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L’Europe hausse le ton et reproche à Erdogan sa gestion des réfugiés syriens

Des parents avec leurs enfants débarquent d'un canot pneumatique sur les berges d'un île.

Dimanche seulement, au moins 500 réfugiés et migrants ont débarqué sur les îles grecques après avoir traversé en provenance de Turquie en bateau, dont environ 180 personnes à Lesbos et à Samo.

Photo : AFP / ARIS MESSINIS

Agence France-Presse

« Personne ne peut faire chanter » l'Union européenne (UE). C’est en ces mots que répond le commissaire européen aux Migrations, Margaritis Schinas, après que le président turc Recep Tayyip Erdogan eut ouvert les frontières et agité la menace d'un nouvel afflux de migrants.

Chaque fois que l'UE est soumise à un test, comme c'est le cas actuellement, l'unité doit prévaloir, a également estimé le commissaire Schinas, lors d'une visite à Berlin.

Il est inacceptable que le président Erdogan et son gouvernement expriment leur mécontentement non auprès de nous, en tant qu'Union européenne, mais sur le dos des réfugiés, a quant à elle répliqué la chancelière allemande, Angela Merkel, alors qu'Ankara s'efforce d'obtenir un appui occidental en Syrie après la mort de dizaines de ses soldats dans des bombardements aériens du régime syrien.

Les réfugiés ont été mis dans une situation telle qu'ils sont allés à la frontière et se retrouvent dans une impasse, a déploré la chancelière.

Or, notre politique consiste à conclure des accords entre États pour ne pas mettre les réfugiés dans une situation difficile ni faciliter le travail des trafiquants et des passeurs, a ajouté Mme Merkel, faisant référence à l'accord UE-Turquie de 2016 qui visait à empêcher les migrants d'atteindre l'Europe.

Une réunion extraordinaire des ministres de l'Intérieur de l'UE a d’ores et déjà été demandée pour discuter de la situation.

Ankara accuse la police grecque d'avoir tué un migrant

Un enfant est mort après le naufrage d'une embarcation de migrants lundi au large de l'île de Lesbos, a annoncé la garde côtière grecque, tandis que des sources auprès des services de sécurité turques rapportent qu'un autre migrant a été tué après une intervention des forces de sécurité grecques, ce qui a entraîné un démenti du côté d'Athènes.

Le fait que la Grèce utilise du gaz lacrymogène et des grenades étourdissantes, et qu'elle ait tué un migrant aujourd'hui est une approche inhumaine, a déclaré Omer Celik, porte-parole du Parti de la justice et du développement (AKP), au pouvoir en Turquie.

Selon des sources de la sécurité turque, c'est dans ce secteur qu'un réfugié syrien qui tentait de gagner la Grèce à partir de la Turquie a été mortellement blessé, lundi matin, à la suite d'une intervention des forces de sécurité grecques. Un témoin a rapporté que l'incident s'était produit à une quarantaine de mètres du poste-frontière d'Ipsala. Les circonstances dans lesquelles ce réfugié a été touché ne sont pas claires.

Le porte-parole du gouvernement grec, Stelios Petsas, a pour sa part qualifié de fausses nouvelles une vidéo circulant sur les réseaux sociaux montrant un jeune homme allongé au sol, des blessures à la tête. Nous appelons tout le monde à faire preuve de prudence avant de relayer des informations qui font avancer la propagande turque, a ajouté M. Petsas.

Ils sont par ailleurs plus de 10 000 à avoir tenté de franchir la frontière terrestre entre la Turquie et la Grèce, où des gardes-frontières des deux côtés ont fait usage de gaz lacrymogène pour tenter de contrôler cet afflux.

La Grèce a placé ses frontières en état de sécurité maximale dimanche après la décision turque de ne plus bloquer le passage des migrants vers l'Europe.

« Guidés et encouragés par la Turquie »

La Turquie – qui compte 3,7 millions de réfugiés syriens sur son territoire et en attend un million supplémentaire déplacés par les combats en cours dans la province d'Idlib – a annoncé jeudi dernier qu'elle n'appliquait plus l'accord conclu en 2016 avec l'Union européenne.

Cet arrangement, qui prévoyait qu'Ankara retiendrait les migrants transitant par son territoire moyennant une aide de plusieurs milliards d'euros, a mis fin à un mouvement migratoire vers l'Europe sans précédent depuis 1945.

En Grèce, des représentants de l'État accusent la Turquie d'avoir orchestré une campagne coordonnée pour inciter les migrants à franchir la frontière. Ces mouvements sont guidés et encouragés par la Turquie, a dit le porte-parole du gouvernement à l'issue d'une réunion de crise à Athènes des instances chargées de la sécurité.

Cet afflux de migrants, a-t-il ajouté, constitue une menace active, sérieuse, grave et asymétrique pesant contre la sécurité nationale de [leur] pays.

D'après la garde côtière grecque, l'embarcation qui a fait naufrage lundi matin près de Lesbos avait été escortée par un navire turc. Quarante-six de ses occupants ont pu être sauvés.

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