier a fait part de son inquiétude face au danger qui pèse sur le droit à l'avortement.

La Cour devrait rendre sa décision en juin, à quelques mois de la présidentielle du 3 novembre.

Dans la procédure en cours, le gouvernement de Donald Trump, qui brigue un second mandat, soutient la Louisiane.

Une femme dans une clinique met des gants de plastique.

Si la loi est adoptée, seuls un médecin et une clinique pourront continuer à proposer des avortements en Louisiane, où près de 10 000 avortements sont pratiqués chaque année.

Photo : Reuters / Liliana Engelbrecht

Obtenir une autorisation afin d'exercer l’avortement

L'État a adopté en 2014 une loi pour obliger les médecins pratiquant des avortements à obtenir une autorisation d'exercer dans un hôpital situé à moins de 50 kilomètres du lieu de l'intervention.

Le texte vise à protéger les femmes en cas de complication et à assurer la continuité des soins, a plaidé sa représentante Elizabeth Murrill, qui a essuyé un barrage d'objections de la part des juges progressistes.

Les complications sont extrêmement rares, a relevé la championne des droits des femmes Ruth Bader Ginsburg, tandis qu'Elena Kagan soulignait la difficulté d'obtenir les autorisations demandées. Certains hôpitaux ne veulent pas être associés à des médecins qui pratiquent des avortements.

La Louisiane et le gouvernement de Donald Trump ont également plaidé que les médecins et les cliniques avaient des intérêts propres et ne devraient pas être autorisés à agir en justice, que seules les patientes devraient le faire.

Le juge conservateur Samuel Alito a abondé en leur sens en parlant d'un conflit d'intérêts.

Je suis très inquiète sur ce point, avait expliqué avant l'audience la gynécologue Nisha Verma : demander à des femmes qui essaient d'obtenir un avortement d'aller en justice est tout simplement fou.

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