•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Le gouvernement français fait adopter sa réforme des retraites sans vote

Édouard Philippe.

Le premier ministre français, Édouard Philippe, a décidé de faire adopter sans vote la réforme des retraites.

Photo : Reuters / Thomas Samson

Radio-Canada

Le premier ministre français, Édouard Philippe, a décidé samedi de faire adopter sans vote la réforme des retraites, qui a donné lieu à un vaste mouvement de protestation en France, entraînant des motions de censure de la droite et de la gauche à l'Assemblée nationale.

M. Philippe est monté dans l'après-midi à la tribune de l'Assemblée nationale pour faire cette annonce surprise. Sous les applaudissements de la majorité présidentielle, il a expliqué qu'il s'agissait ainsi de mettre fin à cet épisode de non-débat avec l'opposition et de permettre à la suite du processus législatif de s'engager.

La réforme visant à créer un système universel de retraite par points sera considérée comme adoptée, sauf si une motion de censure, déposée dans les 24 heures, est votée par les députés. Or, le gouvernement dispose d'une majorité confortable à l'Assemblée.

Une adoption définitive de la réforme, qui doit encore être examinée au Sénat, est attendue à l'été.

Ce projet phare du président Emmanuel Macron a déclenché à partir de début décembre un conflit social exceptionnellement long, notamment dans les transports, mais aussi parmi les avocats ou encore à l'Opéra de Paris.

Les élus LR (droite) ont déposé une motion, disant ne pouvoir accepter qu'une réforme, que le gouvernement présente lui-même comme la plus importante de ce quinquennat, puisse ne jamais être votée à l'Assemblée nationale. La gauche a fait de même peu après.

On est passé en force par-dessus la volonté des Français (... ) On est passé en force par-dessus les syndicats et maintenant il s'agit de passer en force par-dessus l'Assemblée, a dénoncé François Ruffin, député de la gauche radicale.

Le chef du gouvernement a justifié son choix par ce qu'il considère comme de l'obstruction de la gauche de la gauche : le texte législatif a fait l'objet de 41 000 amendements. Après plus de 115 heures de débat en séance publique, de jour comme de nuit, week-ends inclus, l'Assemblée nationale en est arrivée à l'examen de l'article 8 d'un projet de loi ordinaire qui en comporte 65, a dénoncé M.  Philippe.

Le premier ministre, qui fera donc usage de l'article 49-3 de la Constitution qui permet l'adoption d'un texte législatif sans vote, a étrillé l'attitude de l'opposition : Je n'ai pas (...) le sentiment que notre démocratie puisse se payer le luxe d'un tel spectacle, a-t-il estimé, à un moment où le coronavirus mobilise l'exécutif.

Le secrétaire général du syndicat CGT, Philippe Martinez, qui a dénoncé l'attitude profondément scandaleuse du gouvernement, a annoncé une mobilisation sociale dès la semaine prochaine.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !

Europe

International