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Listuguj : Québec doit « prendre ses responsabilités » disent des élus gaspésiens

Une femme est assise et un homme se tient debout au campement érigé près de la voie ferrée à Listuguj, le 3 mars 2020.

Les manifestants micmacs maintiennent leur intention de rester en place tant et aussi longtemps que les chefs héréditaires wet'suwet'en ne demanderont pas la levée des barricades.

Photo : Radio-Canada / Isabelle Larose

Radio-Canada

Des élus gaspésiens perdent patience alors que l'accord trouvé dimanche entre les chefs héréditaires wet’suwet’en et les gouvernements fédéral et britanno-colombien n'a pas changé la donne à Listuguj.

Le député péquiste de Bonaventure, Sylvain Roy, presse le gouvernement du Québec d'agir pour démanteler la barricade.

Tout le monde se plie au même environnement législatif, et là ce qu'on voit, c'est deux poids deux mesures, déplore le député.

On a des gens qui font la pluie et le beau temps, qui ne font pas l'unanimité du tout dans leur communauté, qui prennent en otage une région complète, c'est inacceptable. Faut qu'il y ait des actions prises pour protéger l'ensemble des citoyens pris en otage.

Sylvain Roy, député de Bonaventure

Sylvain Roy implore le gouvernement de François Legault de prendre ses responsabilités, et rappelle que le blocage de la voie ferrée a entraîné plusieurs pertes d'emploi.

C'est le cas d'une vingtaine d'employés d'Uniboard à Sayabec, et d'une quinzaine d'employés de la Société du chemin de fer de la Gaspésie (SCFG). Cette dernière pourrait d'ailleurs procéder à de nouvelles mises à pied si le blocage persiste, affirme le président de l'entreprise, Éric Dubé.

Le gouvernement vient d'annoncer 135 millions supplémentaires pour réhabiliter le rail dans l'espace d'une crise qu'on ne contrôle pas, ça vient anéantir tout ce qu'on a fait, avance-t-il.

On a peur de perdre des contrats à long terme. On dépasse le demi-million de pertes.

Éric Dubé, président de la Société de chemin de fer de la Gaspésie

Là, c'est la frustration qui embarque par-dessus tout. On est pris en otage par des gens, les revendications de base ça ne tient plus la route, ça n'a plus rapport avec ce qui se passe dans l'ouest, affirme M. Dubé.

Le chef intérimaire du Parti québécois et député de Matane-Matapédia, Pascal Bérubé, a également appelé Québec à agir.

Si les élus s'impatientent, le groupe Envionnement Vert Plus, lui, continue d'appuyer les manifestants micmacs.

Le porte-parole du groupe, Pascal Bergeron, s'est rendu à leur campement mardi avant-midi, où il a rappelé que les manifestants se battent contre un projet de gazoduc qui est semblable aux projets pétroliers qui ont rencontré une forte opposition en Gaspésie.

L'urgence climatique ne nous permet pas de mettre à risque la survie des écosystèmes pour que des puissances s'en mettent encore un peu plus dans les poches, et c'est contre ça que ces gens-là se positionnent.

Pascal Bergeron, porte-parole du groupe Environnement Vert Plus

Pascal Bergeron prévient que l'application de l'injonction par une intervention policière ne ferait qu'ajouter de l'huile sur le feu. Il dénonce d'ailleurs les sorties des députés péquistes pour demander une intervention rapide de Québec.

Les injonctions, ça n'a jamais été une bonne idée pour régler un conflit social. Il s'agit d'un mouvement social pancanadien et ça ne va pas arrêter parce qu'il y a des injonctions. Arrêtez d'essayer de mettre les flics là-dedans, ça va juste envenimer le conflit et créer plus de problèmes dans les communautés locales, déplore-t-il.

Pascal Bergeron se tient devant le campement des manifestants à Listuguj, le 3 mars 2020.

Le porte-parole du groupe Environnement Vert Plus soutient les revendications des Micmacs.

Photo : Radio-Canada / Isabelle Larose

Ce n'est pas une solution d'utiliser la force, ce n'est pas une solution de mettre de la pression pour essayer de passer des trains au compte-goutte comme la SCFG fait depuis le début, soutient M. Bergeron.

En attente du feu vert des Wet'suwet'en

Les manifestants de Listuguj et les membres de la communauté présents sur le barrage se sont réunis moins d’une heure en fin de journée. Une quinzaine de participants environ ont participé à cette rencontre.

Aucun manifestant n’a voulu commenter les enjeux discutés lors de cette réunion. Le groupe a toutefois fait savoir qu’une rencontre publique était bientôt prévue, sans qu’il soit précisé quand exactement aurait lieu cette convocation.

Par ailleurs, l'injonction obtenue par le gouvernement du Québec pour libérer la voie ferrée est toujours valide jusqu'à jeudi 23 h 59.

De son côté, le Ministère de la Sécurité publique affirme partager la déception des Québécois face au maintien des barricades.

Les barricades doivent être levées très prochainement, a affirmé un attaché du ministère à Radio-Canada.

Une voiture enneigée bloque la voie ferrée. À l'arrière du véhicule, on peut lire « shut down Canada » écrit à la main.

Mardi matin, cette voiture, placée sur la voie ferrée lundi, était toujours en place.

Photo : Radio-Canada / Isabelle Larose

Les Micmacs, qui ont refusé toute demande d'entrevue lundi, se disent tout de même déçus de voir que les travaux ont repris sur le chantier du gazoduc Coastal GasLink en Colombie-Britannique.

Les manifestants micmacs maintiennent qu'ils ont toujours l'intention de rester en place tant et aussi longtemps que les chefs héréditaires wet’suwet’en ne demanderont pas la levée des barricades.

Avec les informations d'Isabelle Larose

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