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Jack Welch, le bâtisseur de General Electric, n'est plus

L'homme d'affaires, surnommé en 1999 le « manager du siècle » par le magazine Fortune, s'est éteint lundi.

Jack Welch s'exprime lors du Forum mondial des affaires à New York en 2010.

Jack Welch, ancien PDG de General Electric, avait quitté ses fonctions en septembre 2001 et était devenu un intervenant régulier sur la chaîne américaine d'informations financières CNBC.

Photo : Reuters / Lucas Jackson

Agence France-Presse

L'emblématique homme d'affaires Jack Welch, qui a bâti General Electric (GE) et en a fait un des fleurons industriels mondiaux, est mort à l'âge de 84 ans.

Ce fils d'un conducteur de train était considéré comme l'un des hommes les plus influents des milieux d'affaires dans le monde. Il a dirigé General Electric pendant 20 ans et en a fait un conglomérat tentaculaire, avec des activités dans les médias et l'industrie du divertissement (NBC Universal), la finance (GE Capital), la santé, l'électroménager et l'aéronautique.

La capitalisation boursière de la société est passée de 12 milliards de dollars américains quand il en a pris les rênes, en 1981, à 410 milliards au moment de son départ.

Aujourd'hui est un jour triste pour toute la famille GE, a déclaré Larry Culp, le PDG du groupe, dans un courriel. Jack était le cœur de GE pendant un demi-siècle. Il a refaçonné le visage de notre entreprise et du monde des affaires.

Le président Donald Trump a salué, sur Twitter, [son] ami et soutien Jack, qu'il a qualifié de légende. Il n'y avait aucun autre chef d'entreprises comme Jack. Nous avons conclu de merveilleuses affaires ensemble, a dit, ému, le locataire de la Maison-Blanche.

« Neutron Jack »

Jack Welch était connu comme l'un des patrons les plus efficaces de l'après-guerre, et l'un des plus imités dans les multinationales du monde entier, et ce, en dépit d'une réputation d'autocrate et de licenciements massifs qui lui avaient valu le surnom de Neutron Jack – à l'instar de la bombe à neutron qui tue les hommes, mais ménage les infrastructures.

Dans un livre publié en 2001, Jack: Sraight from the Gut, il affirmait lui-même que les effectifs de GE étaient passés de 411 000 à 299 000 lors de ses cinq premières années en tant que PDG.

Cet ardent soutien du Parti républicain, qui voulait que toutes les divisions de GE soient leaders dans leur secteur, avait un conseil pour les dirigeants et ses lieutenants : quand une activité va mal, redressez-la, fermez-la ou vendez-la.

Il est aussi l'inventeur de la fameuse courbe de vitalité, qui classe les cadres en trois groupes [A, B, C], la dernière catégorie comprenant les cadres les moins performants et qui devraient être limogés.

Welch avait accusé l'administration de Barack Obama d'avoir manipulé les chiffres du chômage pour favoriser la réélection du président en 2012.

L'homme d'affaires avait terminé son règne sur un échec cuisant : le veto des autorités européennes de la concurrence à la fusion de GE avec un autre conglomérat industriel américain, Honeywell.

Jack Welch est né en novembre 1935 à Peabody, dans le nord-est du Massachusetts. Diplômé de l'Université du Massachusetts Amherst en ingénierie chimique, il a obtenu un doctorat en 1960 de l'Université de l'Illinois. Welch a joint GE la même année en tant qu'ingénieur chimique dans la division plastiques et a ensuite grimpé les échelons jusqu'à devenir vice-président du conseil d'administration en 1979.

Cette promotion a conduit à sa nomination au poste de PDG, en avril 1981, à l'âge de 45 ans. Il a quitté ses fonctions en septembre 2001, quelques jours avant les attentats du 11 septembre.

La descente aux enfers de GE

Son successeur Jeff Immelt a hérité d'une entreprise certes en bonne santé, mais son règne a été marqué par le 11 Septembre, l'éclatement de la bulle Internet et la crise financière.

Immelt a ainsi dû céder NBC Universal au câblo-opérateur Comcast, et il a dû liquider l'un après l'autre les actifs de GE Capital, dont le rôle dans la crise financière de 2006 a fait vaciller GE.

Et la stratégie de retour aux sources industrielles, marquée par l'acquisition du pôle Énergie du groupe français Alstom, en 2015, est arrivée au moment de la prise de conscience mondiale de l'environnement et du réchauffement climatique.

Ce fut le début de la descente aux enfers de GE, qui a été éjecté, après 110 ans, du Dow Jones – l'indice vedette de Wall Street –et qui lutte actuellement pour sa survie.

L'entreprise, autrefois un des baromètres de l'économie américaine, n'a plus qu'une valeur d'entreprise de 95 milliards de dollars américains en bourse. Son périmètre d'activités s'est réduit à l'aéronautique, l'énergie et la santé.

Jeff Immelt a été remplacé par John Flannery en 2017, lui-même limogé un peu plus d'un an plus tard. Larry Culp, le PDG actuel, essaie de relancer l'entreprise malgré les doutes des marchés.

Jack Welch laisse derrière lui sa conjointe Suzy, journaliste mariée en 2004 à l'homme d'affaires, ainsi que quatre enfants d'un premier mariage. Après son retrait de GE, il était devenu un intervenant régulier sur la chaîne d'informations financières CNBC, écrivait des livres et donnait des conférences.

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