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D'anciens dirigeants algériens devant la Cour d'appel pour corruption

Deux hommes en veston cravate, en deux cases différentes mais réunies. Les deux hommes ont les cheveux grisonnants et portent chacun une moustache. Le drapeau algérien est placé derrière l'un d'eux.

L'ex-premier ministre algérien Ahmed Ouyahia, à gauche, en 2014 et l'ex-premier ministre Abdelmalek Sellal à droite. Les deux ont été condamnés pour corruption.

Photo : The Associated Press / Anis Belghoul

Agence France-Presse

Le procès en appel de plusieurs anciens hauts dirigeants politiques et grands patrons, condamnés pour corruption, s'est ouvert dimanche devant la cour d'Alger, a indiqué l'agence officielle APS.

Une vingtaine d'accusés, ex-responsables politiques, riches patrons et hauts fonctionnaires, ont été condamnés en décembre lors du premier procès qui s'est tenu à la suite des enquêtes lancées après le départ du président Abdelaziz Bouteflika.

Prévu initialement le 12 février, le procès avait été reporté une première fois au 26 février puis une seconde fois à la demande des avocats de la défense.

Il concerne diverses malversations dans le secteur de l'industrie algérienne de montage automobile, dont l'octroi d'avantages à certains patrons et le financement électoral occulte de M. Bouteflika, chef de l'État durant 20 ans.

Candidat à un 5e mandat en avril 2019, M. Bouteflika a été contraint de démissionner le 2 avril face à un mouvement de contestation populaire inédit.

En première instance, Ahmed Ouyahia, 67 ans, quatre fois premier ministre dont trois fois sous la présidence Bouteflika, a écopé de 15 ans de prison. Abdelmalek Sellal, 71 ans, qui a dirigé le gouvernement de 2014 à 2017 et quatre campagnes électorales de M. Bouteflika, a été condamné à 12 ans de prison.

Dimanche, M. Ouyahia a rejeté toutes les charges retenues contre lui.

Je ne me suis rendu coupable d'aucun abus de fonction, je n'ai ni reçu de pots-de-vin ni blanchi de l'argent.

Ahmed Ouyahia

Il a ajouté avoir oublié de déclarer quelques biens, selon APS.

M. Sellal a également rejeté les charges à son encontre, appelant à faire comparaître M. Bouteflika, très affaibli depuis un AVC en 2013, comme témoin. Il a affirmé avoir mis en oeuvre le programme du président, adopté par le Parlement, et dont le premier responsable est l'ancien président qui devrait comparaître comme témoin.

Le procès en appel reprend lundi

En première instance également, les anciens ministres de l'Industrie Mahdjoub Bedda et Youcef Yousfi ont écopé de 10 ans d'emprisonnement, l'ancienne préfète Nouria Yamina Zerhouni de cinq ans.

Ex-président du Forum des chefs d'entreprises et PDG du n°1 privé du BTP algérien, Ali Haddad, considéré comme l'un des principaux financiers des dernières campagnes de M. Bouteflika, a été condamné à sept ans de prison.

Trois autres riches hommes d'affaires, Ahmed Mazouz, Hassen Arbaoui et l'ancien vice-président du FCE Mohamed Bairi, tous propriétaires d'usines de montage de véhicules ont écopé respectivement de sept, six et trois ans de prison.

Cinq accusés en fuite ont été condamnés par contumace et ne sont pas rejugés. Parmi eux, l'ancien ministre de l'Industrie, Bouchouareb Abdessalem qui a écopé de 20 ans de prison.

C'est la première fois depuis l'indépendance de l'Algérie en 1962 que des dirigeants de ce rang sont jugés.

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