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Polanski récompensé aux César : un texte coup de poing fait réagir en France

Le cinéaste Roman Polanski parle à des journalistes

Roman Polanski

Photo : Associated Press / Ennio Leanza

Radio-Canada

« Désormais on se lève et on se barre. » C’est le credo de la romancière Virginie Despentes, qui signe un texte coup de poing dans le quotidien Libération (Nouvelle fenêtre), publié dimanche en réaction à l’attribution du prix du meilleur réalisateur à Roman Polanski, accusé de viol, lors de la nuit des César.

Dans son texte, qui a été relayé par des milliers d’internautes, elle adresse son soutien à Adèle Haenel, l’actrice française qui, lorsqu’on a appris que Roman Polanski remportait son prix, s’est levée et a visiblement manifesté son dégoût en quittant la salle.

Adèle se lève et elle se casse. Ce soir du 28 février on n’a pas appris grand-chose qu’on ignorait sur la belle industrie du cinéma français par contre on a appris comment ça se porte, la robe de soirée. À la guerrière.

La plus belle image en 45 ans de cérémonie – Adèle Haenel quand elle descend les escaliers pour sortir et qu’elle vous applaudit [les puissants] et désormais on sait comment ça marche, quelqu’un qui se casse et vous dit merde, écrit Virginie Despentes.

C’est grotesque, c’est insultant, c’est ignoble, mais ça n’est pas surprenant, écrit-elle au sujet du choix de l’Académie des César, et ses membres dont font partie les puissants, les boss, les chefs, les gros bonnets.

« C'est une honte! »

La sortie fracassante d’Adèle Haenel, qui a elle-même porté plainte à la police l’automne dernier pour des abus sexuels présumés commis contre elle par un réalisateur alors qu’elle était mineure, fait les manchettes depuis vendredi en France et ailleurs dans le monde.

Une femme se tient devant une porte vitrée.

Adèle Haenel, qui quitte la salle Pleyel après l'annonce du prix du meilleur réalisateur décerné à Roman Polanski

Photo : Getty Images / Francois Durand

Alors qu’elle se dirigeait vers la sortie de la salle Pleyel, vendredi soir, elle a crié : C’est une honte! Plus tard, une caméra de Paris Match l’a vue s’écrier, de façon ironique : Vive la pédophilie! Bravo la pédophilie!

Selon Adèle Haenel, distinguer Polanski, c’est cracher au visage de toutes les victimes, a-t-elle affirmé en entrevue au New York Times.

Les voix du commentariat français ne s’accordent pas toutes, évidemment. Dans Le Figaro, l’avocat et chroniqueur Gilles William Goldnadel attribuait, lundi matin, « le César de la déclaration la plus stupide » à la comédienne Adèle Haenel, pour certains de ses propos dans son entretien avec le Times.

L’homme critique dans son texte le « conformisme anticonformiste à la sauce américaine qui a, selon lui, marqué la cérémonie des César vendredi soir », résume Le Figaro.

Un tribunal d'opinion

Roman Polanski et l’équipe de son film J’accuse, qui porte sur l’affaire Dreyfus, avaient décidé de ne pas assister à la cérémonie des César, dénonçant un « tribunal d’opinion » contre le réalisateur visé par des accusations de viol. Le film a obtenu 3 prix sur 12 nominations, soit ceux de la meilleure réalisation, de la meilleure adaptation et des meilleurs costumes.

Avant le début de la soirée, des militantes – qui étaient en grande majorité des femmes – avaient manifesté bruyamment près de la salle Pleyel, en criant Enfermez Polanski!

Durant la cérémonie, l’animatrice Florence Foresti a écorché le réalisateur de J’accuse à quelques reprises, prédisant le malaise qui allait marquer la soirée en soulignant qu’avec les 12 nominations du film, il y aurait 12 moments où on [aurait] un souci. En coulisses, après l’annonce du prix du meilleur réalisateur décerné à Polanski, elle a publié sur sa page Instagram écœurée au point de ne pouvoir revenir sur scène pour donner un discours par la suite.

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