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Berlinale : l'Ours d'or va au film iranien There is No Evil

Une femme tient un trophée ayant la forme d'un ours doré sur scène.

L'actrice Baran Rasoulof, fille du réalisateur Mohammad Rasoulof – qui a reçu l'Ours d'or du meilleur film pour « There is No Evil » –, a accepté le prix de son père.

Photo : Getty Images / Andreas Rentz

Agence France-Presse

Au terme d'un 70e festival aux accents politiques, la Berlinale a attribué l'Ours d'or à There is No Evil, film sur la peine de mort de l'Iranien Mohammad Rasoulof, à qui il est interdit de quitter le pays. Elle a aussi récompensé un drame sur l'avortement.

Le jury – présidé par l'acteur britannique Jeremy Irons – a remis samedi soir le prix le plus important de cette édition à un absent, déjà primé en 2017 à Cannes pour Un homme intègre, qui lui avait valu une condamnation, deux ans plus tard, à deux ans d'interdiction de quitter le territoire.

J'aurais aimé que Mohammad soit ici en personne, mais malheureusement, il lui est interdit de quitter le territoire. Je tiens à remercier l'incroyable équipe qui a mis sa vie en danger pour être dans ce film, a déclaré le producteur Farzad Pak en recevant ce prix. Rasoulof s'étant aussi vu interdire de tourner, il a fallu user de subterfuges pour réaliser le film.

Je suis submergée par l'émotion et heureuse; ce prix est pour un cinéaste qui ne peut pas être là. Je peux dire, au nom de toute l'équipe, qu'il est pour lui, a souligné, émue, l'actrice Baran Rasoulof, fille du réalisateur. L'équipe a reçu une ovation debout.

Le film traite en quatre séquences distinctes de la peine de mort – un thème tabou en Iran –, vue par les bourreaux et par les familles des victimes.

La Berlinale engagée

Confortant sa dimension engagée, la Berlinale a également récompensé Never Rarely Sometimes Always, de l'Américaine Eliza Hittman, un film sur l'avortement. Cette œuvre a remporté le grand prix du jury (Ours d'argent). Sans pathos, le film suit les traces d'Autumn, 17 ans, qui se rend à New York avec sa cousine pour se faire avorter.

La scène la plus forte est celle où une assistante sociale l'interroge sur des violences qu'elle aurait pu subir, selon une échelle allant de « jamais » à « toujours », d'où le titre du film.

Une femme tient un prix ayant la forme d'un ours argenté sur scène.

La réalisatrice Eliza Hittman, acceptant le grand prix du jury pour « Never Rarely Sometimes Always »

Photo : AFP/Getty Images / Tobias Schwarz

Il y a des sujets très en vue aujourd'hui, mais nous devons faire nos choix sur la base de l'histoire, sur la façon dont le film fonctionne avec un public, avait prévenu Jeremy Irons, interrogé au sujet du mouvement #MoiAussi (#MeToo).

Après la réapparition d'une entrevue où il tenait des propos jugés sexistes, l'acteur de 71 ans avait dû faire une mise au point au premier jour du festival, affichant dès lors son soutien au droit à l'avortement, au mariage homosexuel et aux mouvements défendant les femmes contre le harcèlement.

Cette polémique n'est pas la seule qui a assombri les débuts du festival, le premier avec une nouvelle équipe dirigeante à sa tête : l'Italien Carlo Chatrian, ancien directeur artistique du festival de Locarno, et la Néerlandaise Mariette Rissenbeek.

Des révélations sur le passé nazi d'un ancien directeur de la Berlinale ont contraint la direction à transformer le Prix Alfred-Bauer en Ours d'argent.

Le duo a remplacé l'Allemand Dieter Kosslick, après 18 ans aux commandes, et a souhaité placer la 70e Berlinale sous le signe de la diversité, un sujet qui agite l'industrie du cinéma, des British Academy of Film and Television Arts (BAFTA) Awards aux Oscar en passant par les César.

D'autres productions qui se distinguent

Parmi les autres films récompensés figurent les français Effacer l'historique, du duo Benoît Delépine-Gustave Kervern – une comédie désopilante sur nos habitudes numériques (Ours d'argent spécial pour le 70e festival) –, et, dans un autre registre, Irradiés, de Rithy Panh, prix du meilleur documentaire, qui confronte le spectateur à des images poignantes d'Hiroshima et de la Shoah.

Le Sud-Coréen Hong Sang-soo a enfin été sacré meilleur réalisateur pour The Woman Who Ran, avec sa comédienne fétiche, Kim Min-hee.

Côté acteurs et actrices, l'Italien Elio Germano et l'Allemande Paula Beer ont été récompensés pour leurs rôles respectifs dans Hidden Away, portrait d'un peintre italien marginal, et Undine, fable aquatique et amoureuse de Christian Petzold.

DAU. Natasha, qui a créé la polémique en raison de scènes de violences physique et psychologique, a été primé en la personne de son directeur de la photographie, Jürgen Jürges. Le film a reçu l'Ours d'argent de la meilleure contribution artistique.

Le film du Russe Ilya Khrjanovski fait partie du monumental projet expérimental DAU, où il a filmé pendant deux ans 400 volontaires dans une réplique de cité scientifique soviétique, en Ukraine. Cette expérience a donné naissance à une quinzaine de films sur l'expérience totalitaire.

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