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90 % des nouveaux cas de coronavirus sont à l'extérieur de la Chine

L'Iran a recensé 523 nouveaux cas de COVID-19 depuis dimanche, contre 476 en Corée du Sud. La Chine, elle, n'en signale que 202. La maladie a maintenant fait plus de 3000 morts dans le monde.

Une femme masquée marche devant une sculpture montrant un serpent enlaçant une sphère.

À Dubaï, une femme portant un masque de protection dans le marché Dragon Mart, qui vend des produits chinois au rabais.

Photo : Reuters / Christopher Pike

Radio-Canada

La progression du coronavirus continue de ralentir en Chine, au point où le nombre de cas recensés à l'extérieur du pays a été presque neuf fois supérieur à celui signalé à l'intérieur depuis 24 heures.

C'est ce qu'a indiqué lundi le directeur général de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), Tedros Adhanom Ghebreyesus, lors de sa conférence de presse quotidienne.

La progression de la maladie en Corée du Sud, en Italie, en Iran et au Japon constitue désormais la principale source de préoccupation de l'agence onusienne, a-t-il ajouté.

Le Dr Tedros a dit comprendre la crainte que l'épidémie engendre dans de nombreux pays, mais il a tenu à relativiser la situation qui prévaut à l'heure actuelle.

Bien que l'OMS enregistre maintenant 8739 cas dans 61 pays à l'extérieur de la Chine, 81 % de ces cas sont en fait recensés dans les quatre pays nommés ci-dessus.

Parmi les 57 autres pays, a-t-il poursuivi, 3 recensent 10 cas ou moins, et 19 n'ont déclaré qu'un seul cas.

Pour être franc, la stigmatisation est plus dangereuse que le virus lui-même. Il faut le souligner. Pour moi, la stigmatisation est l'ennemi le plus dangereux.

Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus

Le Dr Tedros a également souligné qu'en Corée du Sud – où l'on dénombre aujourd'hui la moitié des cas de COVID-19 à l'extérieur de la Chine –, tous les cas sont attribuables à cinq grappes connues.

Il n'y a donc pas de transmission communautaire de la maladie, ce qui prouve, selon lui, que les mesures de surveillance fonctionnent et que tous les pays doivent continuer de miser sur son endiguement.

La maladie progresse plus vite en Iran et en Corée du Sud qu'en Chine

Des chiffres communiqués par des autorités nationales de la santé plus tôt dans la journée avaient déjà révélé que le coronavirus se répand désormais deux fois plus rapidement en Iran et en Corée du Sud qu'en Chine.

L'Iran a ainsi recensé 523 nouveaux cas de COVID-19 lundi, contre 476 en Corée du Sud. Les deux pays ont respectivement enregistré 12 et 4 décès supplémentaires.

La Chine, pourtant beaucoup plus populeuse que ces trois pays, n'a pour sa part recensé que 202 nouveaux cas dans son plus récent bilan. Elle consigne cependant 42 nouveaux décès, pour un total de 2921 morts.

Ces derniers chiffres ont fait grimper le nombre de morts en raison de cette maladie à plus de 3000 dans le monde.

En Italie, les plus récents chiffres fournis lundi par la Protection civile montrent aussi que le pays est loin d'avoir réussi à endiguer la maladie.

Le pays recense maintenant 2036 cas de COVID-19, soit 342 de plus que dimanche. Le bilan des victimes est passé de 36 à 52.

Des dizaines de personnes font la file sur un quai. Elles portent presque toutes un masque.

En Thaïlande, la grande majorité des gens attendant pour prendre un bateau à Bangkok portent des masques de protection.

Photo : Getty Images / AFP/MLADEN ANTONOV

Ailleurs dans le monde, de premiers cas d'infection au coronavirus ont notamment été signalés lundi en Indonésie, au Sénégal, en Lettonie et en Arabie saoudite.

Au Canada, 24 cas du COVID-19 ont été confirmés, mais les autorités de la santé de l'Ontario ont annoncé lundi la découverte de trois autres cas probables.

Aux États-Unis, dans l'État de Washington, 6 personnes sont mortes des suites de l'infection à ce jour sur 14 cas confirmés. Le ratio entre le nombre de décès et le nombre de cas confirmés dans la région de Seattle laisse à penser qu'il y aurait eu une transmission du virus dans la population, selon la direction de la santé publique de Seattle.

Une cinquantaine de cas potentiels ont aussi été recensés à Kirkland, tout juste à la sortie de Seattle, dans un centre de soins de longue durée pour personnes âgées. Les personnes touchées seraient autant des résidents que des travailleurs de la santé.

Une mission de l'OMS en Iran

Une équipe d'experts de l'OMS est arrivée lundi en Iran, principal foyer de propagation de coronavirus dans le Moyen-Orient avec 1501 personnes contaminées, dont 66 morts, depuis qu'un premier cas y a été signalé, le 19 février.

Selon l'OMS, le groupe de six spécialistes de l'agence onusienne doit passer une semaine dans la République islamique afin d'étudier les mesures mises en place et d'offrir des conseils aux autorités.

Une première cargaison d'aide, composée de 7,5 tonnes d'équipement et de matériel médical nécessaire à la prévention et au contrôle des infections – tests de dépistage, gants, masques chirurgicaux, etc. –, est aussi arrivée en Iran par la même occasion.

La demande a largement dépassé nos stocks disponibles, et nous avons de la difficulté à obtenir plus d'équipements, a concédé Robert Blanchard, du bureau de l'OMS à Dubaï.

Paris, Berlin et Londres ont pour leur part annoncé lundi qu'elles fourniront un soutien matériel et financier à l'Iran pour l'aider à combattre l'épidémie. L'aide est évaluée à 5 millions d'euros (7,4 millions de dollars canadiens).

Le niveau de risque dans l'UE passe de « modéré » à « élevé »

Le niveau de risque lié au nouveau coronavirus au sein de l'Union européenne (UE) est passé de modéré à élevé, a annoncé lundi la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen.

La décision, prise par le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC), signifie que le virus continue de se propager, a expliqué Mme von der Leyen lors d'un point de presse.

Selon la commissaire à la Santé Stella Kyriakides, le dernier bilan pour l'UE fait état de 2100 cas confirmés dans 18 pays membres et de 38 décès. L'Italie fait face à une situation qui n'est pas la même que les autres, a-t-elle convenu.

Une croissance mondiale amputée

Deux femmes masquées marchent près de la pyramide du Louvre.

À Paris, le musée du Louvre, qui est le plus visité du monde, a fermé ses portes pour une deuxième journée consécutive mardi. Les employés ont exercé leur droit de retrait, ce qui leur permet de cesser le travail pour cause de danger « grave et imminent pour la vie ou la santé ». La France a déclaré 130 cas de coronavirus. Trois personnes y ont perdu la vie.

Photo : Getty Images / AFP/LUDOVIC MARIN

L'économie mondiale pourrait être amputée d'un demi-point de pourcentage par l'épidémie de coronavirus, a indiqué lundi l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE).

Sa prévision de croissance planétaire est ainsi passée de 2,9 à 2,4 % pour 2020. À elle seule, la Chine pourrait voir sa croissance amputée de 0,8 point de pourcentage à 4,9 %, entraînant les autres économies dans son sillage.

Dans l'hypothèse d'un pic de l'épidémie en Chine au premier trimestre 2020 et d'une propagation contenue dans le reste du monde, la croissance pourrait repasser à 3,3 % en 2021, prévoit l'OCDE.

Si le virus devait s'étendre en Asie, en Europe et en Amérique du Nord, la croissance mondiale pourrait cependant tomber à 1,5 %, a averti l'OCDE.

Les marchés boursiers se ressaisissent

Les prévisions de l'OCDE ont alimenté les craintes des investisseurs, déjà échaudés par la chute brutale des bourses mondiales, la semaine dernière.

Les bourses européennes, qui avaient toutes ouvert sur un rebond entre 1,5 et 3 %, sont revenues dans le rouge en milieu de matinée après la publication de ces pronostics.

Elles ont finalement fini la journée en ordre dispersé. À Paris, le CAC 40 a grimpé de 0,45 %, le Footsie britannique a gagné 1,13 %, mais le DAX allemand a cédé 0,27 %.

Un homme portant un équipement de protection prend la température d'un autre homme qui porte un masque de protection devant un tableau d'indices boursiers.

Un travailleur chinois prend la température d'un homme qui porte un masque de protection devant un tableau à la Bourse de Shanghai.

Photo : Reuters / Aly Song

Aux États-Unis, le Dow Jones a terminé la journée avec un gain de 1200 points, soit 5 %. Le S&P 500 a gagné 135 points, pour une hausse de 4,6 %, et le NASDAQ a repris 384 points, pour une hausse de 4,5 %.

À Toronto, l'indice TSX a fait un gain plus modeste de 1,78 %.

Les bourses asiatiques avaient pour leur part clôturé la journée dans le vert.

Les analystes estiment que les investisseurs attendent nerveusement une réaction des banques centrales à la panique provoquée par la propagation du coronavirus.

Les interventions de plusieurs banquiers centraux – notamment celle de Jerome Powell, de la Réserve fédérale américaine (Fed), vendredi soir – ont alimenté les anticipations de nouvelles mesures de soutien monétaire en réaction à la propagation du coronavirus.

La Banque centrale européenne se tient prête, elle aussi, à ajuster tous ses instruments si nécessaire pour y faire face, a fait savoir lundi son vice-président, Luis de Guindos.

La réponse pourrait également être budgétaire. L'Union européenne réfléchit par exemple à des mesures susceptibles de protéger son économie, ont précisé lundi plusieurs de ses dirigeants.

Avec les informations de Agence France-Presse, Reuters, et Associated Press

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