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Bombardier préoccupée par des allégations de travail forcé visant un fournisseur

L'entreprise québécoise dit avoir contacté le groupe chinois KTK après le rapport alarmant d'une ONG.

Bureaux du groupe KTK en Chine.

Le drapeau canadien flotte à l'entrée d'un complexe du groupe KTK en Chine.

Photo : Groupe KTK

Bombardier dit avoir contacté le groupe KTK, l'un de ses fournisseurs en Chine, après la publication, lundi, d'un rapport d'une ONG australienne révélant que des dizaines de milliers de membres de la minorité musulmane ouïgoure détenus dans des camps d'internement ont été déplacés vers des usines.

Nous prenons ces allégations très au sérieux, car tous les contrats avec nos fournisseurs interdisent spécifiquement le recours au travail forcé, indique le géant québécois dans une déclaration envoyée à Radio-Canada.

Entre 2017 et 2019, plus de 80 000 Ouïgours emprisonnés dans la région du Xinjiang ont été déplacés ailleurs en Chine afin de travailler dans des usines qui ont pour clients des multinationales, selon un rapport de l'Institut australien de stratégie politique.

Ces usines recourent au travail forcé des Ouïgours avec la bénédiction de l’État chinois, soutient l’ONG.

Parmi les 83 multinationales nommées dans le rapport, on retrouve de grands noms de l’électronique (Apple, Sony, Microsoft), du textile (Adidas, Nike) et du transport (BMW, Volkswagen, Bombardier).

Des travailleurs ouïgours auraient notamment été transférés vers des usines du groupe KTK qui fabriquent des systèmes électriques et d'autres pièces d’équipement pour le transport ferroviaire. Bombardier est l’un de ses « partenaires stratégiques », selon le site web du groupe.

Site web du groupe chinois KTK.

Les usines du groupe chinois KTK fabriquent des systèmes électriques et d'autres pièces d’équipement pour le transport ferroviaire.

Photo : KTK Group

Bombardier ne pratiquera ni le travail forcé, ni l’esclavage, ni la traite des personnes, et ne les tolérera à aucun palier de ses chaînes d’approvisionnement. Aucun fournisseur ne doit, sous la menace, exiger de quiconque un travail ou un service, peut-on lire dans le code de conduite des fournisseurs de la société.

Le groupe KTK a endossé ce code de conduite, précise Bombardier.

Or, à la suite de la publication du rapport de l’ONG australienne, l'entreprise québécoise dit avoir contacté ce fournisseur chinois afin de s’assurer qu’il adhérait toujours à ces principes éthiques. Nous sommes toujours en attente d’une confirmation, a indiqué Bombardier à Radio-Canada.

Mise à jour

Le 5 mars 2020, Bombardier a annoncé avoir obtenu des réponses « satisfaisantes » du groupe KTK concernant les allégations de travail forcé dans ses usines. Nous considérons cette affaire close et ne commenterons pas davantage, a écrit un porte-parole de la compagnie à Radio-Canada, laissant entendre que Bombardier allait poursuivre son partenariat avec l'entreprise chinoise.

Pour le ministère chinois des Affaires étrangères, le rapport de l’ONG australienne ne repose sur aucune base factuelle et vise à dénigrer les efforts de la Chine pour combattre le terrorisme et l'extrémisme au Xinjiang.

En novembre dernier, des documents secrets du gouvernement chinois, obtenus par le Consortium international des journalistes d’enquête, révélaient les détails d’un imposant système de détention extrajudiciaire, d’endoctrinement et de travaux forcés visant la minorité ouïgoure.

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