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PLQ : Anglade promet de conclure un partenariat « historique » avec les régions

Dominique Anglade

Dominique Anglade n'a « aucune intention d'être une cheffe de transition », comme prédisent certains, qui la voient plutôt en figurante.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

La Presse canadienne

À tous ceux qui tiennent pour acquis la réélection du gouvernement Legault en 2022, Dominique Anglade réplique qu'elle est candidate au leadership du Parti libéral du Québec (PLQ) pour remporter la course, avec la ferme intention de ramener son parti au pouvoir lors du prochain scrutin.

Son arme secrète : récupérer le vote des électeurs résidant en dehors de Montréal, qui ont tourné le dos massivement au PLQ en 2018, grâce à une Charte des régions, un document en six points et 31 engagements censés ouvrir la voie à un partenariat « historique » entre le gouvernement du Québec et le monde diversifié des régions.

Je suis là pour gagner la course au leadership, le 31 mai, et la prochaine campagne électorale, affirme sans broncher, en entrevue à La Presse canadienne, la candidate qui semble plus déterminée que jamais.

Et elle n'a aucune intention d'être une cheffe de transition, comme prédisent certains, qui la voient plutôt en figurante, en attendant la venue d'un hypothétique sauveur, après une autre défaite anticipée du PLQ en 2022.

Pas tout à fait son style

Rompue toute sa vie durant à une forme ou une autre de marginalité — tantôt femme dans un monde d'hommes, tantôt francophone en milieu de travail anglophone, ou fille d'immigrants haïtiens et noire dans un monde blanc —, Dominique Anglade ne se laisse pas intimider par ceux qui seraient tentés de la sous-estimer.

Tout est impossible jusqu'à tant que ça se fasse, tranche la candidate de 46 ans, prête à défendre sur toutes les tribunes sa vision du parti et son projet de société du Québec de demain, axé essentiellement autour de deux enjeux : un pacte économique sur la lutte contre les changements climatiques, sa priorité absolue, et une nouvelle dynamique à installer entre le pouvoir central et l'ensemble du territoire.

Lors du scrutin général de 2018, le PLQ a été pratiquement éliminé de la carte, sauf à Montréal et sa banlieue, de même qu'en Outaouais. Le vote francophone lui a presque complètement échappé.

Mais Mme Anglade, qui arpente le Québec depuis l'annonce de sa candidature en juin, dit qu'elle sent sur le terrain un regain d'intérêt pour le PLQ, des gens qui avaient tourné le dos au parti choisissant de revenir au bercail.

Les deux seuls candidats en lice, Dominique Anglade et Alexandre Cusson, savent que le salut du parti passe précisément par une reconquête des électeurs habitant loin de la métropole. Et selon eux cette reconquête semble impliquer une surenchère d'engagements en faveur du palier régional.

On a été trop loin

C'est pourtant le gouvernement libéral de Philippe Couillard qui a aboli, en 2014, deux structures régionales qui avaient fait leurs preuves, les Conférences régionales des élus (CRÉ) et les Centres locaux de développement (CLD), un geste perçu par certains comme une perte de précieux outils de développement économique.

Aujourd'hui, l'ancienne ministre du Développement économique (élue en 2015) reconnaît que ce n'était peut-être pas la bonne décision à prendre. Je pense qu'on a été trop loin en agissant de la sorte, estime la candidate, qui n'a pas pour autant l'intention de les ramener. Le brassage de structures n'est pas sa priorité.

S'il y a une chose à laquelle cette Montréalaise est allergique, c'est le mur à mur dans les politiques gouvernementales. Elle dit préférer, et de loin, le sur mesure.

La députée de Saint-Henri—Sainte-Anne préconise donc une approche à géométrie variable, adaptée à la réalité et aux besoins de chaque coin du Québec.

Les deux candidats à la chefferie du Parti libéral du Québec.

Alexandre Cusson est le seul adversaire de Dominique Anglade à la tête du Parti libéral du Québec.

Photo : Radio-Canada

Mais attention : dans son esprit, le pouvoir central à Québec ne s'en trouverait pas pour autant dilué ou menacé. Le type de gouvernance régionale en place, soit les municipalités régionales de comté (MRC), ne serait pas davantage remis en question sous sa gouverne.

Au besoin, ici et là, pourraient jaillir des structures de concertation régionale, si le besoin est exprimé par la population locale.

Déménagement aux frais de l'État

Au lieu d'être basée sur la création de structures ou sur le modèle de la décentralisation des pouvoirs, son approche est fondée sur la qualité de vie en région.

Sa Charte des régions, dont La Presse canadienne a obtenu copie, devrait être rendue publique prochainement. Suivront les autres éléments de sa plateforme dans les semaines suivantes, car elle soutient ne pas avoir l'intention de se défiler, même sur les sujets plus délicats pour le PLQ, comme la langue française ou la question nationale.

Pour montrer le sérieux de sa démarche, elle va s'engager à faire adopter une loi sur l'équité régionale, qui va reconnaître le caractère unique et spécifique de chaque région.

Si elle devient première ministre, elle proposera aussi d'instaurer une formule de péréquation fiscale régionale, afin de mieux soutenir financièrement les régions dévitalisées.

Pour repeupler le territoire hors des grands centres, les immigrants et les jeunes qui accepteront de s'installer ou de retourner en régions pourront bénéficier d'une diminution de leur taux d'imposition pendant cinq ans. De plus, Québec assumera les frais de déménagement.

On faciliterait aussi les démarches en vue d'embaucher des travailleurs temporaires étrangers, pour diminuer la pénurie de main-d'oeuvre.

Un cabinet Anglade compterait un ministre responsable exclusivement du développement régional. Davantage de fonctionnaires devraient quitter Québec pour travailler loin de la capitale.

Un gouvernement Anglade créerait également un « droit à la connexion », forçant le gouvernement à offrir un service internet sur tout le territoire.

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