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Analyse

Primaire démocrate : place au duel Biden-Sanders

La course à l’investiture démocrate passe à une nouvelle étape : un duel entre Joe Biden et Bernie Sanders qui pourrait se prolonger jusqu’à l’été.

Ils se regardent face à face.

Bernie Sanders et Biden sont les deux candidats qui mènent la course à l'investiture démocrate en vue de la présidentielle du 3 novembre prochain.

Photo : Reuters / Jonathan Ernst

À la sortie du bureau de vote à Alexandria, en Virginie, James, un jeune électeur, est allé droit au but.

Mon objectif principal pour les primaires : que ce ne soit pas Bernie Sanders, a-t-il expliqué à propos du bulletin de vote qu’il venait de remplir.

Ce n’est pas que la candidature de Joe Biden le motivait plus qu’il ne faut. Après tout, James portait une casquette du candidat Andrew Yang, qui a quitté la course en février. Mais pour cet électeur, l’ancien vice-président est le mieux placé des candidats à l’investiture démocrate pour affronter Donald Trump.

Une position partagée par plusieurs démocrates rencontrés dans cette banlieue de Washington.

À peine les bureaux de scrutin fermés, les grands médias américains ont déclaré, en se basant sur les sondages de sortie du vote, que Joe Biden remportait la Virginie. Trente minutes plus tard, un scénario similaire s’est produit en Caroline du Nord, puis dans d’autres États du Sud.

Fort de l’appui de nombreux Afro-Américains et face à un bassin de candidats modérés qui s’est considérablement réduit, Joe Biden, dont la candidature était moribonde il y a à peine une semaine, est devenu l’un des meneurs de cette course.

Le camp de Bernie Sanders, qui avait espéré des gains dans les États du sud, a appris d'autres mauvaises nouvelles plus tard dans la soirée. Le sénateur a terminé en deuxième position dans des États qu'il convoitait fortement comme le Texas et le Minnesota. N'empêche, ses victoires dans l'ouest du pays, Colorado, Utah, Californie, lui ont permis d'accumuler à son tour des délégués.

Une file de personnes devant un édifice

Des électeurs à la primaire démocrate à Santa Monica, en Californie

Photo : Reuters / Lucy Nicholson

Même si certains des prochains grands rendez-vous électoraux qui auront lieu plus tard ce mois-ci, notamment en Floride, s’annoncent plus difficiles pour lui, le sénateur du Vermont a assuré ses partisans qu’il entendait gagner l’investiture démocrate.

Ciblant Joe Biden, il a affirmé qu’il ne serait pas possible pour les démocrates de remporter la présidence avec la même vieille recette.

Le ton est donc donné pour une course dans laquelle la majorité de 1991 délégués nécessaire pour être officiellement nommé semble encore hors de portée pour les candidats toujours en lice.

Les risques d’une course sans fin

Sans vainqueur clair, la lutte pourrait se poursuivre au cours des prochains mois et se terminer à Milwaukee, en juillet, où les démocrates tiendront la convention qui couronnera leur candidat.

Ce scénario d’une convention contestée ne s’est pas produit depuis la convention républicaine de 1952.

Sans en venir à une situation similaire, d’autres primaires ont laissé des souvenirs particulièrement amers aux candidats et bénévoles qui y ont participé.

Il y a 40 ans, en 1980, le président Jimmy Carter a dû défendre son titre face au sénateur Ted Kennedy qui a brigué l’investiture démocrate en faisant la promotion d’une plateforme plus libérale.

Carter a obtenu une majorité de délégués avant la fin de la course. Mais à quelques mois des élections présidentielles, pendant la convention du parti, le camp Kennedy tentait encore de convaincre les délégués d’abandonner le président sortant.

Les équipes des campagnes avaient perdu de vue le but de ces primaires, a expliqué au réseau CBS le journaliste Jon Ward, auteur d’un livre consacré à cet épisode de l’histoire démocrate.

Iowa, New Hampshire, Caroline du Sud, Californie, Virginie : tous les électeurs démocrates rencontrés au fil de cette saison des primaires ont répété que leur objectif est de déloger Donald Trump de la Maison-Blanche.

Les résultats des élections de mardi rappellent que la manière d’y parvenir divise toujours. Le message centriste de Joe Biden semble plaire aux électeurs de banlieue et à de nombreux Afro-Américains, alors que les jeunes démocrates se rangent toujours résolument derrière les réformes proposées par Bernie Sanders.

Peu importe qui deviendra le candidat, son travail d’unité ne sera pas à négliger s’il souhaite que les démocrates remportent l’élection présidentielle et vivre un super mardi le 3 novembre prochain.

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