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Super mardi : Joe Biden renaît de ses cendres

Joe Biden parle avec le poing levé.

L'ancien vice-président des États-Unis Joe Biden a mis la main sur plusieurs États du sud des États-Unis lors du super mardi, dont la Caroline du Nord, l'Alabama et le Tennessee.

Photo : Associated Press / Chris Carlson

On disait sa campagne moribonde il y a quelques semaines, mais l'ex-vice-président Joe Biden a prouvé mardi soir la vitalité de sa candidature en conquérant jusqu'ici 9 des 14 États en jeu. Son principal rival, le sénateur indépendant du Vermont Bernie Sanders, a pour sa part remporté la mise dans au moins quatre États. Un constat : désormais, la lutte se fera à deux.

C'était l'heure de vérité pour les quatre septuagénaires démocrates en lice. Les événements des derniers jours laissaient présager un duel Biden-Sanders, et l'ex-vice-président s'est montré à la hauteur.

Si Bill Clinton, alors âgé de 45 ans, s'était en 1992 mérité le surnom du petit gars qui revient de l'arrière, certains médias désignent maintenant Joe Biden, âgé de 77 ans, comme le grand-papa qui revient de l'arrière.

L'issue de la course à l'investiture n'est pas scellée, mais on peut d'ores et déjà parler d'une remontée historique pour celui qui avait initialement dû se contenter d'une quatrième place en Iowa et d'une cinquième au New Hampshire.

Pour ceux qui ont été assommés, écartés, laissés en arrière, ceci est votre campagne, a-t-il d'ailleurs lancé à ses partisans réunis à Los Angeles, en Californie.

Je suis ici pour rapporter que nous sommes très vivants. Et ne vous y trompez pas. Cette campagne va envoyer Donald Trump faire ses valises.

Joe Biden

Renforcé par l'appui de trois de ses rivaux, la veille, l'ancien vice-président sous Barack Obama a pu démontrer que sa victoire en Caroline du Sud, la semaine dernière, n'était pas qu'un ultime sursaut. Selon les projections de l'Associated Press, il est sorti victorieux dans au moins 9 des 14 États en jeu, arrachant même une victoire inattendue au Texas, un État riche en délégués – 228 – qu'on croyait acquis à Bernie Sanders il y a quelques jours, en plus de terminer premier au Massachusetts, l'État de la sénatrice Elizabeth Warren.

Il a aussi remporté la Virginie, la Caroline du Nord, l'Alabama, le Tennessee, l'Oklahoma, l'Arkansas et le Minnesota.

Concentrant jusqu'à tout récemment ses énergies en Caroline du Sud, disposant de moins de ressources que ses rivaux et d'une moins bonne organisation sur le terrain, Joe Biden n'avait même pas fait campagne dans cinq des États qu'il a gagnés, notamment au Minnesota, selon CNN.

Il a visiblement profité du départ et du soutien de ses deux rivaux centristes, la sénatrice de cet État, Amy Klobuchar, et Pete Buttigieg, ex-maire d’une petite ville d’Indiana, qui ont mis un terme à leur campagne dans les derniers jours, ainsi que de l'appui de l'ex-représentant du Texas Beto O'Rourke, un des anciens candidats de la course.

Nous avons remporté le Minnesota grâce à Amy Klobuchar, et nous nous en sortons bien au Texas grâce à Beto O'Rourke, a-t-il d'ailleurs reconnu, vantant Pete Buttigieg au passage.

Joe Biden a spécialement bien fait auprès des Afro-américains, des électeurs des banlieues, importants pour la présidentielle de novembre, et des Américains plus âgés, trois groupes démographiques à l'origine de ses victoires dans les États du Sud, rapporte le New York Times sur la foi des sondages réalisés à la sortie des urnes. Il a de surcroît bien fait dans d'autres régions du pays.

Les résultats ont été particulièrement spectaculaires pour le politicien de 77 ans, dont les deux courses à l'investiture précédentes s'étaient soldées par des échecs retentissants. Il avait mis un terme à sa première campagne avant même la tenue du premier vote de 1988, puis avait abandonné la course de 2008 à l'issue du premier scrutin, en Iowa, où il n'avait même pas obtenu 1 % des voix.

Biden en avance dans la course aux délégués

À 4 h (HNE), Joe Biden avait obtenu 399 délégués, Bernie Sanders, 322, Michael Bloomberg, 44, Elizabeth Warren, 42, et Tulsi Gabbard, 1, selon l'Associated Press, mais les résultats restent encore incomplets. Au moins 536 délégués restaient à attribuer.

Ces résultats non définitifs placent pour l'instant en tête celui qui avait mené pendant des mois avant de se faire coiffer par d'autres candidats.

L'importance du super mardi est sans égale dans le calendrier. Au terme de ces votes, 1357 délégués auront été attribués, soit 35 % de l'ensemble des délégués qui seront envoyés à la convention démocrate de juillet prochain.

En vertu des règles du Parti démocrate, le gagnant d'un État n'en remporte pas tous les délégués, sauf si aucun autre candidat ne réussit à obtenir 15 % du vote. Les délégués des districts et des États sont ainsi répartis entre les candidats qui ont franchi ce seuil en fonction de leurs résultats.

Sanders, loin de dominer le jeu

Bernie Sanders a le bras droit levé.

Le sénateur du Vermont Bernie Sanders est sorti gagnant de la primaire dans son État. Il a prononcé un discours devant ses militants lors d'un rassemblement tenu à Essex Junction en fin de soirée.

Photo : Reuters / Jonathan Ernst

Après sa victoire au Nevada il y a 10 jours à peine, les commentateurs se demandaient si l'élan de Bernie Sanders, alors le meneur, pouvait être freiné.

Victorieux comme prévu en Californie, le grand prix de la saison des primaires avec ses 415 délégués, il a ultimement dû se contenter de trois autres États. Le sénateur du Vermont est sans surprise sorti gagnant dans le sien et a aussi mis la main sur le Colorado et sur l'Utah.

L’issue du vote en Californie sera cependant connue dans plusieurs jours, voire quelques semaines, notamment en raison du vote par la poste.

Prenant la parole devant ses partisans à Essex Junction, au Vermont, Bernie Sanders s'est montré combatif et optimiste. Ce soir, je vous dis avec une confiance absolue que nous allons remporter l'investiture démocrate et nous allons vaincre le président le plus dangereux de l'histoire de ce pays, a-t-il dit.

Dénonçant le pouvoir des grandes entreprises et les généreuses contributions électorales des riches donateurs, il a promis de continuer d'affronter l'establishment corporatif et politique.

On ne peut pas battre Trump avec le même genre de politique archaïque.

Bernie Sanders

S'il a remporté moins d'États que son principal rival, il a malgré tout engrangé un nombre important de délégués, réussissant à franchir le seuil de 15 % dans tous les États.

Particulièrement populaire auprès des jeunes et de la population hispanique, il peut compter sur des partisans enthousiastes et sur un financement populaire inégalé. Mais il n'a pas réussi à élargir sa coalition.

Bernie Sanders, 78 ans, menait, avant les résultats de la soirée, tant dans le nombre de délégués que dans les intentions de vote à l'échelle nationale.

Mais ses positions progressistes effraient l'establishment et l'aile modérée du parti, qui craignent que la nomination d'un candidat qui se dit ouvertement socialiste démocrate fasse peur à l'électorat. À leurs yeux, un tel scénario risquerait non seulement de coûter aux démocrates la Maison-Blanche, mais aussi la Chambre des représentants, en plus de nuire à leur reconquête du Sénat.

Une préoccupation qui n'est pas étrangère au fait que les centristes Buttigieg et Klobuchar aient serré les rangs derrière Joe Biden.

Un investissement peu rentable pour Bloomberg

Michael Bloomberg parle d'un air sérieux sur une scène.

L'ex-maire de New York Michael Bloomberg avait fait le pari audacieux de bouder les premiers scrutins pour miser sur les États du super mardi.

Photo : Associated Press / Matias J. Ocner

Le super mardi marquait aussi l'entrée en piste officielle de l'ex-maire de New York Michael Bloomberg, dont le nom apparaissait pour la première fois sur les bulletins de vote depuis le début des primaires.

Le PDG multimilliardaire de la société Bloomberg LP et philanthrope a injecté en quelques mois un demi-milliard de dollars en publicités, un montant sans précédent, mais il a dû se contenter d'une victoire dans les Samoa américaines, un territoire où seuls six délégués étaient en jeu.

Entré tardivement dans la course, l'ancien républicain de 78 ans comptait sur l’effondrement de Joe Biden, contre qui il compétitionne pour le vote centriste.

Elizabeth Warren tient un micro et se pince les lèvres.

La sénatrice du Massachusetts Elizabeth Warren n'a pas été en mesure de s'imposer sur son propre territoire lors du super mardi, terminant au troisième rang.

Photo : Associated Press / Patrick Semansky

La soirée a été particulièrement difficile pour Elizabeth Warren, qui n'a remporté aucun État en plus de terminer troisième dans son fief du Massachusetts.

La semaine dernière, elle a exprimé son intention de se battre jusqu'à la fin, dans l'espoir d’une convention dite contestée. Ce type de convention survient si aucun candidat ne parvient à engranger une majorité de délégués au terme de la période des caucus et des primaires. Dans un tel scénario, l’issue de la course se scelle au deuxième tour ou lors d'un tour ultérieur.

La détermination de la politicienne de 70 ans à rester dans la course se heurte cependant au fait qu'elle n'a gagné aucun État depuis le début de la saison électorale, alors qu'elle était en bonne voie de devenir la favorite il y a quelques mois.

Devant les résultats peu probants d'Elizabeth Warren et de Michael Bloomberg, mais aussi l'émergence évidente de deux meneurs, il faudra voir s'ils décident de jeter l'éponge.

Selon une source de l'Associated Press au sein de la campagne du multimilliardaire, ce dernier réévaluera mercredi la suite des choses.

Âgée de 38 ans, la cinquième candidate encore en lice, la représentante d'Hawaï Tulsi Gabbard, qui n'a dans cette course qu'un statut de figurante, a obtenu son premier délégué dans les Samoa américaines, où elle est née.

Bannière vers notre dossier sur les candidats démocrates à la présidentielle de 2020

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