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Technologies Orbite : tous les actifs sur le point d’être vendus

L'affiche à l'entrée du terrain de l'usine Orbite de Cap-Chat.

Usine Orbite de Cap-Chat

Photo : Radio-Canada

Le syndic PricewaterhouseCoopers présentera vendredi, en Cour supérieure, une proposition de vente de l’ensemble des actifs de Technologie Orbite à l’entreprise australienne Advanced Energy Minerals, une filiale de Gulf Minérals, spécialisée dans la production d’alumine de haute pureté.

Selon le syndic, le nouveau propriétaire de l’usine d’alumine de haute pureté de Cap-Chat souhaiterait relancer les activités.

Advanced Energy Minerals est l’entreprise qui avait conclu une entente avec le syndic pour la reprise de Technologies Orbite.

D'après cet accord, approuvé par la Cour supérieure en décembre dernier, le repreneur australien versait 500 000 $ pour l’achat d’une licence technologique non exclusive et s’engageait à louer le laboratoire de Laval et l’usine d’alumine de haute pureté de Cap-Chat. Le but du repreneur était d’expérimenter la technologie.

Sauf que l’entreprise australienne n’a jamais réussi à obtenir la couverture d’assurances dans les délais convenus dans l’entente avec PricewaterhouseCoopers. Ce qui fait, en sorte, que cela retarde tout le temps la période de location. Ce sont des délais que je ne peux pas soutenir, ce sont des frais fixes de 150 000 $, c’est l’argent des créanciers que je perds. On n’a pas les moyens d’attendre deux ou trois mois, explique Christian Bourque, associé responsable du dossier de Technologies Orbite chez PricewaterhouseCoopers.

Les deux parties ont donc convenu de renégocier leur contrat. On va maintenant procéder à une vente d’actifs, précise M. Bourque.

Selon les résultats des opérations à l’usine de Cap-Chat, Advanced Energy Minerals avait la possibilité de déposer une offre d’achat de l’entreprise 20 millions de dollars.

C'est ce montant pour un plan d’achats d’actifs qui sera dévoilé au tribunal, vendredi. On parle d’une transaction de plusieurs millions de dollars, commente Christian Bourque.

Remboursement des créanciers

L’argent de la vente et la récupération de crédits d’impôt permettront de distribuer les fonds selon les droits de chaque créancier.

La compagnie avait accumulé une dette de 53 millions de dollars.

Le syndic ajoute que les créanciers garantis, qui détiennent environ 30 millions de dettes, ne seront pas tous remboursés. Le montant de la transaction est conditionnel à un certain nombre de critères financiers d’opérations et c’est ce qui va déterminer la distribution finale , précise Christian Bourque.

Le syndic dit avoir avisé les principaux créanciers de l’évolution récente du dossier. On ne s’attend pas à avoir de l’opposition.

La transaction pourrait donc se conclure dans les semaines suivant la comparution devant la cour. Le syndic pourrait alors terminer la distribution des fonds aux créanciers en juin prochain.

De l'espoir pour Cap-Chat

Même s’il n’a aucune garantie que le repreneur poursuivra ses activités au Québec, le porte-parole du syndic croit que la nouvelle entente ne modifie pas les plans du repreneur qui souhaitait produire de l’alumine à Cap-Chat.

Quelqu’un n’achèterait pas une usine de cette nature et tout ce que cela implique en termes de frais fixes, si ce n’était pas son intention de l’opérer. La question du démantèlement, on l’a déjà regardée et il n'y a aucun intérêt économique. Il veut repartir l’usine et c’est ce qu’il me mentionne, indique Christian Bourque.

Usine de Technologies Orbite

Usine de Technologies Orbite

Photo : Radio-Canada / Claude Côté

Cette transaction est bien accueillie par le préfet de la MRC de la Haute-Gaspésie, Allen Cormier, qui rappelle que la MRC a toujours voulu éviter un démantèlement complet de l’usine d’Orbite à Cap-Chat.

Au moins, il y a de l’espoir, affirme M. Cormier. On va avancer avec les nouveaux entrepreneurs. Je n’ai pas eu l’occasion de leur parler pour le moment, les gens de l’Australie. J’attends de leurs nouvelles pour voir comment on peut les aider dans leurs opérations, dans la reprise des actifs pour voir s’ils auraient besoin d’appuis au niveau politique.

De petits investisseurs aux aguets

Le titre de Technologies Orbite avait attiré beaucoup de petits investisseurs. Certains ont perdu gros.

Le porte-parole d’un regroupement de petits actionnaires d’Orbite, Lorenzo D’Alesio, se désole de voir une entreprise québécoise de haute technologie passer aux mains d’une compagnie étrangère.

M. D’Alesio doute que le repreneur investisse pour reprendre les activités au Québec. Il croit plutôt que la technologie sera récupérée dans les installations déjà détenues par l’entreprise australienne.

Son groupe d’actionnaires a financé une étude pour démontrer la validité de la technologie et démontrer l’intérêt de la conserver au Québec.

Pour le syndic, c’est trop peu, trop tard. Ce n’est pas juste une étude 35 000 $ qui va permettre d’assumer les frais fixes, une capitalisation pour repartir les opérations, développer les marchés, repartir l’équipement, commente Christian Bourque. On parle de millions de dollars. C’est malheureux pour les actionnaires qui sont visés, mais la fenêtre pour les gens qui voulaient faire un investissement ou se manifester, c’est un processus public qui a été soumis au tribunal. Cette fenêtre est fermée. Je ne peux pas accepter une offre d’une partie et négocier avec une autre.

Technologies Orbite n’a jamais réussi à produire commercialement de l’alumine de très haute pureté selon le procédé qu’elle avait développé.

L'alumine haute pureté sert à la conception d'équipements à la fine pointe de la technologie comme les écrans d'iPhone

L'alumine haute pureté sert à la conception d'équipements à la fine pointe de la technologie comme les écrans d'iPhone

Photo : Radio-Canada / Jean-François Deschênes

Pendant plusieurs mois, après s’être placée sous la protection de la Loi sur les arrangements avec les créanciers des compagnies, au printemps 2017, l’entreprise a, en vain, tenté de corriger ses problèmes techniques.

Technologies Orbite a jeté l’éponge en juin 2019, après un nouvel échec, ayant épuisé les liquidités qui lui avaient été jusqu’alors consenties pour réussir à mettre son procédé au point.

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