•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Boissons énergisantes : elle retrouve ses fonctions cardiaques et n'a plus besoin du coeur mécanique

Un contenu vidéo est disponible pour cet article
Jasmine Gitego tient dans ses mains un coeur mécanique, le même modèle que celui qu'on lui a retiré.

Jasmine Gitego tient dans ses mains un coeur mécanique, le même modèle que celui qu'on lui a retiré.

Photo : Radio-Canada / Nicole Germain

Le 29 mai 2018, Jasmine Gitego s'est fait installer un coeur mécanique en raison d'une insuffisance cardiaque en lien avec sa consommation excessive de boissons énergisantes. Après 10 mois de traitement, elle a retrouvé ses fonctions cardiaques. Elle peut vivre aujourd'hui sans son appareil.

Dans un reportage de Radio-Canada diffusé il y a un an, le cardiologue de Jasmine Gitego, Mario Sénéchal, imputait l'insuffisance cardiaque de sa patiente aux boissons énergisantes.

Le coeur de Jasmine ne fonctionnait pas. Il n'exerçait pas la fonction de pomper le sang. Malgré la médication, Jasmine était essoufflée. Les reins, le foie fonctionnaient moins bien. Donc, il fallait prendre la relève de son coeur. Sans le coeur mécanique, elle serait décédée, relate Mario Sénéchal, directeur du Programme d'insuffisance cardiaque à l'Institut universitaire de cardiologie et de pneumologie de Québec (IUCPQ).

Le coeur mécanique de Jasmine a été retiré le 3 avril 2019. Elle est revenue comme avant, se réjouit Mario Sénéchal. Elle peut travailler. Elle n'a pas de limitations. On peut penser qu'un jour, elle n'aura aucune médication.

J'ai comme gagné à la loterie de la vie parce qu'on a pu m'enlever mon coeur mécanique et je n'ai pas eu besoin d'une greffe.

Jasmine Gitego

Pendant tous ces mois où elle a vécu grâce au coeur mécanique, le quotidien de Jasmine Gitego a été complètement chamboulé. Je n'ai pas été capable de travailler, car avec l'appareil, je ne pouvais pas rester debout trop longtemps. Si tu prends une douche, tu as toujours le stress que l'eau touche à la batterie, relate-t-elle.

Le Dr Mario Sénéchal, directeur du Programme d'insuffisance cardiaque à l'Institut universitaire de cardiologie et de pneumologie de Québec, fait passer une échographie à la patiente Jasmine Gitego.

Le Dr Mario Sénéchal, directeur du Programme d'insuffisance cardiaque à l'Institut universitaire de cardiologie et de pneumologie de Québec, fait passer une échographie à la patiente Jasmine Gitego.

Photo : Radio-Canada / Nicole Germain

Malgré ces contraintes, la jeune femme de Québec ne s'est jamais plainte. Je suis très chanceuse. Si, au début, tu penses que t'es condamnée à cause de tes mauvais choix, que tu as des craintes, je savais que je pouvais appeler les médecins et infirmières de l'IUCPQ, ajoute Jasmine, qui tenait à souligner le soutien de l'équipe du Dr Sénéchal dans sa guérison.

15 % des patients retrouvent leur coeur

Le premier coeur mécanique a été installé à l'IUCPQ il y a un peu plus de 10 ans. Au total, 98 patients en ont reçu un.

On estime que 15 % d'entre eux récupèrent suffisamment, comme Jasmine Gitego, pour pouvoir se le faire retirer. Les autres devront le garder pratiquement toute leur vie.

Environ 20 % des patients avaient des cardiopathies toxiques, dont un certain pourcentage secondaire aux boissons énergisantes, souligne le cardiologue Mario Sénéchal.

Échographie normale du coeur de la patiente Jasmine Gitego, dont le coeur mécanique a été retiré.

Échographie normale du coeur de Jasmine Gitego, dont le coeur mécanique a été retiré.

Photo : Radio-Canada / Nicole Germain

L'arrêt complet de la consommation de boissons énergisantes a joué aussi un rôle dans la guérison de Jasmine Gitego. Ça, c'est capital. Si elle avait continué à consommer malgré le coeur mécanique, malgré la médication, ça n'aurait pas fonctionné, ajoute Mario Sénéchal. Ce qu'on demande à Jasmine, c'est qu'elle consomme de l'alcool de façon raisonnable, comme un peu tout le monde, mais les boissons énergisantes, pour elle, c'est terminé.

Les boissons énergisantes, c'est non. C'est zéro pis une barre. Je trouve que ça ne valait vraiment pas la peine, car l'épreuve à travers laquelle je suis passée, je ne souhaite ça à personne.

Jasmine Gitego
Un contenu vidéo est disponible pour cet article
Jasmine Gitego en entrevue dans les locaux de l'Institut universitaire de pneumologie et de cardiologie de Québec.

Jasmine Gitego considère que les boissons énergisantes devraient être interdites aux moins de 18 ans.

Photo : Radio-Canada

Tout comme Jasmine, le Dr Sénéchal souhaiterait que la vente des boissons énergisantes soit interdite aux moins de 18 ans.

J'aimerais de plus que ce soit défendu d'en vendre en pharmacie. J'aimerais que ce soit inscrit, qu'il y ait une mise en garde sur la canette comme quoi ça peut donner des problèmes cardiovasculaires, un infarctus, une arythmie, une mort subite et une insuffisance cardiaque comme Jasmine, recommande le cardiologue Mario Sénéchal.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !