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Poutine propose d'interdire le mariage homosexuel dans la Constitution

Vladimir Poutine.

Vladimir Poutine a soumis au Parlement de nouveaux amendements constitutionnels, qui indiquent qu'un mariage n'est possible qu'entre un homme et une femme.

Photo : Reuters / Sputnik Photo Agency

Radio-Canada

Le président russe Vladimir Poutine a soumis au Parlement de nouveaux amendements constitutionnels, introduisant la mention de Dieu dans la Constitution et fixant le principe qu'un mariage n'est possible qu'entre un homme et une femme.

M. Poutine a annoncé en janvier que la Russie allait amender sa Constitution de 1993, une initiative largement considérée comme visant à organiser l'après-2024, année où s'achève son quatrième et dernier mandat présidentiel.

Ces amendements constitutionnels ont été adoptés à l'unanimité par les députés en première lecture, mais Vladimir Poutine a soumis 24 pages supplémentaires d'amendements avant la seconde lecture, la plus importante, prévue le 10 mars, a annoncé lundi le président de la Chambre basse du Parlement de Russie, Viatcheslav Volodine.

Les amendements du président sont le résultat de son dialogue avec les représentants de toutes les factions et de la société civile, a-t-il indiqué dans un communiqué publié par la Douma, la chambre basse du Parlement russe.

Ces amendements prévoient que la mention de la foi en Dieu des Russes soit introduite dans la Constitution et stipulent qu'un mariage est l'union d'un homme et d'une femme, a précisé à l'Agence France-Presse (AFP) le vice-président du Parlement, Piotr Tolstoï.

Bien que la majorité des Russes s'identifient comme chrétiens orthodoxes, l’État russe est présentement officiellement laïque. À cet effet, le politologue Grigory Golosov a critiqué le changement qu’il juge politique.

La constitution que nous avons indique que l’État devrait être libre de toute idéologie. Je crois donc que ce changement est inapproprié.

Grigory Golosov, politologue

Ces nouveaux amendements interdisent aussi que des portions de territoire russe soient données à des États étrangers et rendent illégal tout appel ou action en ce sens.

Selon l'acteur Vladimir Machkov, membre du groupe de travail formé par le Kremlin pour plancher sur la réforme constitutionnelle, cet amendement permettrait de garantir que la péninsule ukrainienne de Crimée, annexée en 2014, ou les îles Kouriles disputées avec le Japon restent russes même après le départ de Vladimir Poutine.

Des changements qui ont peu d’appui auprès de la population

La majorité des amendements votés par la Douma en première lecture étaient de nature plus institutionnelle, visant notamment à renforcer les pouvoirs présidentiels. Un vote populaire aux contours encore flous doit être organisé le 22 avril pour adopter ces changements.

Selon un récent sondage du centre indépendant Levada, seuls 25 % des Russes sont prêts à voter en faveur des changements constitutionnels, tandis que 65 % disent ne pas comprendre ce qu'ils signifient.

Les personnes interrogées sont divisées sur l'avenir du président : 44 % veulent le voir quitter le pouvoir après 2024, 45 % le voir rester.

La foule des manifestants. Un homme tient une pancarte anti-Poutine.

La semaine dernière, plusieurs milliers de personnes ont manifesté en mémoire de l'opposant assassiné il y a cinq ans Boris Nemtsov, mais aussi pour protester contre les réformes constitutionnelles de Vladimir Poutine.

Photo : Reuters / Shamil Zhumatov

La semaine dernière, entre 10 500 personnes selon la police et 22 000 selon une ONG ont manifesté en mémoire de l'opposant assassiné il y a cinq ans, Boris Nemtsov, mais aussi pour protester contre ces réformes constitutionnelles.

Vladimir Poutine avait semé la controverse lorsqu’il avait interdit la « promotion » homosexuelle en 2013. Cette interdiction avait d’ailleurs été critiquée par la Cour européenne des droits de l'homme (CEDH).

Avec les informations de Agence France-Presse, et BBC

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