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Il y a 55 ans, l’Église catholique abandonnait la messe en latin

Prêtre qui célèbre une messe et fidèles qui écoutent.

Entre 1962 et 1965, le concile Vatican II entreprend une réforme de la liturgie et une décentralisation de l'Église.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Le 7 mars 1965, l’Église catholique met en œuvre sa réforme liturgique élaborée lors du concile Vatican II. De tous les changements, c'est l'abandon de la messe en latin pour une célébration en langue vivante qui marque le plus les catholiques. Même si cette nouveauté est bien accueillie par la plupart des pratiquants, certains traditionalistes s’y opposent farouchement.

Avant 1965, la messe était célébrée en latin. Dans cet extrait de La messe dominicale du 15 janvier 1961, le Père Gaston Fontaine préside en latin. Il fait face à l’assistance, ce qui n’était pas toujours le cas à l’époque. Plusieurs prêtres pratiquaient le rite « tridentin » qui consistait à dire la messe en latin en restant dos aux fidèles.

Messe dominicale, 15 janvier 1961

Entre 1962 et 1965, le concile Vatican II entreprend une réforme de la liturgie et une décentralisation de l'Église. Il pousse l'œcuménisme (mouvement en faveur de l'union des Églises chrétiennes) et favorise une plus grande liberté religieuse.

Avec Vatican II, l'Église catholique souhaite revenir à la pureté des célébrations des siècles anciens. Les vêtements sacerdotaux sont simplifiés; les statues, ornements et guirlandes sont enlevés des églises pour rendre ces dernières plus sobres. La messe devient une célébration de l'eucharistie, sacrement du christianisme qui rappelle le sacrifice du Christ pour l'être humain.

Le 26 septembre 1964, les évêques réunis pour le concile Vatican II annoncent leur décision de transformer la liturgie. Ils procèdent à cette réforme par étapes, au gré des résistances de certains et de l'enthousiasme des autres.

Les uns les autres, 6 mars 1965

Dans cet extrait du reportage d’Andréanne Lafond présenté à Les uns les autres le 6 mars 1965, le père Boisvert du Renouveau de l’Église au Québec s’exprime sur la question :

Il me semble que la messe, c’est pour amener les gens plus près du Seigneur. Les faire mieux comprendre le Seigneur. Avec cette liturgie en français, les gens pourront s’approcher davantage.

Père Boisvert, Renouveau de l’Église au Québec

Avec la réforme, l'Église simplifie ses rites et laisse les fidèles participer davantage aux célébrations. L'attitude de l'officiant devient plus accueillante et moins axée sur la pénitence. L'homélie, un commentaire sur un passage de l'Évangile, remplace le sermon, une prédication du prêtre prononcé en chaire.

Aujourd’hui, 9 mars 1965

Comme le montre ce vox pop réalisé par la journaliste Andréanne Lafond pour l’émission Aujourd’hui du 9 mars 1965, la messe en français semble plutôt bien accueillie par les catholiques.

Ça fait drôle un peu. Probablement qu’on va peut-être s’habituer avec le temps.

Participante au vox pop

On sent vraiment qu’on participe. C’est un dialogue.

Participante au vox pop

Je suis tout à fait partisan de la messe en français. Je pense que les prières sont beaucoup plus communautaires et que les gens participent davantage à la messe.

Participant au vox pop

Certains prêtres traditionalistes se refusent à prononcer la messe en français. C’est le cas de l’abbé Yves Normandin.

Le 16 septembre 1976, Lise Payette reçoit le curé Normandin à son émission Appelez-moi Lise. L’homme est connu pour ses démêlés avec l’archevêché de Montréal. Il a été expulsé de son presbytère et de la paroisse Sainte-Yvette de Montréal. Il déclare « désobéir pour mieux obéir à l’Église ».

Dix ans après l’implantation de la messe en français, il assure que la question est encore grandement discutée.

La messe nouvelle est composée avec l’aide de protestants. Cette nouvelle messe est purgée de vérités qui ne convenaient pas aux protestants. Quand j’ai su ça, ç’a été fini.

Curé Yves Normandin

En annonçant la tenue d’un concile, le pape Jean XXIII souhaitait renouveler et rajeunir l’institution de l’Église afin d’y maintenir les fidèles et d’en attirer de nouveaux. Déjà en déclin à l’époque, la pratique religieuse a continué à décroître après la réforme.

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