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Une collection d’objets nazis vendue aux enchères à Stonewall

Une vitrine avec divers objets à l'intérieur dont en premier plan un livre avec une croix gammée.

En tout, 73 objets provenant d'Allemagne nazie éaie proposée à la vente.

Photo : Radio-Canada / Mohamed-Amin Kehel

Mohamed-Amin Kehel

Une vente aux enchères particulière s’est tenue au Manitoba samedi. À Stonewall, à environ 35 minutes au nord de Winnipeg, une collection de 73 objets nazis était proposée.

C’est dans un hangar rouge au milieu des champs au nord de Winnipeg que s’est tenue cette vente. La maison de ventes aux enchères McSherry Auction y tient habituellement ses transactions. À l’intérieur, une pléthore d’objets en tout genre est vendue, comme des peluches, des appareils ménagers, des bibelots.

Ce qui attire toutefois les curieux, ce sont trois vitrines contenant des objets de la Seconde Guerre mondiale, dont certains ont appartenu à des nazis.

Quand arrive le moment de mettre en vente cette collection, une quarantaine de personnes sont encore présentes devant l’encanteur, qui fait monter les enchères d’un ton enjoué.

Un livre décrivant la parfaite ville aryenne s’est vendu à 27 $, un badge original de la NSDAP, le parti national socialiste d’Adolf Hitler, a trouvé preneur pour 135 $ et un couteau des jeunesses hitlériennes a été acquis pour 250 $.

Un badge orné d'une croix gammée.

Ce badge original de la NSDAP s'est vendu 135 dollars.

Photo : Radio-Canada / Mohamed-Amin Kehel

Dans l’assemblée, Bryan Oliver, un collectionneur spécialisé dans la Première et la Seconde Guerre mondiale, suit de loin les transactions. Il dit ne pas être intéressé par les objets nazis, mais ne trouve pas d’inconvénient à ce qu’ils soient vendus ici.

Pour lui, les acheter ne veut pas dire cautionner l’idéologie et qu’il s’agit avant tout d’un intérêt historique.

Le conseiller en communication Rorie Mcleod, du musée canadien pour les droits de la personne de Winnipeg, n'est pas du même avis. Il considère qu’il est difficile de contrôler qui achète de tels articles dans une vente aux enchères publique.

Si c’est un historien qui achète ces objets et qui va les mettre en contexte, ça peut être O.K. mais si c’est acheté par un extrémiste ou quelqu’un qui a une idéologie raciste, ça, c’est un problème.

Rorie Mcleod, conseiller en communication au musée canadien pour les droits de la personne

Il estime aussi que quand on est McSherry Auction, on doit considérer si c’est approprié de mettre ces choses dans une vente publique.

Ce n’est pas la première fois que la vente d’artefacts se référant au nazisme est controversée.

En 2018, à Halifax en Nouvelle-Écosse, un antiquaire a voulu faire une telle vente dans son magasin avant de retirer les objets à la demande de citoyens.

À Montréal, en 2010, des voix s’étaient également élevées contre la vente d’une barre de savon dans laquelle était gravée une croix gammée dans une boutique d’antiquités.

Le 25 février dernier, l'Association juive européenne a d'ailleurs formulé des propositions pour lutter contre l'antisémitisme. Parmi elles : interdire la vente de symboles nazis.

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